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Elections. 22 ONG ont formé une « coalition nationale » afin de superviser les prochains scrutins présidentiel et législatif. Elles attendent l’autorisation du ministère de l’Intérieur.

Les ONG veulent officialiser
leur action

Avec entre autres en son sein l’Organisation égyptienne des droits de l’homme, le Centre d’études des droits de l’homme du Caire, ou encore le Centre juridique Hicham Moubarak, une coalition composée d’une vingtaine d’Organisations Non Gouvernementales (ONG) ont constitué un « observatoire électoral » pour contrôler les prochaines élections présidentielles et législatives prévues respectivement pour la mi-septembre et novembre prochains. L’objectif est de garantir la liberté et l’intégrité de ces scrutins. « Nous réclamons un contrôle des ONG sur les prochaines élections. Ce rôle devra intervenir dans le cadre du processus de démocratisation en Egypte afin d’attester la liberté des élections », affirme Hafez Abou-Seada, secrétaire général de l’Organisation égyptienne des droits de l’homme et coordinateur de l’« observatoire électoral ». Les responsables des ONG ont adressé des demandes aux ministères de l’Intérieur et de la Justice pour être autorisés à mener leur mission. « Si les responsables concernés choisissent d’ignorer la nouvelle situation qui règne dans le pays, avec la prolifération des mouvements prônant la réforme, nous poursuivrons notre mission grâce au soutien des candidats eux-mêmes », assure Abou-Seada.

En effet, les militants des ONG ont l’intention de contacter les dirigeants des partis politiques afin de solliciter leur soutien. De plus, afin de parvenir à mobiliser politiquement la population, les ONG commenceront leur travail dès le lancement de la campagne électorale. « On va assurer une veille médiatique, en nous intéressant principalement aux médias officiels pour voir s’ils ouvrent leurs espaces à tous les candidats indépendamment de leurs tendances », indique Bahieddine Hassan, du Centre d’études des droits de l’homme du Caire. Au-delà du jour J, les activités de l’observatoire s’étendront au contrôle du dépouillement des scrutins. Après l’annonce des résultats, c’est tout le processus qui fera l’objet d’un rapport d’analyse et d’évaluation rédigé par les ONG membres de l’observatoire.


Former à la supervision des élections

Mais en réalité, les initiateurs de ce programme ambitieux veulent lancer dès aujourd’hui des campagnes de sensibilisation pour inciter les gens à participer aux prochaines consultations électorales tout en leur éclaircissant la procédure. En parallèle, une autre campagne serait destinée aux journalistes et aux avocats pour les former à la supervision des élections et à l’élaboration des rapports, ajoute Bahieddine. Or, pour mener à bien cette noble mission, la coopération des organismes étatiques s’avère incontournable. « L’Etat finira par accepter une supervision internationale des élections. Alors pourquoi nous ferme-t-on des portes qu’on ouvre aux étrangers ? », se demande Bahieddine Hassan.

Les militants des droits de l’homme n’ont pas oublié que de telles demandes pour superviser les élections législatives de 1995 et de 2000 ont été rejetées par le ministère de l’Intérieur. Un refus qui restera probable en 2005. Pour contourner l’interdiction officielle, les activistes des ONG accédaient aux salles de vote en tant que représentants des candidats. Un stratagème auquel ils pourraient à nouveau recourir dans quelques mois .

Ola Hamdi
Trois questions à

Mokhlès Qotb, secrétaire général du Conseil national des droits de l’homme.

Al-Ahram Hebdo : Le Conseil national des droits de l’homme a salué cette coalition d’ONG pour le contrôle des prochaines élections présidentielle et législative. Comment soutiendra-t-il cette initiative ?

Mokhlès Qotb : Le conseil a promis son soutien aux 22 ONG concernées. Le Conseil national a l’avantage d’avoir des contacts directs avec les instances officielles de l’Etat, des contacts qu’il utilisera pour aider les ONG à mener à bien leur mission. En outre, il a été décidé de créer un comité conjoint pour assurer une coopération plus étroite entre le conseil et cet observatoire électoral. Notons également que les experts du Conseil national assureront la formation professionnelle des observateurs désignés par les ONG.

— Le conseil a-t-il posé des conditions à son soutien ?

— Non, aucune. Toutefois, une réunion est prévue dans deux semaines avec les responsables des ONG pour s’entendre sur certains principes.

— Il a été déclaré que le conseil ne jouerait aucun rôle dans le contrôle des prochaines élections. Or, il va créer une cellule d’observation des élections. Quelle en sera la mission ?

— Ce n’est pas une nouveauté. Le conseil a monté une cellule d’observation le jour du référendum (sur la réforme constitutionnelle). Cette cellule a été la première à signaler au procureur général les violations des droits de l’homme commises ce jour-là contre des journalistes. Ce sera également le cas lors des prochaines élections, toute infraction sera signalée et reportée aux responsables concernés. Reste que ce travail n’a rien à voir avec le contrôle des élections.

Propos recueillis par O. H.

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