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Salaires.
Une hausse de 20 % vient d’être accordée aux fonctionnaires.
Mais cette décision ne fait que souligner les déficiences
du système sur la question. Explications. |
| Un geste
en trompe-l’œil |
Les
traitements de quelque 6 millions de fonctionnaires devraient
être augmentés dès le mois prochain. C’est la décision prise
par le gouvernement en cette année d’élections présidentielles.
Cette augmentation sera de 20 pour cent sur le salaire de
base des fonctionnaires, compris entre 20 et 30 % du salaire
total. Ainsi, un universitaire touche à la base 180 L.E.,
puis 1 000 L.E avec primes et bonus.
Le gouvernement
qui augmente traditionnellement les traitements de 10 % tous
les ans (avec un plafond de 75 L.E.) a donc cette fois mis
la main à la caisse. Même si en raison de l’élévation enregistrée
du coût de la vie ces dernières années, le changement ne sera
pas énorme pour les bénéficiaires. Ce qui pousse Mona Amer,
professeure d’économie à la faculté des sciences politiques
de l’Université du Caire et auteure d’une étude sur le marché
du travail, à contester cette manière de procéder. « Je ne
comprends pas qu’un système d’augmentation de salaire soit
basé sur un pourcentage fixe chaque année. Il faut que l’augmentation
des salaires aille de pair avec l’inflation. En général, les
salaires en général doivent être liés à deux critères : l’inflation
et la productivité », indique-t-elle.
Car le problème
réside en Egypte dans le fait qu’il n’existe aucun rapport
entre le coût de la vie et les salaires. Par exemple, le principe
« à travail égal, salaire égal » n’existe pas sur le marché
du travail. Un professeur dans le secondaire peut ainsi toucher
150 L.E. s’il travaille dans une école publique. Le même professeur
pourra toucher des milliers de L.E. dans une école internationale
privée. Chez les fonctionnaires, les différences de traitement
peuvent aussi être énormes. « Ceux du ministère du Pétrole
touchent plusieurs fois ce que touchent leurs homologues du
ministère de l’Education ou encore de la Santé », explique
Mona Amer.
Aucun
texte ne prévoit en fait de salaire minimum en Egypte, bien
que le pays ait ratifié en 1960 et 1976 deux conventions sur
le sujet avec l’Organisation Internationale du Travail (OIT).
Le gouvernement a ainsi créé un Conseil national des salaires
comme une solution au problème et promulgué une loi unifiée
sur le travail en 2003. Or, créé depuis 18 mois, l’effet de
ce conseil est imperceptible. Sa seule activité est de veiller
au sein des entreprises privées à l’augmentation minimum de
7 % du salaire des employés. A savoir qu’il reçoit les demandes
des entreprises privées dans l’incapacité de verser les augmentations
et examine leur situation afin d’approuver ou de refuser les
demandes. Bien entendu, les emplois saisonniers ne sont pas
concernés par cette augmentation.
Il est donc difficile de compter
sur le Conseil national des salaires pour ajuster les salaires
en Egypte. Surtout que son rôle n’est que consultatif. Selon
Héba Al-Leissi, professeure d’économie à l’Université du Caire,
l’ajustement du système des salaires en Egypte est un processus
qui prendra du temps mais qui est indispensable. « Il faut
notamment restructurer l’administration publique tout en augmentant
la productivité des ouvriers », dit-elle.
La majorité des pays développés
possèdent un mécanisme plus ou moins efficace pour ajuster
les salaires aux prix. En Italie, par exemple, les salaires
sont augmentés en fonction de l’inflation. En France, les
syndicats négocient avec le patronat l’augmentation des salaires.
Mais bien que l’Egypte ait ratifié en 1957 la convention de
l’OIT sur la liberté syndicale, les négociations collectives
et les relations professionnelles, la loi du travail restreint
toujours le droit aux négociations de ce type.
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| Marwa Hussein |
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Les faux
calculs
de l’inflation
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Les prix des biens et des services ne cessent
de grimper. Ils ont connu une augmentation considérable au
cours des 2 dernières années, suite à la libéralisation du
taux de change en janvier 2003. « Aujourd’hui, j’hésite avant
de faire mes courses chez l’épicier. Et je fais bien mes comptes
avant de commander », se plaint Magda, employée et mère de
famille. Car les prix d’un grand nombre de denrées alimentaires
ont connu une hausse allant de 50 à 100 % . Les exemples sont
légion. Un kilo de fromage Feta se vend aujourd’hui à 16 L.E.,
alors qu’il se vendait à 8 L.E. il y a deux ans, un kilo de
fromage grec a atteint les 28 L.E., contre 16 L.E. Le litre
de lait a dépassé les 4 L.E., alors qu’il se vendait auparavant
à 2,50 L.E. Quant à la viande, elle est passée de 20 L.E.
le kilo à 30 L.E.
Les chiffres officiels de l’inflation ont
par contre enregistré une augmentation limitée. Selon l’Organisme
central de mobilisation et des statistiques (CAPMAS), l’inflation
a atteint 4,7 % en avril 2005. Elle était de 4,3 % en 2003
et de 5 % en 2004. Mais ces chiffres sont loin de refléter
la réalité, comme l’a avoué Mahmoud Mohieddine, actuel ministre
de l’Investissement, lorsqu’il était chef de la commission
économique du Parti National Démocrate (PND, au pouvoir).
Il explique : « A titre d’exemple, l’indice des prix du transport
ne comprend que les prix des moyens de transport public sans
inclure les prix des microbus et des autres moyens de transport
largement utilisés par les pauvres ». Un indice d’inflation
officiel mais plus réaliste peut être pris en considération
pour avoir une idée réelle de l’inflation, celui des prix
du marché en gros. Ce chiffre est passé de 1,3 % en 2001 et
de 4,5 % en 2002 à 14,3 % et 17,2 % en 2003 et 2004 respectivement,
selon les chiffres du CAPMAS. Si on admet ces chiffres, tant
redoutés par les économistes, les salaires réels en Egypte
n’ont en fait que régressé. Et les prochaines augmentations
ne toucheront que le salaire de base, lequel ne représente
dans le meilleur des cas que 50 % du salaire total (voir principal)
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M. H. |
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