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Développement Durable. Proclamer la région des îles situées au nord de la mer Rouge comme réserve naturelle est la seule solution pour la protéger contre tous les dangers de la pollution pétrolière et l’utilisation abusive de ses ressources.

Un paradis à préserver

Elles sont 19 îles situées dans le nord de la mer Rouge et qui se distinguent par de nombreuses richesses naturelles ayant une grande valeur écologique, économique et patrimoniale. Cependant, elles sont menacées par plusieurs dangers, à savoir la pollution pétrolière, la pêche et la plongée non organisée. Pour les responsables de l’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement (AEAE), déclarer ces zones insulaires comme réserves naturelles est la seule solution. « Ces îles méritent d’être déclarées comme telles. Elles possèdent beaucoup de richesses naturelles dont les récifs coralliens, les poissons de toutes espèces et grosseurs, les côtes abritant beaucoup d’oiseaux ainsi que différentes plantes, surtout les mangroves. Bref, une grande diversité biologique qui mérite la conservation afin d’assurer le développement durable de toutes les ressources naturelles qui y existent pour les générations à venir », explique Aymane Afifi, géologue et directeur des réserves maritimes de la mer Rouge. Dans ce contexte, une étude sur cette région a été élaborée par les experts de l’AEAE et a été soumise au Conseil des ministres afin de trancher l’affaire.


Dangers écologiques mais nécessités économiques

Le premier type de danger menaçant ces îles est la prospection et l’exploitation du pétrole. Que les concessions soient octroyées aux compagnies égyptiennes ou étrangères, l’exploitation doit respecter toutes les normes environnementales. D’après les observations faites par les auteurs de l’étude susmentionnée, il y a eu des cas de pollution provoqués par les pétroliers, des écoulements qui résultent des pipelines sous-marins et qui peuvent causer parfois des marées noires. Il est à noter qu’environ 75 % de la production pétrolière en Egypte provient de cette région. De cette industrie résultent également des déchets solides qui mettent en péril tous les organismes animaux et végétaux (biocénose) qui existent sur ces îles d’une superficie de 2 055,460 kilomètres carrés. « La prospection et l’exploitation du pétrole sont autorisées sur 85 % de l’espace de cette région. Les responsables des compagnies pétrolières doivent s’assurer du fait que nous ne sommes pas contre cette industrie importante pour le pays. Il s’agit juste d’assurer une gestion saine de toutes les ressources afin de limiter la perte de nos richesses », assure un responsable au sein de l’AEAE qui a requis l’anonymat. Une fois que les îles nord seront déclarées réserves naturelles, l’exploitation des gisements pétroliers devront se conformer à toutes les normes qui prennent en considération la dimension environnementale. Les tours de forage et d’exploration doivent être percées plus profondément afin de ne pas mettre en péril les récifs coralliens dont jouit la région Les compagnies doivent également assurer un programme d’urgence qui doit être appliqué lors des catastrophes afin de protéger l’écosystème des îles.

Outre le danger pétrolier, les îles nord font face à l’utilisation abusive de la richesse piscicole, aussi bien de la part des pêcheurs que des amateurs étrangers. La mer Rouge englobe plus de 2 000 espèces de poissons, des récifs coralliens qui comptent 400 genres parmi les 1 500 connus sur le plan mondial, des tortues, des mammifères. La pêche de certains genres de poissons sans plans scientifiques figure parmi les activités qui doivent être révisées. « Il faut sensibiliser les auteurs de ces activités sur l’importance de la conservation de l’environnement. La pêche au filet à titre d’exemple est complètement interdite dans les régions de récifs coralliens. il faut juste prendre ses précautions afin d’assurer le développement durable de ces îles nord », assure Mahmoud Hanafi, contrôleur général des réserves naturelles de la mer Rouge, qui compte jusqu’à présent 27 réserves composées toutes d’îles et d’archipels.


Développement durable pour l’écotourisme

Ce sont ces richesses naturelles qui attirent en fin de compte les touristes. La plongée figure parmi les activités touristiques les plus pratiquées dans la région. « Parfois le nombre de touristes augmente pour dépasser la limite autorisée. C’est ce qui met en danger cette région et prouve qu’il existe un manque de gestion. Nul doute que la préservation des régions comme telles aide à promouvoir le tourisme en Egypte », affirme Hanafi, qui souligne que le désordre total dans les lieux de plongée donne une mauvaise impression et dissuade les touristes de s’y rendre. C’est la raison pour laquelle il est indispensable d’avoir des programmes d’observation écologique pour vérifier s’il existe une influence négative sur l’écosystème dans cette région. Les réserves naturelles, la diversité biologique, le management côtier ainsi que la sensibilisation environnementale sont une obligation. Toutes ces responsabilités entrent dans le cadre de l’action qui doit être menée une fois que l’arrêté ministériel est promulgué. Il faut donc établir une stratégie pour conserver les récifs coralliens qui pourraient être endommagés à cause des bateaux utilisés par les plongeurs ainsi que ceux utilisés par les compagnies pétrolières. Il implique donc de placer des repères pour empêcher les bateaux de s’approcher de la côte. Ces repères sont à 2 m des coraux afin d’éviter leur destruction. De telles mesures de préservation réalisent le développement durable dans cette région afin de promouvoir l’écotourisme. « Il ne s’agit en aucun cas de perturber l’investissement et le tourisme. Il est question de maintenir le développement durable de toutes les ressources naturelles qui garantit une exploitation saine et durable pour les générations à venir », conclut un responsable au sein de l’AEAE .

Racha Hanafi

 

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