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Arrestation. Les autorités égyptiennes ont affirmé que le chimiste Magdi Al-Nachar, accusé d’implication dans les attentats de Londres, n’avait aucun lien avec Al-Qaëda.

Affaire en suspens

Bassatine, quartier populaire du Caire. Un état de tristesse, d’inquiétude et d’étonnement caractérise la famille d’Al-Nachar, Egyptien accusé d’être impliqué dans les attentats de Londres.

Depuis l’annonce de l’arrestation de ce dernier, les médias égyptiens et étrangers ont envahi les lieux. Proches ou voisins de Magdi Al-Nachar témoignent.

L’homme est qualifié de pieux et d’ambitieux. Il ne pourrait apparemment en aucun cas avoir de relations avec des organisations terroristes. « Que Dieu aide Monsieur Magdi. Je suis sûre de son innocence », dit la concierge de l’immeuble.

Au troisième étage, l’appartement de l’accusé est fermé. Il est vide. Selon les voisins, les parents de Magdi ont été transportés à l’hôpital, secoués par l’annonce de l’arrestation de leur fils et aussi à cause de la pression médiatique. « Le choc était très fort pour eux. Ils n’ont pas pu supporter toute cette tension. Ce qui s’est passé est incroyable. Qui peut croire que Magdi, un jeune homme issu d’une famille modeste et pieuse et qui ne s’occupe que de ses études, puisse être impliqué dans une telle affaire ? », demande en pleurant Oum Karima,

une des voisines. Elle soutient mordicus que Magdi ne peut pas être un terroriste. Une autre femme parle de la famille de Magdi Al-Nachar en affirmant qu’il s’agit d’une famille respectable. Le père est à la retraite, la mère est malade, la sœur est mariée, quant au petit frère de Magdi, il est âgé de 28 ans et possède une licence en commerce. Ce dernier, pour ne pas rester au chômage, gagne sa vie en jouant de la musique dans les cérémonies de mariage. « Est-ce logique qu’un extrémiste permette à son frère de jouer de la musique ? », note la voisine. Et d’ajouter : « Magdi n’était pas engagé. Il n’a jamais fait partie d’aucune formation politique ou religieuse. Ni lui, ni aucun membre de sa famille. Il n’est pas barbu et ne porte pas la galabiya. Mais c’est quelqu’un de pieux. Pourquoi veut-on nous faire croire que toute personne qui prie à la mosquée doit être un terroriste ? ». Une réalité qu’appuie Hicham Abdel-Hamid, l’ami d’enfance de Magdi. « Même si c’est un pratiquant, il est ouvert d’esprit et rencontrait des jeunes filles de notre âge. Il n’a jamais appartenu ni à des groupes religieux ni à des formations politiques. C’est quelqu’un qui ne pense qu’à son avenir et ses études », insiste Hicham.

Le parcours

D’après le père et le frère de Magdi, ce dernier aurait été arrêté jeudi 14 juillet, alors qu’il sortait de son domicile pour se rendre à la mosquée.

Issu d’une famille modeste, Magdi Al-Nachar est né au Caire le 27 mai 1972. Il a d’abord été au lycée privé francophone Al-Horriya et a ensuite étudié la biochimie à l’Université du Caire, obtenant une maîtrise en 1994 et un master en 1998, avant de bénéficier d’une bourse pour un doctorat dans ses recherches grâce au Centre National des Recherches (CNR, institut gouvernemental égyptien).

Il se rend en 2000 aux Etats-Unis où il s’inscrit à l’Université North Carolina State University. Quelques mois plus tard, il décide de changer d’orientation et rentre au Caire pour un bref séjour d’un mois avant de partir pour Leeds en Angleterre où il décroche son doctorat en février 2005.

Les informations sont contradictoires en ce qui concerne les raisons du retour d’Al-Nachar en Egypte. La famille et les voisins parlent d’un séjour pour passer des vacances, tandis que le directeur du CNR a déclaré que Magdi devait travailler au centre début juillet.

Au cours des enquêtes, Magdi Al-Nachar a nié toute implication dans les explosions de Londres. Il a également affirmé qu’il était revenu en Egypte pour un mois et demi de vacances et qu’il comptait retourner en Grande-Bretagne pour reprendre ses études. Hicham Abdel-Hamid raconte que son ami était venu pour se remarier et emmener sa nouvelle femme à Leeds.


Le suspect reste en Egypte

La BBC a indiqué que le chimiste aurait confié les clefs de son appartement de Leeds aux terroristes, tout en soulignant que sa culpabilité restait à prouver. Si le FBI de la Caroline du nord a mené l’enquête, c’est pour la simple raison qu’Al-Nachar a été étudiant à la North Carolina State University en 2000.

Pour leur part, les autorités égyptiennes ont affirmé que Magdi Al-Nachar n’était pas lié à Al-Qaëda. Un communiqué publié par le ministère de l’Intérieur a indiqué que les informations publiées par les médias étaient sans aucun fondement et avec des déductions hâtives. Par ailleurs, les autorités égyptiennes ont nié les informations selon lesquelles des officiers de Scotland Yard spécialisés dans la lutte contre le terrorisme étaient arrivés samedi au Caire pour enquêter. De plus, l’Egypte a exclu une éventuelle extradition du jeune chimiste.

Le procureur général, Maher Abdel-Wahed, a assuré lors d’une rencontre avec une délégation de l’Ordre des avocats qu’Al-Nachar ne serait pas livré aux autorités britanniques. Il a indiqué que, selon la loi, puisque l’homme a été arrêté sur le territoire égyptien et qu’il est de nationalité égyptienne, il devait être interrogé et éventuellement jugé par la justice égyptienne. En outre, aucun pays n’a le droit de réclamer son extradition, puisqu’il n’existe pas d’accord judiciaire sur l’échange des criminels entre l’Egypte et la Grande-Bretagne.

Le président de l’Union des Egyptiens en Grande-Bretagne, Essam Abdel-Samad, avait pourtant affirmé que « les enquêtes britanniques ont prouvé que des bombes du même type utilisées lors des attentats de Londres ont été découvertes dans l’appartement du chimiste à Leeds ». Toutefois, les enquêteurs n’ont pas su déterminer si ces bombes appartenaient à Al-Nachar ou aux terroristes. Quoi qu’il en soit, les autorités égyptiennes ont insisté sur le fait qu’Al-Nachar ne sera pas transféré au Parquet puisqu’il n’est pas accusé officiellement. Le dossier reste ouvert .

May Al-Maghrabi
 

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