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Egypte-Libye . L'exécution par les autorités libyennes de quatre Egyptiens accusés de meurtres a suscité l'indignation. Critiquant le mutisme du gouvernement Nazif, les organisations des droits de l'homme s'activent pour sauver onze autres citoyens attendant le même sort.

Course contre la mort
La nouvelle a suscité l'indignation des organisations égyptiennes des droits de l'homme. La justice libyenne a exécuté par balles quatre Egyptiens condamnés à la peine capitale pour avoir commis des meurtres sans préméditation. Onze autres Egyptiens attendent le même sort. « Ils peuvent être exécutés à tout moment. Nous demandons au gouvernement d'intervenir pour sauver leur vie », déclare Tareq Zaghloul, de l'Organisation Egyptienne des Droits de l'Homme (OEDH). Et de poursuivre : « Le mutisme du gouvernement égyptien est incroyable. Nous avions appelé le gouvernement l'année dernière à intervenir, mais rien n'a été fait ». L'OEDH vient d'annoncer le lancement d'une campagne visant à sauver les 11 Egyptiens. « Nous allons demander l'aide de toutes les organisations des droits de l'homme dans le monde. Des démarches seront également entreprises auprès des deux gouvernements égyptien et libyen », annonce Tareq Zaghloul. L'OEDH n'est pas la seule à se mobiliser.

Le Centre arabe d'indépendance juridique, un autre organisme œuvrant dans le domaine des droits de l'homme, a critiqué cette semaine dans un communiqué « la négligence et le mutisme du gouvernement égyptien dans l'affaire des citoyens égyptiens condamnés en Libye ». « Le ministère égyptien des Affaires étrangères n'a pas bougé. Il n'est jamais intervenu auprès des autorités libyennes pour faire réviser le verdict malgré les demandes incessantes des familles des condamnés », affirme le communiqué. Le centre demande au président de l'Organisation libyenne des droits de l'homme (également fils du président libyen), Seif Al-Islam Kadhafi, d'intervenir pour annuler le verdict prononcé contre les 11 Egyptiens et convaincre les familles des victimes d'accepter la diya, (une indemnité financière versée par le condamné à la famille de la victime).

La loi libyenne permet en effet au coupable d'un meurtre de se réconcilier avec la famille de la victime en lui versant une somme d'argent. Cependant, les familles de la victime qui acceptent difficilement la diya, demandent de grosses sommes d'argent qui sont difficiles à réunir. L'histoire des 15 Egyptiens condamnés à mort a commencé l'année dernière lorsque la justice libyenne a prononcé son verdict à leur égard.

Les familles de ces Egyptiens ont envoyé d'innombrables plaintes aux deux gouvernements affirmant que leurs proches ont été injustement condamnés. « Ces Egyptiens sont condamnés pour meurtre. En réalité, il s'agit de simples bagarres ou de rixes ayant dégénéré et ayant provoqué le décès d'un Libyen ou causé une blessure grave. Chez nous en Egypte, il ne s'agit pas de crime, car il n'y a pas de préméditation et il n'y a pas d'intention de donner la mort. La loi égyptienne fait la différence entre un meurtre prémédité et un cas de coups et blessures ayant provoqué la mort sans intention de la donner, ce qui est le cas des Egyptiens condamnés en Libye. Comment peuvent-ils être condamnés à la peine capitale ? », déclare Nasr Amin, du Centre arabe d'indépendance juridique. Il ajoute que le système judiciaire libyen est différent de l'égyptien. C'est un système tribal.

Hassan Mahmoud Hassan est l'un de ces Egyptiens retenus en Libye et qui attend la mort. Son histoire a commencé en 1999 lorsqu'il est parti en Libye pour y trouver un emploi. Il a travaillé comme lustreur dans un atelier pour la fabrication de meubles. Son patron libyen ne lui versait plus son salaire, selon les dires de sa famille. Hassan se rendait au Caire chaque été, jusqu'en 2002. « Nous avons appris qu'il était en prison pour avoir tué son patron lors d'une dispute car ce dernier ne lui versait plus son salaire depuis des mois. Nous demandons l'aide rapide du gouvernement pour sauver Hassan », déclare Nadi Abdel-Rahmane, un de ses proches. Hassan fait partie de ces 11 Egyptiens qui attendent l'aide de leur gouvernement. Une aide qui ne semble pas se mettre en place. Car aucune déclaration officielle n'a été donnée concernant le sort de ces 11 condamnés.

L'affaire des Egyptiens condamnés à mort intervient à un moment particulièrement délicat. Les autorités libyennes envisagent en effet de limiter la main-d'œuvre étrangère dans le cadre d'un processus de « libyénisation » des emplois. Il existe environ un million de travailleurs égyptiens en Libye. Leur retour alourdirait les chiffres du chômage et accentuerait la crise économique nationale.

Sabah Sabet

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