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Kiosque. Les attentats de Charm Al-Cheikh ont suscité colère et indignation dans tous les journaux égyptiens et arabes.

Condamnation unanime

Au lendemain du drame qui s’est produit dans la station balnéaire de Charm Al-Cheikh, beaucoup de tristesse et de désolation se faisaient sentir dans les pages de la presse égyptienne. Les titres attestaient d’un choc profond : « Le terrorisme frappe Charm Al-Cheikh, ville de la paix », « Charm Al-Cheikh explose », « Nuit sanglante à Charm Al-Cheikh », « Une perte de trois milliards de dollars est à prévoir pour l’économie et le tourisme », « Condamnations internationales et arabes ; appels à une guerre commune contre le terrorisme », « L’ignoble visage d’Al-Qaëda se montre à Charm Al-Cheikh », « L’Egypte est entrée officiellement dans les zones d’action d’Al-Qaëda, et le carnage de samedi menace le mythe de Charm Al-Cheikh », « Un crime terroriste dans la ville de la paix ».

En signe de deuil, la couverture du quotidien Al-Ahrar était une page noire. On pouvait y lire inscrit en rouge : « La tuerie de Charm Al-Cheikh, ville de la paix ». L’éditorialiste d’Al-Ahrar Salah Qabdaya écrit : « Avec toute la volonté de l’Egypte et de sa population, nous arriverons à dépasser les sentiments de douleur et de colère ». Saad Hagrass s’interroge dans le quotidien Al-Alam Al-Yom : « Quelle relation y a-t-il entre frapper ces pauvres Egyptiens d’une part, et prétendre que ces attaques s’inscrivent dans le cadre d’une réponse aux crimes des forces du mal qui sont les auteurs de tant d’exécutions en Palestine, en Iraq, en Afghanistan et en Tchétchénie, d’autre part ? ».

Plusieurs éditorialistes explicitent le fait que les conséquences économiques et touristiques des attaques de Charm Al-Cheikh pourraient être graves. « En fait, le but de ces attaques est de mettre en danger la stabilité et la sécurité du pays, d’ouvrir de nouveaux fronts devant le régime égyptien, et de causer de grandes pertes dans des lieux économiques stratégiques. Tout ceci à l’heure d’une saison politique chaude », souligne Mohamad Al-Chébeh, dans son éditorial du quotidien Nahdet Misr. Toujours sur le même ton, l’éditorialiste Waël Al-Ebrachi, affirme que « ce carnage influencera beaucoup l’économie et le tourisme égyptiens pour de longues années ». « Il s’agit d’un acte criminel rejeté par tous les Egyptiens. C’est un coup très dur pour le tourisme et l’économie de notre pays ... Aux services de sécurité de nous dire comment ces attentats ont-ils pu se produire ? », souligne Magdi Méhanna dans le quotidien Al-Masri Al-Yom.

Accusateur, l’hebdomadaire nassérien d’opposition Al-Osboue, s’interroge : « Où sont passés les services de sécurité ? ». Et de poursuivre : « Après les explosions de Charm Al-Cheikh, quand est-ce que le ministre de l’Intérieur démissionnera ? ».

Selon Abdallah Al-Sénnawi, dans l’hebdomadaire Al-Arabi, la première chose à faire est « d’abord de réaménager la situation interne avec des réformes politiques et constitutionnelles globales, ensuite arrêter la farce des élections présidentielles et même essayer de les reporter ».

La presse arabe a, elle aussi, unanimement condamné les événements de Charm Al-Cheikh, estimant que de telles attaques revendiquées par le groupe Al-Qaëda ne servaient pas la cause de l’islam. « Plus de la moitié des victimes sont Egyptiennes, ainsi que quelques Arabes et très peu d’étrangers. Qui était alors la cible et quelle cause (les assaillants) défendaient-ils ? », écrit le quotidien émirati Al-Ittihad. « Les institutions religieuses musulmanes doivent agir rapidement pour rejeter les mensonges des coupables et écarter leur ignorance et leur obscurantisme », ajoute-t-il.

« Les attaques meurtrières de Charm Al-Cheikh sont un nouvel acte ignoble perpétré par des personnes sans foi, ni loi », écrit le Jordan Times. Selon le journal saoudien Saudi Gazette, les assaillants voulaient perturber l’élection présidentielle égyptienne prévue le 7 septembre. « Le but de ces attaques terroristes est très clair. L’Egypte se prépare à tenir ses premières élections présidentielles avec plusieurs candidats en septembre », explique-t-il.

Le quotidien koweïtien Al-Raï Al-Aam établit un parallèle avec les attaques de Londres qui ont fait plus de 50 morts : « C’est du terrorisme et nous en sommes les victimes. Le meurtrier est unique. Il a un passeport noir et une idéologie noire. Les victimes ont une seule nationalité, ce sont des personnes innocentes et pacifiques qui se retrouvent victimes de complots malveillants ».

Hoda Ghali
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Le Hezbollah

De lourds dossiers attendent le nouveau gouvernement libanais, le premier de l’ère post-syrienne, auquel participe pour la première fois le Hezbollah chiite. Les réformes économiques et institutionnelles, les relations actuellement tendues avec la Syrie et la mise en œuvre de la résolution 1 559 du Conseil de sécurité de l’Onu, qui demande le désarmement du Hezbollah constituent les principaux défis du gouvernement. Les deux dernières tâches sont intimement liées. La nomination de Mohamad Fneich, député membre du Hezbollah soutenu par Damas, au poste de ministre de l’Energie et des Ressources hydrauliques, devrait en principe faciliter la redéfinition des relations libano-syriennes et empêcher l’asphyxie économique du Liban en raison du blocus terrestre imposé par la Syrie. L’une des priorités dans ce dossier est la reprise des pourparlers avec Damas pour la livraison de gaz au Liban à des prix préférentiels, conformément à un accord signé par les deux pays mais qui a été remis en cause par la Syrie après le départ forcé de ses troupes du pays du Cèdre fin avril dernier. Mais la participation du Hezbollah au gouvernement compliquerait l’application de la résolution 1 559, qui divise la classe politique libanaise. Le parti chiite rejette son désarmement estimant qu’il s’agit d’une affaire exclusivement libanaise. Il considère que la résolution 1 559 vise à l’affaiblir et porte atteinte à la résistance anti-israélienne contre l’occupation israélienne. Il fait ainsi allusion aux fermes de Chebaa, conquises par Israël sur la Syrie en 1967 mais que Beyrouth revendique avec l’accord de Damas. Pour parer à l’intensification prévisible des pressions internationales, notamment des Etats-Unis et de la France qui étaient à l’origine de la résolution 1 559, le Hezbollah a commencé à chercher à mieux s’intégrer dans la vie politique libanaise depuis le départ de l’armée syrienne, son allié de poids. Cette volonté s’est traduite par son entrée pour la première fois de son histoire dans un gouvernement. Il a aussi remporté 14 sièges sur les 128 du Parlement lors des élections législatives de mai-juin derniers qui lui ont fait gagner deux députés, devenant ainsi une force incontournable de la scène politique libanaise. Bien qu’il soit représenté dans le gouvernement par un seul ministre, le Hezbollah a un allié en la personne du ministre du Travail, Trad Hamadé, maintenu à son poste, ainsi que le nouveau ministre des Affaires étrangères, le chiite Faouzi Salloukh, pour qui il n’est pas question de désarmer « la résistance anti-israélienne »

 

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