Un
des traits les plus marquants de l’ambassadeur de Suisse au
Caire, Charles-Edouard Held, est la lucidité avec laquelle il
traite les choses. Doté d’une extraordinaire clairvoyance, il
ne s’intéresse pas aux banalités et aborde les sujets avec beaucoup
d’adresse et de finesse. Juriste de formation, il a d’abord
eu un doctorat en droit, puis a rejoint les Affaires étrangères
suisses. Sa carrière de diplomate a évolué de manière particulièrement
rapide. « Mon premier poste fut à Vienne. Ensuite j’ai fait
partie de notre mission diplomatique à Bruxelles. Puis j’ai
passé une période assez longue à Berne, où j’ai été vice-directeur
du département des affaires juridiques et où j’ai beaucoup travaillé
dans le domaine du droit international, humanitaire et économique.
J’ai plus tard été nommé ambassadeur au Chili, et enfin en Egypte
où je suis arrivé il y a six mois ».
Pour Held, travailler en ce moment en Egypte
représente non seulement un privilège, mais aussi une grande
responsabilité. « Du point de vue stratégique, l’Egypte occupe
une position d’une importance capitale. Depuis ce pays, on peut
avoir une vision claire non seulement de ce qui se passe au
Moyen-Orient mais aussi dans l’ensemble du continent africain
», estime le diplomate. « De plus, nous considérons que l’Egypte
joue un rôle très positif dans la région. Elle aide à instaurer
la stabilité, la paix et la sécurité ». Pour lui, la Suisse
et l’Egypte sont convaincues de l’importance de la coopération
internationale. « Notre politique étrangère est basée sur le
respect de la loi internationale et non sur la logique du plus
fort ou du plus puissant. Notre principal objectif est de faire
en sorte que les relations entre les pays soient uniquement
basées sur le respect de la loi internationale ».
Mais pour le Suisse, le véritable défi qui
s’impose est celui du dialogue : faire prévaloir les voix de
la raison au milieu de la cacophonie. « Il existe à l’heure
actuelle des priorités dont il faut tenir compte. Je pense que
le plus important est de travailler pour une meilleure communication
entre les différentes parties de la communauté internationale,
notamment le Nord et le Sud de la Méditerranée ». Et d’ajouter
: « Pour que ceci ait lieu, il faut tout d’abord qu’il y ait
une volonté des deux côtés d’améliorer la connaissance mutuelle.
C’est pour cette raison que nous devons avant tout intensifier
les échanges entre les pays. Et ceci ne peut se faire que par
le biais de la culture ».
Pendant sa mission au Caire, l’ambassadeur
aimerait se consacrer à la mise en place d’activités culturelles
et artistiques de toutes sortes. « J’aimerais encourager les
échanges entre artistes, musiciens, peintres, danseurs, etc.
Et j’aimerais aussi faire en sorte que le public aussi puisse
se connaître des deux côtés ». Le diplomate affirme : « Par
ailleurs, je pense qu’il faut aussi faire quelque chose au niveau
des échanges littéraires. Je dois avouer que la littérature
égyptienne, comme par exemple les livres de Naguib Mahfouz si
appréciés en Suisse, nous ont beaucoup aidés à connaître ce
pays en profondeur ». Une des meilleures preuves de l’intérêt
particulier que la Suisse accorde à l’amélioration de ses relations
culturelles avec l’Egypte est l’existence au Caire d’un bureau
de liaison du Conseil des arts suisse, le Pro-Helvetia .