Banques.
Quatorze d’entre elles n’ont pas réussi à porter leur
capital à 500 millions de L.E. et seront obligées de fusionner
ou d’être mises en liquidation. Les répercussions sur
le personnel seront diverses. Reportage. |
Les
employés paient la note
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Dans
un ancien immeuble de la rue Ramsès, trois étages hébergent
les bureaux des filiales de la banque privée Al-Nil. Les
locaux, poussiéreux et délaissés, reflètent la situation
de cet établissement croulant sous les pertes. Il est
en fait l’une des 14 banques ayant échoué à augmenter
leur capital minimum à 500 millions de L.E., comme imposé
par la Banque Centrale d’Egypte (BCE). Son destin a été
fixé la semaine dernière : Al-Nil sera acquise par une
autre banque, probablement la Banque Misr. Créée en 1979,
la banque Al-Nil a été l’une des 5 premières banques privées
du Moyen-Orient. Mais aujourd’hui, ses employés ont la
mine des mauvais jours. « Pas de déclarations aux journalistes
». La consigne du directeur est claire. Mais il répond
aux questions à leur place. « La décision de fusionner
les banques est une catastrophe. La BCE va nous mettre
tous à la porte. C’est ce que tous les employés vont vous
dire », affirme-t-il. Suite à ces propos, l’un d’eux nous
fait signe de le rejoindre hors des locaux de la banque.
Il s’appelle Ali, âgé d’une trentaine d’années. « Ne le
croyez pas. Quel que soit notre avenir après la fusion,
ça sera sans doute mieux que notre situation actuelle
», explique-t-il. Car la situation du personnel est ici
lamentable. Les salaires ne dépassent pas 300 L.E. Pas
de prime, pas de bonus, pas de fonds de soutien aux employés.
Cela fait 4 ans qu’ils n’ont pas touché la prime annuelle
de 7 % pourtant imposée par le gouvernement. « Nous ne
craignons pas le licenciement car la majorité d’entre
nous est jeune et bien qualifiée et il sera difficile
de nous renvoyer. Et même si les plus de 50 ans sont mis
à la retraite anticipée, ça sera beaucoup mieux que leur
situation actuelle », explique-t-il. Mohamad, un autre
employé du même âge, nous rejoint. Pour lui, la direction
est responsable des problèmes de la banque. Il explique
que seuls les employés du siège reçoivent de bons salaires.
Ils ont également droit à d’énormes primes. C’est pourquoi
ils s’opposent fortement à la fusion, de peur de perdre
leurs avantages. Tous deux espèrent qu’après la fusion,
chaque employé recevra enfin ses droits. |
Situation différente |
| Chez Al-Mohandess
et Al-Togariyoune, deux autres banques au bilan très négatif,
les employés réagissent d’une manière similaire à ceux
d’Al-Nil. Mais dans les 8 autres menacées de fusion, la
situation est différente. « L’exemple de la banque Misr
Exterior, acquise il y a quelques mois par la Banque Misr
(publique), ne nous rassure pas. On craint un sort similaire
», explique Mohamad Ahmad, de la Banque nationale de Port-Saïd.
Lors de cette opération, plus de la moitié des employés
a en effet été licenciée et plusieurs autres ont été séduits
par la prime proposée à la retraite anticipée. Par ailleurs,
la direction a poussé un bon nombre de personnes à la
démission en raison des conditions de travail injustes
imposées. Résultat : 450 personnes sur 800 ont été remerciées.
« Depuis la fusion, nous ne sommes pas traités à égalité
avec la Banque Misr. Les employés de cette dernière ont
reçu la prime annuelle de 7 %, mais pas nous », explique
une cadre de la filiale de Misr Exterior située près du
World Trade Center. Elle ajoute que Mohamad Barakat, président
de la Banque Misr, étudie par ailleurs la possibilité
de soumettre hiérarchiquement les cadres la banque Misr
Exterior à ceux de la Banque Misr. Une démarche que ces
derniers acceptent difficilement. « La Banque Misr a reçu
de la Banque Centrale 1,6 milliard de L.E. pour assumer
les coûts liés à cette fusion. Mais nous n’en ressentons
pas les effets », affirme-t-elle. Son supérieur refuse
quant à lui de commenter cette opinion sans l’autorisation
de sa nouvelle maison mère. Mais mieux vaut la fusion
à la liquidation. A la banque libanaise Gammal Trust,
qui devrait être prochainement liquidée, les employés
(ils ne sont que 7) s’expriment en chœur. « Nous ne savons
pas quoi faire ». Nabila, l’une d’eux, explique que la
décision de la BCE a été un énorme choc. Elle ne s’attendait
pas à ce qu’elle soit aussi rapide. Donc Nabila, avec
ses trois ans d’expérience, craint pour son avenir : «
Ce n’est pas facile de trouver du travail. Mon expérience
bancaire est courte. Et il n’y a pas grande possibilité
de travailler dans une autre banque avec toutes ces fusions
qui ont lieu dans le secteur. Toutes les banques vont
diminuer le nombre de leurs propres employés, non pas
elles en embaucheront de nouveaux ». Les employés de la
Gammal Trust demandent donc à la BCE de leur garantir
au moins leurs indemnités. Tandis que le directeur de
la banque, Réfaat Chache, va plus loin. Ainsi, il a demandé
à la BCE que son établissement devienne une institution
financière pour l’octroi de petits crédits aux retraités.
Une activité dans laquelle la Gammal Trust s’était spécialisée
ces 5 dernières années. |
Névine
Kamel
Dahlia Réda |
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Banques devant
fusionner |
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Al-Togariyoune dans Ahli.
La Banque d’investissement et de développement
islamique internationale dans Fayçal islamique.
Al-Masri Al-Mottahed dans Canal de Suez.
Le Caire Extrême-Orient sera vendu à un
investisseur principal.
MIBank dans Arab African International Bank.
Port-Saïd Al-Watani pour le développement
dans la banque ABC.
Al-Mohandess dans Ahli.
Al-Nil dans Misr sera vendue à un investisseur
principal.
La Banque des ouvriers égyptiens dans la
banque de l’Union coopérative.
Arab Land Bank.
La Banque maritime et commerciale d’Alexandrie
dans la Banque d’investissement arabe.
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Banques devant être liquidées
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La banque libanaise Gammal Trust.
La banque soudanaise Al-Ahli.
La banque iraqienne Al-Rafedein (la BCE
a cependant accepté de limiter son activité à la réception
des transferts de fonds des Egyptiens travaillant dans
les entreprises égyptiennes en Iraq).
La banque pakistanaise Al-Ahli.
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Banques ayant déjà fusionné |
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American Express avec EAB.
Crédit Lyonnais avec Crédit agricole.
Misr Exterior avec Banque Misr.
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