| La
semaine dernière, le Haut Commissariat d’Etat affilié au Tribunal
des partis a publié un rapport favorable à l’autorisation du
parti Al-Wassat. Ce rapport, rédigé par le magistrat Nazih Farid
Tanagho, vice-président du Conseil d’Etat, a critiqué la décision
du Comité des partis (instance chargée de l’autorisation des
formations politiques) qui a refusé d’accorder une licence à
Al-Wassat. Se basant sur les propositions du parti relatives
à la modification de la loi d’urgence et de celle des impôts,
le rapport a indiqué qu’Al-Wassat avait un nouveau programme
qui se distingue de ceux des autres partis.
Ce rapport,
qui sera probablement pris en compte par le Tribunal des partis,
dont le verdict est attendu en septembre, est venu consolider
la position des fondateurs du parti, en quête de reconnaissance
depuis 10 ans. « Nous n’allons pas attendre, après le verdict
nous allons tout de suite chercher un siège pour le parti et
achever les autres procédures administratives », s’enthousiasme
Aboul-Ela Madi, principal fondateur du parti.
En 1996, 1998 et
2004, le Comité des partis a rejeté tour à tour les demandes
présentées par les membres fondateurs pour officialiser leur
parti, sous prétexte que leurs programmes annoncés n’apportaient
aucune nouveauté. La réalité était toute autre. En fait, le
gouvernement craignait qu’Al-Wassat ne se transforme en parti
des Frères musulmans, étant donné que plusieurs membres fondateurs
appartenaient à la confrérie.
Pour rassurer,
les responsables de la formation ont augmenté le nombre de membres
femmes et coptes, recruté de nouveaux partisans dans les sphères
universitaires et intellectuelles, et changé à chaque nouvelle
demande le nom de leur parti. Des manœuvres qui se sont avérées
être convaincantes. Frustré face à l’obstination du Comité des
partis, Aboul-Ela a décidé de recourir au Tribunal des partis.
De son côté, le
chef du Comité des partis, Mohamad Moussa, a affirmé que le
comité respecterait la décision du tribunal qui, très probablement,
lui sera favorable. « La décision appartient à la justice. Si
la cour estime que le parti mérite d’être autorisé, une licence
lui sera accordée », a assuré Moussa.
Reste à savoir
si l’autorisation d’Al-Wassat ouvrira le chemin à la reconnaissance
d’autres formations politiques de tendance religieuse affichée.
Amr Hachem, analyste au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques
(CEPS) d’Al-Ahram et spécialiste des partis politiques, exclut
une telle hypothèse. Il rappelle que pour obtenir un statut
officiel, les fondateurs du parti ont tout fait pour prendre
leurs distances avec les islamistes. Cela a fini par payer. |