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La réforme en Egypte
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Par
Tarek Mansour
Expert en gestion |
On ne peut pas nier que la
scène politique en Egypte témoigne d’un grand
changement positif. L’amendement de l’article
76 de la Constitution a fait renaître l’espoir
du citoyen en une vie plus digne. Et ce, malgré
l’opinion de certains partis de l’opposition
qui n’ont pas accueilli favorablement ces changements.
En tout cas, il y a une chose importante à saisir
: quelles que soient nos divergences, il ne
faut jamais recourir à des forces étrangères
ou ennemies dont l’hostilité à l’égard des pays
arabes et musulmans est bien connue, pour servir
ses propres intérêts. Ceci est très dangereux.
Hélas, on a appris récemment que certaines ONG
reçoivent clandestinement des aides américaines
afin de nuire à l’unité nationale du pays. Cette
nouvelle est vraiment décevante. Je ne veux
pas dire par l’unité nationale la cohésion entre
les musulmans et les chrétiens uniquement mais
entre les différents membres de la société égyptienne
en général. Les Etats-Unis ont d’un autre côté
permis à certaines parties de s’approprier des
chaînes satellites pour attaquer notre pays
et répandre des idées qui portent atteinte à
notre unité et à notre cohésion. Et ce, sous
le label de la liberté d’expression. S’ajoute
à ceci le fait que Washington ne cesse de menacer
de lier les aides qu’il nous présente aux réformes
qui doivent être faites à l’américaine. Sans
compter le fait qu’il manipule les résolutions
de la légitimité internationale lorsqu’il s’agit
des questions arabes ou égyptiennes. Prenons
l’exemple iraqien comme modèle. L’ingérence
américaine dans ses affaires n’a conduit qu’à
un bain de sang qui coule toujours. Ce qui est
vraiment attristant est que certains citoyens
ne font aucun cas de ce danger qui nous guette,
et sortent dans les rues pour condamner et menacer
d’une manière brutale et incivile sous prétexte
de la liberté d’expression. Ces citoyens se
rappellent uniquement qu’ils ont le droit de
s’exprimer librement — un droit prévu par la
Constitution — mais oublient qu’il faut s’exprimer
d’une manière civilisée. Ils ignorent les dangers
qui menacent le pays. Ils traitent les forces
de sécurité comme étant des ennemis et non pas
des personnes chargées de leur protection. Cette
tranche de la population offre ainsi une chance
précieuse à nos ennemis pour humilier l’Egypte
sur le plan international. Elle détruit les
efforts que la diplomatie égyptienne a déployés
au cours de 30 ans environ, c’est-à-dire depuis
la guerre d’Octobre 1973. Au présentateur qui
lui a posé un jour cette question au cours d’une
interview à la télé : Que faites-vous si vous
découvrez que vous avez pris une décision erronée,
est-ce que vous vous rétractez ? Le président
Moubarak a répondu : « oui, et je corrige la
faute ». Une réponse qui ne peut pas sortir
de la bouche de nombreux dirigeants arabes.
Je veux dire tout simplement que celui qui n’a
pas quitté l’Egypte un jour ne peut pas savoir
ce qui se passe ailleurs. Il suffit de dire
que la marge de liberté d’expression accordée
au peuple égyptien depuis la fin des années
1990 et jusqu’à présent ne se trouve dans aucun
autre pays arabe. Dans ce contexte, il ne faut
donc pas se référer aux médias étrangers qui
essayent de nous déstabiliser et qui tentent
de nous faire perdre notre confiance en nous-mêmes
et en notre gouvernement. Reste à dire que nous
devons avoir plus de confiance en notre gouvernement,
et en notre capacité à construire notre avenir.
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