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RD Congo. Un mini-sommet réunissant à Kinshasa les voisins du Congo s’est prononcé pour le désarmement des rebelles rwandais et la poursuite du processus de transition.

Préoccupations sécuritaires

Une semaine après le massacre de trente civils dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC), dont les rebelles des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) ont été rendus responsables, les présidents de la RDC, Joseph Kabila, du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, de l’Angola, Edouardo Dos Santos, et du Gabon, Omar Bongo, se sont réunis pour discuter du désarmement des rebelles et de la transition politique en RDC.

A l’issue de ce mini-sommet qui s’est tenu à Kinshasa, les chefs d’Etat se sont prononcés pour le désarmement forcé des rebelles rwandais basés depuis 11 ans dans l’Est de la RDC et à l’origine des violences dans cette région troublée du pays. Le communiqué final signale « l’urgence du désarmement forcé des milices et des groupes armés » dans l’Est de la RDC, réaffirmant la décision du Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine (UA) tenu le 10 janvier dernier à Libreville. Les chefs d’Etat « condamnent et mettent en garde » tous ceux qui se livrent aux massacres et au maintien d’un climat d’insécurité dans la partie Est de la RDC.

Les rebelles rwandais, estimés à environ 12 000 dans les provinces du Sud et Nord-Kivu dans l’Est du Congo, continuent ainsi de constituer le principal obstacle pour l’établissement de la paix dans la région. Ils sont accusés par le gouvernement rwandais de menacer sa sécurité. En même temps, ils sont pointés du doigt par les Congolais de massacrer, piller, enlever et violer sur leur territoire.

En outre, le président du Congo-Brazzaville, Sassou Nguesso, a affirmé que l’Afrique centrale était en train de mettre sur place une brigade pour le pacte de défense commune de l’UA, et à priorité pour le maintien de la paix dans l’Est de la RDC. Sassou Nguesso a indiqué que l’UA se mettait du côté de la Mission de l’Onu en RDC (Monuc) et des forces armées congolaises, pour aider à résoudre le problème des « actions néfastes » des groupes armés dans cette région du pays. Il s’agit d’« une décision de l’UA à travers son Conseil de paix et de sécurité », a expliqué M. Sassou, qui est aussi le président en exercice de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC).

Sur la base du pacte de défense commune de l’UA, chaque sous-région doit mettre sur pied l’équivalent d’une brigade, soit cinq brigades pour l’UA, pour le maintien de la paix. M. Sassou a noté que le processus de mise en place de cette brigade était en cours en Afrique centrale et qu’une fois cette brigade constituée, elle pourrait jouer un rôle en Afrique centrale et en RD Congo.

Les consultations seront menées dans cette direction avec l’UA et les autres partenaires, dont l’Onu et l’Union européenne, pour qu’ils donnent les capacités à l’Afrique centrale à résoudre le problème de la RDC.

Outre la question problématique du désarmement des rebelles, la RDC, engagée depuis 2003 dans une fragile transition politique, initialement censée s’achever le 30 juin dernier par des élections générales et qui a été prolongée (jusqu’en décembre 2005), fait face à une autre difficulté majeure, celle de la tenue d’élections générales, aboutissement du processus de transition. Et c’est justement en raison du retard dans le processus électoral que la transition a été prolongée. Toutefois, les deux questions semblent étroitement liées. Le ministre congolais des Affaires étrangères, Ramazani Baya, a ainsi indiqué que sans la résolution du problème des rebelles rwandais, il n’y aurait pas d’élections libres et transparentes dans l’Est de la RDC.

En outre, le sommet s’est contenté de se féliciter de l’avancement du processus d’enregistrement des électeurs en RDC, lancé le 20 juin dernier à Kinshasa. Les chefs d’Etat ont exprimé leur « soutien sans réserve » aux institutions de la transition, ont dénoncé toute tentative de déstabiliser la RDC et ont appelé le peuple congolais, en particulier ses acteurs politiques, à mettre tout en œuvre pour parachever le processus de transition par la tenue des élections dans le délai constitutionnel du 30 juin 2006 au plus tard.

Toutefois, de nombreuses difficultés politiques persistent. En effet, à la veille du sommet, un principal parti d’opposition, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) d’Etienne Tshisekedi, a conditionné sa participation au processus électoral en cours à leur « crédibilité ». « L’UDPS s’exclut ou s’auto-exclut maintenant de l’opération d’enregistrement d’électeurs à cause des anomalies ou des irrégularités », a déclaré l’un des responsables du parti, qui a également estimé que le processus d’enregistrement d’électeurs a pour seul but de justifier la prolongation de la transition .

Abir Taleb

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