| |
|
Natation.
L'Egypte aura du mal à faire
bonne figure lors des XIes Championnats du monde FINA qui se
déroulent du 17 au 31 juillet à Montréal. |
Triste
mine |
Sur
5 sites de compétitions regroupés sur les îles Saint-Hélène
et Notre-Dame, à Montréal (Canada), ont lieu les XIes Championnats
du monde de la Fédération internationale de natation (FINA).
Du 17 au 31 juillet, plus de 2 000 athlètes seront réunis en
natation, water-polo, plongeon, nage synchronisée et nage libre,
en provenance de 160 pays. Montréal 2005 constitue un grand
rendez-vous sportif. Et comme d'habitude, l'Egypte ne participe
pas aux épreuves de natation. Elle sera en lice avec trois nageurs
seulement : en eau libre, en nage et en nage synchronisée. Mohamad
Al-Zanati, Mohamad Sourour et Henzada Omar seront les seuls
représentants égyptiens à cette compétition majeure. Et ce,
malgré une forte présence du continent africain. La Tunisie
et l'Algérie, qui sont des pays dont les conditions générales
ressemblent à celles de l'Egypte, disputent les Mondiaux avec
plus d'ambitions. La Tunisie possède un athlète capable de remporter
plusieurs médailles : Ossama Mellouli, médaillé de bronze du
400 m quatre nages aux Championnats du monde de Barcelone 2003.
Fort de son triplé (200 m et 400 m quatre nages et 800 m libre),
réalisé le mois dernier aux Jeux Méditerranéens (JM) d'Almeria,
Mellouli participe à cette compétition avec la ferme intention
de décrocher l'or. Tout comme l'Algérien Salim Ilès, double
médaillé d'or aux JM sur 50 m et 100 m nage libre. « Les nageurs
algériens et tunisiens sont parvenus à ce niveau grâce à leur
résidence en France et aux Etats-Unis », déclare Dina Adel,
nageuse égyptienne. Il faut dire qu'il existe quelques athlètes
égyptiens qui résident à l'étranger, tel Ahmad Moustapha Hussein,
double médaillé de bronze et médaillé d'argent aux JM d'Almeria
en 50 m, 100 m et 200 m dos. Mais malgré ses bons résultats
sur la scène internationale, il est absent des Mondiaux. Après
la sélection d'Ahmad par la Fédération égyptienne pour participer
à Montréal, il s'est excusé. « L'objectif majeur de la sélection
égyptienne de natation, c'étaient les JM d'Almeria. Donc, nous
avons atteint notre meilleur niveau le mois dernier en Espagne
et il est difficile de disputer une compétition d'un tel niveau
», souligne Salma Zeinhom, l'athlète la plus titrée des Jeux
arabes d'Algérie 2004, avec 9 médailles d'or et 3 d'argent.
|
Beaucoup de problèmes
|
Il est donc difficile de répondre à la question
: pourquoi l'Egypte ne possède-t-elle pas de nageurs de niveau
international comme l'Algérie et la Tunisie ? Car pour répondre
à cette question, il faut connaître en premier lieu l'atmosphère
sportive en Egypte qui manque de planification à long terme.
Et la natation, comme tout autre sport, fait partie de cette
mauvaise organisation. « Le grand problème est que l'Egypte
n'applique pas un seul système. Chaque entraîneur a un système
privilégié. Et lorsque l'athlète change d'entraîneur, il est
complètement perdu. Il faut que la Fédération égyptienne suive
une des écoles de la natation, soit l'allemande, la russe,
la suisse, soit celle des Etats-Unis. Et tous les clubs doivent
suivre ce système d'entraînement », souligne Khaled Awad,
ancien entraîneur de la sélection nationale. « Durant ces
dernières années, la Fédération égyptienne avait changé plusieurs
fois de directeur technique pour l'équipe nationale. En 2001,
c'était un Américain, en 2002 un Roumain, puis un autre Américain
et enfin un Russe. Durant cette période, il y avait plusieurs
entraîneurs égyptiens. Une chose qui affecte notre développement
», confie Salma Zeinhom.
Le manque de stabilité n'est pas le seul
problème qui handicape la natation égyptienne, il en existe
bien d'autres. En premier lieu, les contraintes scolaires.
Les nageurs égyptiens doivent effectuer deux entraînements
par jour, le premier à 6 heures du matin et le second vers
19 heures. Ce qui se répercute sur leur présence au lycée
ou à l'université. En second lieu, ils travaillent sans encadrement
réel. En Europe, le nageur bénéficie d'un encadrement technique
composé au minimum d'un directeur technique, d'un entraîneur,
d'un psychologue, d'un masseur et d'un médecin. « En Egypte,
l'entraîneur est responsable de plus de 5 nageurs, ce qui
affecte le niveau des entraînements », déclare Yasser Al-Faramawi,
ancien entraîneur de la sélection nationale. Enfin, en Egypte,
il n'existe pas de professionnalisme. La Fédération égyptienne
ne rémunère pas les athlètes. Donc, au bout d'un laps de temps
très court, les abandons sont nombreux. S'ajoute à cela que
les athlètes ne disputent aucun tournoi international pour
améliorer leur niveau et acquérir de l'expérience.
Ainsi, avec le système risqué appliqué par
la Fédération égyptienne et le manque de moyens financiers
pour envoyer les nageurs à l'étranger, la natation égyptienne
ne pourra jamais parvenir à un niveau international. D'autant
plus que c'est un sport qui demande une bonne organisation.
Il ne suffit pas donc d'avoir des athlètes talentueux
|
Doaa
Badr |
|
| Retour
au sommaire |
| |
|
|