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«
Ce sont des actes odieux commis par des criminels ». Les
condamnations des présidents des partis ont été immédiates
et unanimes. De concert, ils ont dit qu’il fallait agir
en coordination pour lutter contre ce fléau qui n’est
plus interne, mais qui est devenu un phénomène international.
« S’unir pour lutter contre le terrorisme d’accord, mais
comment ? Une question qui n’a pas encore de réponse concrète.
Et pour cause », explique Georges Isaac, coordinateur
du mouvement pour le changement, Kéfaya. « Les partis
politiques ont tous dit qu’il fallait se serrer les coudes
pour dire non au terrorisme. Ils l’ont dit et annoncé
haut et fort, mais que proposent-ils de concret ? C’est
autour de ce point qu’il faut discuter et coordonner nos
actions. Le temps n’est plus aux grands slogans. Il faut
établir un programme global pour agir à tous les niveaux.
Le changement doit se faire à la base », explique Isaac.
Le
parti Al-Tagammoe (gauche marxiste) a déjà prévu d’organiser
une marche silencieuse dimanche prochain « pour dire non
au terrorisme », explique Hussein Abdel-Razeq, vice-président
du parti. « Nous allons dire aux partis avec qui nous
avons fait une coalition lors du référendum, le néo-Wafd
et le Nassérien, d’y participer. Mais pas aux Frères musulmans,
car à chaque fois qu’ils participent à une action commune,
ils s’attribuent l’initiative », et d’ajouter : « Nous
hésitons même à dire aux mouvements pour le changement
d’y participer, car nous avons peur qu’ils transforment
notre marche en récupération pour des revendications politiques
de changement. Nous ne voulons pas mélanger les choses
pour le moment », explique Abdel-Razeq.
Le
Parti nassérien qui n’a pas encore décidé si oui ou non
il allait se joindre à la marche pense que « le climat
général du pays après les attentats n’est pas propice
à ce genre de regroupement ». Il ajoute : « Mieux que
des manifestations, chaque parti doit établir une stratégie
et un plan concret d’action pour lutter contre ce fléau
», dit Hamed Mahmoud, cadre de ce parti.
De
son côté, Fouad Badrawi, député du parti néo-Wafd qui
s’exprime à titre personnel, voit certes qu’il faut se
serrer les coudes, pour éradiquer le mal à la base, mais
que « le cheminement vers plus de réformes et de démocratie
déjà entamé doit se poursuivre. C’est un objectif qu’il
ne faut pas perdre de vue », conclut Badrawi.
Alors
que la Confrérie des Frères musulmans, qui a aussitôt
dénoncé l’attentat, n’a pas encore décidé de l’action
qu’elle allait entreprendre par le biais de son Alliance
nationale pour la réforme et le changement, initiée par
Mohamad Habib, numéro 2 de la confrérie. Ce dernier souhaite
« que cet acte criminel ne serve pas de prétexte au gouvernement
pour augmenter les répressions ». « Les services de sécurité
ne peuvent pas lutter seuls contre le terrorisme. Nous
souhaitons que le gouvernement se réconcilie avec le peuple
et travaille de pair avec toutes les composantes de la
société. Il ne doit pas se laisser prendre au jeu des
Etats-Unis qui, par leur soutien à Israël aux dépens des
Palestiniens, attisent ce climat de révolte et de colère
», poursuit-il.
Unité
contre le terrorisme, mais aussi maintien des revendications.
En fait, les attentats, qui ont eu lieu au moment où devait
s’amorcer la campagne pour les présidentielles, ont mis
tous les protagonistes devant une nouvelle donne bien
plus compliquée . |