Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

L'invité

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine

Président de la banque publique Misr et de l’Union des banques, Mohamad Barakat parle de la réforme du système bancaire et du problème des hommes d’affaires insolvables.
« La fusion des banques vise à créer des entités compétentes »
Al-Ahram Hebdo : Le gouvernement vient de mettre au point un plan de réforme du système bancaire. Quelles sont les grandes lignes de ce plan et quelle est votre propre vision concernant la modernisation des banques ?

Mohamad Barakat : Le développement du système bancaire s’inscrit dans le cadre d’un plan global sous la supervision de la Banque Centrale. Ce plan vise la restructuration complète des activités bancaires ainsi qu’une réforme financière et administrative. Le plan de développement concerne aussi les ressources humaines, le développement de leurs compétences, le recours à la technologie dans les différentes activités bancaires, l’évaluation des compétences, des profits, des produits, des succursales ou des clients. Les axes du développement incluent de même la restructuration et le développement des agences, y compris les services bancaires électroniques et les centres de services électroniques, tout en offrant de nouveaux produits allant de pair avec les besoins du marché et des clients. Par ailleurs, le plan général de la réforme du service bancaire accorde un intérêt particulier aux petites entités qui doivent adapter leur situation à la loi 88 de l’année 2003 soit en augmentant leur capital au minimum requis par la loi, soit à travers la fusion avec d’autres banques, y compris la fusion obligatoire de certaines banques qui ne peuvent pas adapter leur situation.

— Justement, on a dernièrement entendu parler de fusion obligatoire ou facultative entre les banques. Ceci est-il vraiment indispensable ?

— Le processus de fusion entre les banques vise à améliorer leur situation conformément à la loi 88 de l’année 2003 en ce qui concerne le capital minimum requis, le but étant de réaliser la complémentarité et créer des entités bancaires à la fois importantes et compétentes. En général, les fusions ont lieu non seulement entre les petites entités, mais aussi entre les grandes pour donner naissance à des géants. La complémentarité qui en résultera dans les activités et les services bancaires améliorera indubitablement les compétences concurrentielles. Signalons là qu’en Egypte, les banques publiques ne peuvent pas être classées parmi les géants si nous les comparons aux banques étrangères et internationales.

— Le gouvernement exerce des pressions sur les banques publiques afin qu’elles vendent leurs parts dans les banques mixtes à ces dernières. Pensez-vous que cela puisse leur porter atteinte sachant qu’elles abandonneront ainsi des investissements qui leur sont profitables ?

— La participation des banques publiques dans des banques mixtes émanait en premier lieu d’un souci de renforcement. Tout en réalisant une certaine complémentarité avec ces banques dont les activités étaient tournées vers les sociétés étrangères et conjointes. Sans nul doute, ces banques sont récemment devenues non seulement stables, mais également concurrentes pour les banques publiques. Aucune raison donc de maintenir leurs quotas. D’un autre côté, cette démarche s’inscrit dans le cadre du plan global de la réforme bancaire et d’une évaluation continuelle des investissements bancaires. Et ce, dans l’objectif de réaliser des bénéfices lors de la vente des quotas et leur utilisation dans le financement des programmes de réforme et de développement bancaires.

— Le gouverneur de la Banque Centrale a récemment déclaré que la Banque d’Alexandrie ne sera pas la seule à être privatisée et que les trois autres banques publiques (Nationale d’Egypte, Misr, Le Caire) le seront à leur tour. Or, cette annonce a été démentie le lendemain. Qu’en est-il réellement ?

— Il semble que les déclarations du gouverneur de la Banque Centrale aient été mal interprétées. La décision de privatiser la Banque d’Alexandrie est déjà prise et les démarches de vente doivent avoir lieu avant la fin 2005 selon des procédés professionnels et transparents. Quant aux autres banques publiques, un plan de réforme intégral leur est destiné dans le cadre d’un plan de restructuration et de développement du service bancaire en général sous l’égide de la Banque Centrale. Dans le cadre de ce plan, il y aura la privatisation des directions des banques ainsi que leurs restructurations financière et administrative afin de devenir concurrentielles sur le plan local et régional.

— Plusieurs critiques ont été adressées à la performance et la politique de crédits des banques publiques. Comment réagissez-vous ?

— J’aimerais dire que les banques publiques sont gérées conformément à des règles professionnelles transparentes loin des pressions à même d’affecter leurs politiques financière et créditaire. J’aimerais de même affirmer que la loi 88 de l’année 2003 octroie la liberté absolue aux conseils d’administration des banques dans la prise des décisions relatives aux affaires internes, y compris le statut et le système de travail.

— D’aucuns prétendent que des banques s’abstiennent d’octroyer des crédits aux nouveaux projets, bien qu’elles possèdent la liquidité requise. Qu’en dites-vous ?

— Ces allégations sont fausses. Les banques déploient de bons efforts pour offrir des facilités de crédit selon les règles bancaires connues. Sans doute, les banques ont connu une période difficile en raison des problèmes d’insolvabilité de plusieurs clients. Elles s’emploient actuellement à trouver des solutions pour régler et rééchelonner les dettes des insolvables. Tout en cherchant un meilleur placement de leurs fonds et en offrant des crédits sur des bases correctes.

— Pensez-vous que les dernières solutions trouvées au problème des crédits douteux et des hommes d’affaires insolvables sont suffisantes ? Quelle est votre évaluation de la situation ?

— La question du règlement des crédits douteux est en tête des priorités des banques dans le cadre du plan de restructuration et de réforme financière. Je pense que ceci doit avoir lieu à travers un suivi du remboursement par les clients de leurs dettes et de la manière dont ils utilisent les crédits qui leur sont octroyés. Mais en général, le règlement de ce problème se déroule d’une manière souple et objective. Or, dans certains cas, il est nécessaire d’injecter des sommes supplémentaires pour aider les clients à faire réussir leurs projets. Les banques sont dernièrement parvenues à des solutions pour le remboursement de grandes sommes dues par les hommes d’affaires. Ces solutions tenaient, d’une part, au recouvrement des droits des banques, et d’autre part, à prendre en considération les circonstances entourant chaque projet.

— Les banques étrangères ont récemment augmenté leur part, aux dépens des banques publiques, dans les activités bancaires. Quelles en sont les raisons et comment y faire face ?

— Au départ, il faut signaler que lorsque les banques étrangères ont entamé leurs activités en Egypte, elles n’avaient aucune entrave au niveau des investissements ou des dettes, contrairement aux banques publiques. Sans oublier que ces banques ont déployé des efforts importants afin d’attirer des cadres compétents des banques publiques en leur offrant de meilleurs postes et des avantages financiers. Quant aux banques publiques, elles adoptent actuellement des plans de réforme et de développement afin de relever ce défi, en améliorant leurs services et leurs produits. Plus encore, les banques publiques jouissent d’une présence géographique plus large dans les différents gouvernorats ainsi qu’une énorme base de dépôts leur permettant de financer les grands projets.

— Pensez-vous que la stabilité du marché des changes des devises étrangères se poursuivra ou connaîtra-t-il de nouvelles fluctuations ?

— Le cours des changes jouit d’une grande stabilité grâce aux politiques récemment suivies, y compris le système interbancaire. Ce qui a complètement mis un terme au phénomène du marché parallèle grâce à un taux de change fixe. Ce dernier a été obtenu en assurant les besoins du marché et des clients.

Cependant, la stabilité du cours des changes ne signpas la fixation de ce cours. D’autant plus que les prix dépendent en premier lieu de l’offre et de la demande. Cette stabilité est renforcée par la limitation des transactions aux chaînes légitimes comme les banques et les bureaux de change.

Propos recueillis par
Magda Barsoum
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631