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Indonésie. Après 30 ans de conflit, le mouvement rebelle d’Aceh libre (GAM) et Jakarta sont parvenus à un accord de principe visant à rétablir la paix dans la région d’Aceh.

Un air d’apaisement

C’est au cours du soixantième anniversaire de l’indépendance de l’Indonésie, le 17 août prochain, que sera signé un accord de paix historique entre le gouvernement indonésien et les rebelles séparatistes du Mouvement Aceh libre (GAM). En effet, à la suite d’un cinquième cycle de négociations tenu à Helsinki, la capitale finlandaise, vendredi et samedi derniers, les délégations du Mouvement Aceh libre et du gouvernement indonésien se sont mises d’accord sur un traité de paix de principe qui doit ramener la paix dans la province indonésienne d’Aceh. Le traité de paix établira une solution pacifique et substantielle mettant fin à un conflit ayant fait quelque 15 000 victimes depuis la naissance de la guérilla séparatiste en 1976. « Nous avons atteint une compréhension mutuelle sur l’ensemble des points contenus dans le protocole d’accord. Naturellement, certains points doivent encore faire l’objet de discussion », a déclaré le ministre indonésien de la Communication, Sofyan Djalil. Ce qui laisse sceptiques un certain nombre d’observateurs d’autant plus que des obstacles restent à franchir d’ici la signature officielle de l’accord de paix. De même, aucun détail de l’accord n’a été rendu public. Les négociateurs des deux côtés indiquent simplement que le texte, censé être rédigé par la Crisis Management Initiative (CMI) qui a organisé les négociations et qui est dirigée par l’ex-président finlandais Martti Ahtisaari, concernera la gouvernance de la province d’Aceh et plus précisément la participation politique des rebelles, les questions des droits de l’homme, l’amnistie, la réintégration des rebelles dans la société, les problèmes de sécurité et les différends territoriaux. Autant de questions délicates auxquelles s’ajoute celle de la démilitarisation de la province. Ce sujet a d’ailleurs occupé une place cruciale au cours des négociations. « Une fois le désarmement achevé, les TNI (Forces armées indonésiennes), n’auront plus besoin de rester très longtemps à Aceh, et un plan (fixant les modalités de l’accord) a été approuvé par les parties », a indiqué le vice-président indonésien, Yusuf Kalla. Par ailleurs, la question de la participation politique reste « la plus disputée », selon Sofyan Djalil. « Les Indonésiens ont reconnu en principe la nécessité d’avoir des partis politiques à Aceh, mais ils disent que cela ne peut se produire immédiatement », a indiqué Nur Djuli, l’un des négociateurs du GAM. Cette question épineuse irrite les autorités indonésiennes d’autant plus qu’elle peut constituer une atteinte à la Constitution indonésienne qui exige des formations politiques qu’elles aient leur siège à Jakarta et soient représentées dans au moins la moitié des 32 provinces du pays. Pour sa part, le GAM conditionne tout règlement plausible du conflit à la démocratisation de la province et au droit de former des partis politiques sans représentativité nationale.

Les deux parties se sont en outre mises d’accord sur la nécessité de créer une mission de surveillance pour la mise en place de cet accord qui devait être dirigée par l’Union Européenne (UE) et un certain nombre d’Etats asiatiques, ce qui marque une nouvelle intention décisive de donner un nouvel élan au processus de paix. « Si tout va bien, nous serons prêts à envoyer des observateurs dès que l’accord sera signé », a déclaré Cristina Gallach, porte-parole du Haut Représentant pour la politique étrangère de l’UE, Javier Solana. Ce dernier devrait se rendre en Indonésie la semaine prochaine, a-t-elle ajouté.

Reste à espérer que d’ici la mi-août, les deux parties parviendront à régler les questions en suspens. Pour cela, il faudra sans doute que la communauté internationale, qui n’a commencé à se pencher à cette question qu’à la suite du tsunami du 26 décembre dernier, continue à exercer des pressions dans ce sens.

 
Lydia Ali
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