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Paroles d'un diplomate. Soad Chalabi, ambassadeur d’Egypte à Helsinki, n’est tombée amoureuse de la Finlande qu’une fois sur place.
Une Egyptienne sur les rives baltes
Helsinki, De notre envoyée spéciale —
Femme, diplomate, épouse de diplomate. Trois types de vocations, faut-il choisir entre elles ? Soad Chalabi, elle, a su comment mener de front ces trois aspects de son vécu. Depuis toujours elle voulait représenter son pays, et « je le faisais lorsque j’étais étudiante à la faculté des sciences politiques en recevant des délégations étrangères ». Une fois au ministère des Affaires étrangères, elle pensait que son rêve allait finalement se réaliser. Mais elle ne savait pas qu’elle devrait aussi faire face à tous les obstacles possibles, même si c’est dans les mêmes locaux qu’elle rencontre son futur mari. Diplomate lui aussi. Soad a été obligée de prendre congé pour l’accompagner à l’étranger, surtout que c’était l’époque du ministre Mamdouh Riyad, et les femmes diplomates ne pouvaient pas partir à l’étranger. Les choses ont ensuite changé. Les femmes diplomates ont commencé à se battre pour leurs droits. Mais restaient toutes les difficultés inhérentes à ce statut difficile.

Soad Chalabi, quant à elle, obtiendra son premier poste à Montréal. « J’étais nommée premier secrétaire à l’ambassade égyptienne pour 4 ans ». Paradoxalement, son mari obtient dans le même temps un poste en Inde. « Je pense que le ministère comptait sur quelqu’un de nous deux pour se retirer. Mais mon mari et moi, nous avons accepté ce défi et nous sommes partis dans deux coins fort éloignés », se souvient-elle avec un sourire qui éclaircit son visage. Peu de temps après, elle obtient le titre d’ambassadeur en Mozambique et enfin en Finlande. Choc, mécontentement. Elle ne le cache pas. « Je m’attendais à être désignée dans un pays beaucoup plus grand, surtout que je m’approche de la fin de ma carrière et que je dirige 40 fonctionnaires au ministère ». Soad, qui parle parfaitement le portugais, souhaitait partir au Portugal ou en Espagne, peut-être aussi au Japon comme elle a « de très bons contacts là-bas », et non pas dans un pays où elle a sans succès tenté d’apprendre sa langue. « J’étais déçue. Je me disais que c’est un pays qui n’a pas un rôle important sur la scène internationale ». Mais une fois à Helsinki, les choses ont changé. D’abord, c’étaient ses collègues à l’ambassade. « Cela se passe super-bien entre nous. Ils m’ont beaucoup aidée à s’adapter au pays que je trouve vraiment beau. Une société très ouverte au monde et un peuple timide assez introverti mais très aimable ». C’est l’hiver qui lui fait plus de peine. Lorsqu’il fait tout noir presque 24 heures sur 24. C’est au début de cette saison qu’elle préfère partir en vacance. Puis c’est la tombée de la neige. L’horizon devient plus lumineux. « Ce qui satisfait le diplomate, c’est le résultat. C’est-à-dire l’amélioration des relations entre les deux pays ». Les Finlandais sont très ouverts à l’égard de l’Egypte et du monde arabe. « Malheureusement, ceci n’est pas réciproque. Notre réaction est beaucoup plus faible que leur initiative ». La Finlande n’a-t-elle pas choisi l’Egypte comme amie pour le processus d’Helsinki, qui trace une vision du monde pour 2050 ? Elle se demande pourquoi ce pays ne sert pas de modèle pour l’Egypte à la place des Etats-Unis. « Un pays qui n’a pas de ressources naturelles, ni une richesse énorme, mais qui a réussi à faire en 30 ans un bond économique. Il dépense 3,7 % de son PIB sur les recherches scientifiques. C’est un record avant le Suède et Israël. Ils ont créé leur propre richesse en comptant sur les ressources humaines ».

Un peuple qui rêve de soleil. On compte entre deux et trois vols hebdomadaires à destination de l’Egypte .

Samar Al-Gamal

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