Al-Ahram
Hebdo : Votre ambition est de remporter le titre individuel
de championne du monde. Parlez-nous de votre parcours ...
Ranim
Al-Wélili : Je
planifie cela depuis longtemps dès l’âge de 13 ans, où
j’ai participé à cette compétition et joué en championnats
du monde des moins de 19 ans. La première fois, c’était
en 2001. J’ai été éliminée des premiers tours mais j’ai
voulu dépasser la panique de m’opposer aux joueuses plus
âgées que moi. En 2003, j’ai réalisé un grand progrès
et j’ai été éliminée des quarts de finale. A partir de
ce moment-là, j’ai gagné en confiance et certainement
en expérience. Durant cette période, j’ai participé à
de nombreux tournois internationaux, mais les championnats
du monde sont toujours différents, car toutes les vedettes
tiennent à y figurer. Lors de l’édition 2005, je pars
pour remporter le titre.
— Vous
avez consulté le calendrier de la compétition sur Internet.
Pensez-vous que votre mission sera aisée ?
— En fait,
disputer les championnats du monde est un véritable parcours
du combattant, très long, puisque 128 joueuses y participent.
Un long trajet qui exige que la joueuse soit habituée
à arriver en finale dans les tournois pour ne pas être
fatiguée. Quant à mes adversaires, la seule entrave à
la réalisation de mon rêve est la joueuse indienne Joshna.
J’ai joué une fois contre elle il y a 5 ans et elle m’a
battue. Elle est dotée d’une excellente condition physique
et son jeu se base sur les différentes techniques de jeu.
Fait rare concernant les joueurs étrangers qui comptent
seulement sur leur rapidité et leur condition physique.
J’ai beaucoup travaillé, j’ai beaucoup souffert et je
veux remporter le titre qui me permettra d’entamer sérieusement
mon challenge en catégorie dames avec beaucoup de confiance.
— Comment
qualifiez-vous votre jeu ?
— Je suis
connue pour ma rapidité en plein court. Cependant, j’aime
beaucoup donner la priorité à ma technique de jeu. Je
n’aime pas gaspiller mes tirs, je pense bien avant de
tirer. A mon avis, mon seul défaut est le manque de concentration.
Parfois, je me perds.
— Comment
vous êtes-vous préparée à cette compétition ?
— Je m’entraîne
avec la sélection depuis 2 mois mais personnellement,
j’ai fait le tour de 3 tournois internationaux : l’Open
de France, l’Open des Pays-Bas et la WISPA. Tournée au
cours de laquelle j’ai terminé finaliste et de l’Open
de France. Mais j’ai été éliminée des premiers tours lors
de l’Open des Pays-Bas puisque le top 10 dames était là-bas.
— Vous
progressez suffisamment dans votre classement mondial
WISPA, c’est-à-dire que vous participez à un nombre précis
de tournois par an. Qui paye vos déplacements à l’étranger
?
— Je n’ai
pas de sponsors. Mes parents me payent les billets d’avion
et l’hébergement. Je dois participer à 6 ou 7 tournois
par an. La fédération m’a offert une seule fois le transport
et mon club alexandrin, Sporting, essaye de m’aider en
me payant deux fois par an la moitié des frais de transport.
J’estime que la fédération et mon club font de leur mieux,
mais leurs capacités sont limitées. Je suis triste, car
le ministère de la Jeunesse ne prête attention qu’au football
et à ses vedettes, alors qu’en 2003, lors des championnats
du monde juniors, nous étions 6 joueuses en quarts de
finale, ce qui représente un record mondial sans précédent.
Mais personne ne s’est intéressé à nous. Le squash est
malheureusement négligé.
— Cinq
joueuses sur six qui partent à cette édition des championnats
du monde sont alexandrines. Quel en est le secret ?
— Mon club
Sporting d’Alexandrie accorde un grand intérêt au squash.
Nous sommes le fruit de nombreuses années de travail.
Mais malheureusement, la génération qui nous succédera
manque de talent et les autres futures vedettes sont des
Cairotes comme Nour Assaad et Salma Hussein. De toute
façon, je suis fière du squash féminin égyptien et nous
serons là pour longtemps l |