La
situation va de mal en pis en Iraq, et la rébellion gagne
en force tous les jours. La guerre ne se terminera pas avant
10 ans. C’est ainsi que se sont exprimés les grands commandants
militaires et civils, responsables directement du théâtre
des opérations en Iraq.
Lors de son discours
prononcé à la base militaire de North Carolina, le président
américain George Bush a appelé les Américains à ne pas prêter
oreille aux conseils avancés par les personnes demandant de
fixer un délai de retrait avant que ne soit assuré l’accomplissement
de la mission américaine dans ce pays. La raison, selon lui,
est que ceci non seulement livrerait un message erroné aux
soldats américains qui sont partis faire la guerre en Iraq,
mais que ce serait à l’avantage des ennemis terroristes. Selon
Bush, cet état de choses pourrait avoir des retombées négatives
sur l’Amérique et faire d’elle une cible potentielle d’attaques
comme il était advenu dans les événements du 11 septembre
2001. Il déclara que l’Iraq est devenu le front central dans
la guerre contre le terrorisme, bien que ceci ne soit pas
l’objectif de départ de cette guerre. Mais qu’à l’époque la
principale préoccupation était de démanteler les armes de
destruction massive. Alors qu’aujourd’hui, il s’agirait plutôt
d’établir une démocratie en Iraq qui projetterait ses échos
sur toute la région du Grand Moyen-Orient.
A nous alors
de nous poser les bonnes questions : quel est le péché commis
par les innocents, qui sont tombés victimes de tout cet imbroglio
? Est-il permis de transférer les champs de bataille vers
les territoires des autres ? Où en est-on de la légitimité
internationale et du respect de la souveraineté des pays membres
de la communauté internationale ?
Les Américains
attendaient ce discours au beau milieu d’une vaste polémique
où une majorité a appelé à un nécessaire arrêt de l’effusion
de sang parmi les soldats américains et le peuple iraqien.
Car quels que soient les appellations de cette guerre ou ses
objectifs mystérieux, la souffrance de tout un peuple résultant
de politiques erronées n’est guère permise.
De nombreux hommes
politiques et l’élite aux Etats-Unis estiment qu’il vaudrait
mieux prendre des décisions courageuses à l’instar de celle
du retrait du Vietnam en 1975. Je pense qu’une telle décision
est envisageable avec le soutien des pays de l’Union européenne
ayant refusé la guerre dès le départ. D’ailleurs, ces derniers
encouragent aujourd’hui de fixer un délai temporel pour le
retrait, tout en accordant au peuple iraqien son droit à l’autodétermination
selon sa propre vision et en lui donnant l’occasion d’emprunter
la voie d’une démocratie adaptée à ses situations internes.
Si les Etats-Unis
décident de prendre cette décision courageuse en Iraq et s’ils
parviennent à réunir Palestiniens et Israéliens autour de
la table des négociations afin de parvenir à un règlement
final et à un modèle de cohabitation entre les deux Etats,
la stabilité régnera alors au Moyen-Orient et la vague d’hostilité
vis-à-vis de sa politique dans la région sera atténuée .