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Palestine .
Alors que la tension est à son comble, la secrétaire
d’Etat américain Condoleezza Rice, en visite dans la région,
a exprimé son soutien à l’évacuation de Gaza et a voulu s’assurer
que cette opération prévue à la mi-août se déroule dans le calme.
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| Une tournée
pour apaiser |
La
secrétaire d’Etat américain, Condoleezza Rice, a effectué
une visite de trois jours dans les territoires occupés et
en Israël afin d’apaiser les tensions à l’approche du retrait
israélien de la bande de Gaza, à la mi-août. Il s’agit de
la deuxième visite de la responsable américaine en un mois
dans la région qui a connu un brusque regain de violences
au cours duquel 18 Palestiniens et 6 Israéliens ont été tués
en neuf jours.
Dès son arrivée, Mme Rice avait estimé qu’avec
le retrait de Gaza, le processus de paix au Proche-Orient
était à un tournant « critique », tout en insistant sur «
la nécessité d’une étroite coordination et de solutions rapides
à apporter à certaines questions-clés ». Les Etats-Unis tablent,
en effet, sur un succès du désengagement israélien pour relancer
la Feuille de route, le dernier plan de paix international
pour un règlement du conflit israélo-palestinien parrainé
par le Quartette (Etats-Unis, Union européenne, Russie et
Onu).
Les trois questions-clés de la rencontre
étaient la liberté de mouvement dans la bande de Gaza, entre
Gaza et le monde extérieur, et la sécurité. Mais apparemment,
Mme Rice s’est heurtée aux positions divergentes des deux
clans. Les Palestiniens ont réexprimé la crainte que la bande
de Gaza ne devienne pour eux une « prison géante » à moins
d’obtenir l’assurance d’un « libre passage » de ce territoire
vers la Cisjordanie, un nouveau port à Gaza, la réouverture
de l’aéroport et d’avoir le contrôle de la frontière avec
l’Egypte.
Moins de trois semaines avant ce retrait,
les Palestiniens se plaignent de n’avoir reçu aucune assurance
de la part d’Israël. « Jusqu’à présent, les Américains ne
nous ont transmis aucune réponse », a déclaré le ministre
palestinien des Affaires civiles, Mohamad Dahlane. « Les Israéliens
ont seulement demandé que le retrait se passe sans violence
et nous leur avons donné des garanties à cet égard », a-t-il
ajouté. Il a fait également état d’assurances palestiniennes
que l’aéroport rouvert ne servirait pas à des attaques contre
Israël du type du 11 septembre 2001 à New York. Ce faisant,
Mme Rice a appelé samedi Israël à ne pas boucler la bande
de Gaza après son retrait de ce territoire, à l’issue de ses
entretiens avec le dirigeant palestinien Mahmoud Abbass.
Ce dernier a estimé pour sa part qu’un retrait
bien coordonné de la bande de Gaza « offrirait une chance
aux Palestiniens d’établir les fondations d’un Etat indépendant
» en commençant par Gaza. Il a insisté sur la nécessité d’un
arrêt de la colonisation et qu’un retrait de Gaza s’inscrive
dans la Feuille de route, qui prévoit la création d’un Etat
palestinien indépendant en 2005.
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Des priorités différentes
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Alors que les Palestiniens centrent leur attention
sur le retrait de Gaza et veulent que Mme Rice fasse pression
sur Israël afin que l’évacuation de Gaza soit suivie d’autres
retraits en Cisjordanie, les Israéliens soulignent la nécessité
de collecter les armes des groupes islamistes et de stopper
les actes de violence.
Le premier ministre israélien Ariel Sharon
a menacé dimanche les Palestiniens d’un « nouveau genre de ripostes
» militaires à la suite d’une attaque qui a coûté la vie à un
couple d’Israéliens dans la bande de Gaza. « J’ai fait savoir
à la secrétaire d’Etat américain qu’il y aurait des ripostes
d’un autre genre qui s’ajouteront à des mesures très dures,
aussi bien pendant le retrait qu’après l’évacuation de la bande
de Gaza s’il y a des attentats », a averti M. Sharon dimanche
durant le Conseil des ministres.
L’armée a coupé la bande de Gaza en deux après
l’attaque empêchant les automobilistes palestiniens de circuler
entre les parties nord et sud de ce territoire. La semaine dernière,
Israël avait déjà menacé de lancer une opération d’envergure
dans la bande de Gaza et massé, dans cette intention, des blindés.
Le dirigeant palestinien Mahmoud Abbass a condamné cette embuscade
menée dans la nuit de samedi à dimanche, la considérant comme
une « violation de la trêve » palestinienne. Pour lui, « cette
violation de la trêve donne aux Israéliens un prétexte pour
continuer les attaques contre notre peuple et reprendre leur
politique d’assassinats des responsables palestiniens ».
Dans ce contexte, une rencontre dimanche soir
entre le ministre de la Défense israélien, Shaoul Mofaz, et
le ministre de l’Intérieur palestinien, Nasr Youssef, destinée
à préparer le retrait israélien de Gaza prévu à la mi-août a
tourné court. M. Mofaz a exigé que l’Autorité palestinienne
« mette sur le champ la main sur les commanditaires de l’attaque
faute de quoi Israël le ferait à sa place », a indiqué une porte-parole
de son ministère. « M. Mofaz a également demandé de connaître
les mesures prises par l’Autorité palestinienne contre le Hamas,
et a exigé des actions énergiques et visibles, Israël n’étant
pas prêt, selon lui, à passer outre sur cette question », a
ajouté cette porte-parole.
Mais, il semble bien qu’Israël ne fait que
tergiverser en ne voulant discuter que du désarmement des groupes
islamistes. « Nous n’avons obtenu aucune réponse à nos questions
portant sur le calendrier et le mécanisme du retrait, ni sur
le devenir des installations et infrastructures des colonies
appelées à être évacuées », a souligné Taoufiq Abou-Khoussa,
porte-parole du ministre palestinien.
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Rania Adel |
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