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Commencée
dans les années 1990 dans le gouvernorat de Damiette, alors
dirigé par Ahmad Goweïli, la pisciculture alimente aujourd’hui
un débat houleux en raison des dégâts qu’elle provoque. L’idée
d’installer des cages pour la pisciculture était à l’époque
prometteuse au vu des résultats positifs de cette expérience
(préservation et développement des espèces de poissons ...)
observée dans des pays africains. La démarche permettait également
de créer des emplois. Mais en Egypte, l’initiative a vite tourné
au fiasco, avec la pollution des eaux qui en a découlé. « Bien
qu’elles aient accru la richesse piscicole et créé des emplois,
les cages destinées à la pisciculture ont occasionné l’apparition
de problèmes environnementaux, notamment à Damiette », explique
le chimiste Hamed Farrag, directeur du bureau de l’environnement
dans le gouvernorat de Damiette, pour qui les cages concernées
ont d’ailleurs entravé la navigation dès leur installation.
Puis, des examens effectués par des experts ont révélé que les
poissons élevés étaient impropres à la consommation. Une constatation
qui a été soutenue par un comité scientifique composé de représentants
du ministère de la Santé, de l’Irrigation et de l’Environnement,
des municipalités et de l’Organisme général pour le développement
de la richesse piscicole.
La pollution s’est
révélée venir du fait que les cages sont construites avec des
matières toxiques et engendraient une baisse du taux d’oxygène,
l’élévation du taux d’ammoniac et l’augmentation des matières
solides fondues dans l’eau. « Cela représente une menace sans
pareille pour la qualité de l’eau », explique le professeur
Moustapha Saïd, directeur du département de pisciculture au
sein du Centre des recherches sur le désert. Les examens chimiques
des productions piscicoles de ces cages ont par ailleurs démontré
l’existence d’une importante quantité d’hormones. « Cela est
dû à la nourriture donnée aux poissons, basée sur des déchets
de poulets transformés en poudre et contenant des hormones »,
indique le Dr Safaa Amin, professeur à la faculté d’agriculture
de l’Université de Tanta.
Face à ce constat,
l’actuel gouverneur de Damiette, Fathi Al-Baradéï, s’est trouvé
dans l’obligation de mettre fin à la pisciculture à partir du
20 juillet 2005. Une décision qui ne convainc cependant pas
des experts comme le Dr Magdi Tewfiq, président de l’Organisme
du développement de la richesse piscicole à l’Université d’Aïn-Chams.
Selon lui, la pollution du Nil est due, en premier lieu, aux
drainages industriels, agricoles et sanita
ires qui sont déversés
directement dans les eaux du fleuve sans le moindre traitement.
Il révèle que les cages de pisciculture ne sont pas toxiques
si leur nombre est limité et si elles respectent certaines normes.
« Il faut en fait choisir les lieux d’installation de ces cages
de sorte qu’elles soient à la fois loin du passage des navires
et des sources d’eau potable mais qu’elles ne soient pas non
plus situées dans des eaux stagnantes », avance le Dr Moustapha
Saïd, regrettant la radicalité de la mesure prise. |