Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

L'Egypte

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Livres
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Politique. Huit mois après sa création, le parti d’Aymane Nour risque une mort prématurée.

Al-Ghad en péril

A ses débuts, en novembre 2004, le parti Al-Ghad s’était promis de changer le paysage politique égyptien. Son président et fondateur, Aymane Nour, a toujours déclaré à la presse que ce parti aiderait au changement à tous les niveaux. « Notre programme est ambitieux. A travers notre parti, nous allons transformer le paysage politique. Nos programmes sont destinés à toute la société : jeunes, femmes et démunis. On vise surtout à redonner au libéralisme la place qu’il mérite », avait déclaré Aymane Nour lors de la conférence de presse qui était destinée à présenter Al-Ghad. Intéressées par le programme du nouveau parti, de nombreuses personnalités publiques y ont adhéré. La plus célèbre d’entre elles, l’ancienne Wafdiste Mona Makram Ebeid, a été nommée secrétaire générale du parti. Tous les membres du parti se disaient convaincus d’avoir enfin trouvé un programme libéral démocrate avec une dimension sociale très accentuée. Mais le charismatique Aymane Nour était aussi pour quelque chose dans cet enthousiasme soudain.

Au bout de quelques mois caractérisés par l’optimisme, des scandales ont commencé à éclater, hypothéquant alors l’avenir du nouveau parti. Ceux qui, naguère, se vantaient d’appartenir à Al-Ghad ont décidé de démissionner du parti qui a « échoué à satisfaire leurs ambitions politiques ».

Trois mois après la création du parti, les problèmes ont commencé avec l’arrestation et la détention d’Aymane Nour, accusé par les autorités d’avoir falsifié des documents administratifs destinés à appuyer sa demande de créer Al-Ghad. Durant le procès, qui a eu lieu début juillet, l’un des coaccusés a affirmé avoir fait l’objet de menaces de la part des forces de sécurité pour témoigner contre Nour. Mais face à ce seul rétractaire, les cinq autres coaccusés ont reconnu devant le tribunal avoir falsifié, à la demande de Nour, des mandats pour que le parti soit autorisé.


Une fin annoncée

Selon Moussa Moustapha, cadre du parti Al-Ghad, les problèmes actuels du parti sont l’œuvre du gouvernement qui cherche à compromettre la réputation du parti et celle de son président, connu pour ses positions hostiles au gouvernement. « Dès la fondation de son parti, Nour a déclaré qu’il ne participerait pas au dialogue national lancé à l’initiative du Parti National Démocrate (PND, au pouvoir) et s’est opposé à un cinquième mandat du président Moubarak », explique Moussa. Et d’ajouter : « La façon inacceptable et inhumaine dont Nour a été traité pendant et après son arrestation prouve que le gouvernement est mal intentionné ».

Ahmad Abdel-Chakour, membre du parti, pense quant à lui que la démission d’une personnalité comme Mona Makram Ebeid ne signifie pas que le parti a échoué à réaliser les objectifs qu’il s’était fixés. « Après leur adhésion au parti, certains ont découvert que celui-ci ne convenait pas à leurs tendances politiques. N’oublions pas que Mona Ebeid était wafdiste, et qu’elle a quitté le parti d’Al-Wafd quand il a décidé de boycotter les élections parlementaires. A-t-elle pour autant compromis la réputation du néo-Wafd ? », se demande Abdel-Chakour.

Ragab Hilal Hémeida, ex-secrétaire du parti pour les affaires politiques, explique sa démission autrement. Il prétend que le parti s’est transformé. Alors qu’il œuvrait pour une plus grande ouverture du système politique, il est devenu un parti faisant la propagande de son président. « Il en est de même pour l’organe d’expression du parti qui est devenu une tribune de défense consacrée à Nour. Ainsi, sur les 25 pages que compte le journal, aucune place n’a été accordée à l’affaire de l’ambassadeur égyptien tué en Iraq. Le procès de Nour était prioritaire », lâche Hémeida.

Sur un tout autre plan, les informations qui ont circulé concernant la nature des rapports qu’entretient Nour avec l’Administration américaine, qui a vivement dénoncé son arrestation, ne manqueront pas de peser sur l’avenir du parti. C’est ce que pense Amr Hachem, chercheur au Centre d’Etudes Politiques et Stratégique (CEPS) d’Al-Ahram. En effet, l’Egypte a vu d’un mauvais œil l’ingérence de Washington dans l’affaire Nour. Selon Hachem, « le gouvernement pourrait être tenté de répéter avec Aymane Nour le scénario de Saadeddine Ibrahim », dont le militantisme en faveur des droits de l’homme lui a valu quelques mois en prison et d’être qualifié d’« agent américain ».

Nabil Abdel-Fattah, également chercheur au CEPS d’Al-Ahram, prédit une mort rapide du parti Al-Ghad. « Les scandales ont fait perdre à ce parti sa base populaire. La situation sera encore plus critique en cas d’inculpation de Nour », conclut–il .

Mirande Youssef

Retour au Sommaire

 
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631