Le
conflit israélo-palestinien a atteint un tournant critique.
Israël a décidé de se retirer de Gaza et de la Cisjordanie
vers la mi-août prochain. Et les différentes factions palestiniennes
ont commencé à fonder les institutions capables de diriger
l’Etat palestinien souhaité. Si le mouvement international
se poursuit à ce même rythme, il est probable que nous témoignerons
du début du règlement d’un conflit qui est à l’origine de
l’escalade de la violence, des guerres et du terrorisme. Non
seulement au Proche-Orient, mais aussi au niveau international.
Les cercles de prise de décision en Occident ont reconnu que
le conflit au Proche-Orient était à la base de ce qui a eu
lieu tout au long du demi-siècle passé. Et certains hommes
politiques américains considèrent que l’invasion de l’Iraq
est une des répercussions de ce conflit. Si la communauté
internationale aspire à la stabilité, il faut qu’elle parvienne
à une solution radicale de cette question et compense les
Palestiniens pour les années qu’ils ont passées en exil et
dans les camps des réfugiés dans des conditions inhumaines.
Quand on parle de communauté internationale, il s’agit des
superpuissances qui sont directement responsables de ce qui
s’est passé. C’est sur leurs territoires que s’est déroulée
la seconde guerre mondiale pour prendre fin sur la terre des
Palestiniens. C’est là un des événements les plus étranges
de l’Histoire. Malgré tous les événements qui ont eu lieu
pendant un demi-siècle, ce sont toujours les Arabes qui prennent
l’initiative de la paix. Je pense qu’il n’est plus possible
pour Israël de poursuivre la méthode de tergiversation, de
compter sur la politique d’alignement absolu et inconditionné
ou celle de deux poids, deux mesures pour ce qui est de l’application
des résolutions internationales. Le 7e article de la Charte
des Nations-Unies a été mis en exécution dans le cas de l’Iraq,
alors que l’application des résolutions concernant le conflit
arabo-israélien n’a pas pris ce caractère d’obligation. Le
conflit s’est alors prolongé et les Arabes ont ressenti qu’ils
étaient toujours objet d’injustice. Cette situation a été
à l’origine de leur incapacité de naviguer de pair avec la
modernisation et le développement au niveau mondial et de
baser les pouvoirs sur les normes démocratiques. Il est temps
que les Arabes emboîtent le pas aux autres puissances. Mais
ceci est conditionné par l’instauration d’une paix juste et
d’un Etat palestinien indépendant, et par le retrait israélien
du Golan syrien. C’est là, seulement, que la communauté internationale
connaîtra la sécurité et la paix. Effectivement, la cause
palestinienne est le noyau de toutes les causes actuelles
et une résolution juste pour cette cause signifie la propagation
d’une justice réelle partout dans le monde.