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Pisciculture. Polluant gravement le Nil, l’activité a été interdite dans le gouvernorat de Damiette à partir du 20 juillet. Explications.
Fin d’une expérience

Commencée dans les années 1990 dans le gouvernorat de Damiette, alors dirigé par Ahmad Goweïli, la pisciculture alimente aujourd’hui un débat houleux en raison des dégâts qu’elle provoque. L’idée d’installer des cages pour la pisciculture était à l’époque prometteuse au vu des résultats positifs de cette expérience (préservation et développement des espèces de poissons ...) observée dans des pays africains. La démarche permettait également de créer des emplois. Mais en Egypte, l’initiative a vite tourné au fiasco, avec la pollution des eaux qui en a découlé. « Bien qu’elles aient accru la richesse piscicole et créé des emplois, les cages destinées à la pisciculture ont occasionné l’apparition de problèmes environnementaux, notamment à Damiette », explique le chimiste Hamed Farrag, directeur du bureau de l’environnement dans le gouvernorat de Damiette, pour qui les cages concernées ont d’ailleurs entravé la navigation dès leur installation. Puis, des examens effectués par des experts ont révélé que les poissons élevés étaient impropres à la consommation. Une constatation qui a été soutenue par un comité scientifique composé de représentants du ministère de la Santé, de l’Irrigation et de l’Environnement, des municipalités et de l’Organisme général pour le développement de la richesse piscicole.

La pollution s’est révélée venir du fait que les cages sont construites avec des matières toxiques et engendraient une baisse du taux d’oxygène, l’élévation du taux d’ammoniac et l’augmentation des matières solides fondues dans l’eau. « Cela représente une menace sans pareille pour la qualité de l’eau », explique le professeur Moustapha Saïd, directeur du département de pisciculture au sein du Centre des recherches sur le désert. Les examens chimiques des productions piscicoles de ces cages ont par ailleurs démontré l’existence d’une importante quantité d’hormones. « Cela est dû à la nourriture donnée aux poissons, basée sur des déchets de poulets transformés en poudre et contenant des hormones », indique le Dr Safaa Amin, professeur à la faculté d’agriculture de l’Université de Tanta.

Face à ce constat, l’actuel gouverneur de Damiette, Fathi Al-Baradéï, s’est trouvé dans l’obligation de mettre fin à la pisciculture à partir du 20 juillet 2005. Une décision qui ne convainc cependant pas des experts comme le Dr Magdi Tewfiq, président de l’Organisme du développement de la richesse piscicole à l’Université d’Aïn-Chams. Selon lui, la pollution du Nil est due, en premier lieu, aux drainages industriels, agricoles et sanita

ires qui sont déversés directement dans les eaux du fleuve sans le moindre traitement. Il révèle que les cages de pisciculture ne sont pas toxiques si leur nombre est limité et si elles respectent certaines normes. « Il faut en fait choisir les lieux d’installation de ces cages de sorte qu’elles soient à la fois loin du passage des navires et des sources d’eau potable mais qu’elles ne soient pas non plus situées dans des eaux stagnantes », avance le Dr Moustapha Saïd, regrettant la radicalité de la mesure prise.

Doaa Elhami

En bref
Wadi Al-Hitane

Le Comité du patrimoine mondial, présidé par le Sud-Africain Themba Wakashe, directeur général adjoint pour le patrimoine et les archives nationales, a inscrit Wadi Al-Hitane (la Vallée des Baleines), dans le gouvernorat du Fayoum, parmi les sept sites naturels sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Wadi Al-Hitane contient en fait des restes fossiles inestimables du plus ancien, et maintenant éteint, ordre des baleines archæoceti. Ces fossiles représentent l’une des étapes les plus importantes de l’évolution : les débuts de la baleine en tant que mammifère marin après avoir été mammifère terrestre. C’est le plus grand site au monde témoignant de cette époque de l’évolution. Il montre très clairement l’aspect et la vie de ces baleines pendant leur transition. Le nombre, la concentration et la qualité de ces fossiles sont uniques. Les fossiles d’Al-Hitane montrent des jeunes archæocètes, dans les dernières étapes de la perte de leurs membres postérieurs. Ils présentent déjà la forme corporelle typiquement hydrodynamique des baleines modernes, tout en conservant quelques aspects primitifs du crâne et de la dentition. D’autres fossiles présents sur le site permettent la reconstruction de l’environnemental et les conditions écologiques de cette époque.

 

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