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ONU. Alors que l’Assemblée générale a entamé lundi un débat sur l’élargissement de l’organisation, les Etats africains tentent de s’exprimer à l’unisson pour obtenir une meilleure représentation de leur continent.
L’Afrique cherche une place

Malgré le consensus apparent des Etats africains lors du sommet de Syrte, la semaine dernière, concernant la réforme des Nations-Unies et la place de l’Afrique, rien n’est encore gagné pour les Africains. En effet, le débat qui s’est ouvert lundi à l’Assemblée générale de l’Onu à la demande du G4 (Allemagne, Brésil, Inde, Japon), un autre groupe désireux d’obtenir quatre sièges permanents dans un Conseil de sécurité élargi, s’annonce difficile. Outre le projet africain, décidé à Syrte et qui doit être déposé officiellement auprès du Conseil de sécurité ce mercredi, en vue d’un éventuel vote, selon l’ambassadeur d’Algérie, Abdallah Baali, il existe deux autres projets concurrents.

Pour l’instant, l’Afrique dispose de trois sièges non permanents tournants au Conseil de sécurité, mais l’Union Africaine (UA) désire deux sièges permanents avec droit de veto et cinq sièges non permanents pour un conseil à 26 membres au total. Un projet qui ne cadre pas totalement avec les deux autres. D’abord, il y a celui du G4, qui prévoit d’élargir le Conseil à 25 membres, en créant six nouveaux sièges permanents sans droit de veto et quatre non permanents. Les réclamations africaines se rapprochent le plus de celles du G4, à la différence majeure que les pays africains n’auront pas de droit de veto.

Le troisième projet est celui du groupe Unis pour le consensus, emmené par des rivaux régionaux du G4 (Italie, Pakistan, Mexique). Son projet de résolution consiste en l’élargissement du Conseil à 25 membres mais sans nouveau siège permanent. Les dix nouveaux sièges seraient tous non permanents, leurs titulaires seraient élus pour des mandats de deux ans comme actuellement mais avec possibilité d’une réélection immédiate, contrairement à la règle actuelle, et selon un système de rotation. Ce projet a certes l’avantage de ne pas susciter de rivalités entre Africains, mais le système de rotation est d’ores et déjà rejeté par les Africains qui ont affiché leur « ferme détermination à faire triompher, dans l’unité et la solidarité, notre position commune afin que l’Afrique puisse choisir ses représentants au Conseil de sécurité pour agir en son nom et pour son compte ». Quelles chances donc pour l’Afrique alors que se multiplient les projets et que s’opposent les intérêts ? Pour l’heure, les choses semblent compliquées. Et c’est surtout le veto qui pose problème, car la plupart des membres permanents actuels du Conseil refusent catégoriquement de partager ce privilège. « Toute réforme de l’Onu doit prendre en compte l’importance de la place qu’occupe actuellement le continent africain à l’échelle internationale, en raison, entre autres, du nombre important des voix qu’il compte au niveau de l’Assemblée générale » des Nations-Unies, a souligné Alpha Omar Konaré, président de la Commission de l’UA.


Consensus et désaccords

Ainsi, comme l’a déclaré l’ambassadeur d’un pays africain à l’Onu, « Nous sommes dans une phase très délicate ». Pour l’heure, les Africains se contentent de batailler pour obtenir une meilleure représentation à l’Onu. L’UA œuvre actuellement dans ce sens. Quant à la désignation des pays appelés à siéger au Conseil de sécurité, une question afro-africaine, elle se fera plus tard. Cette décision ne cache cependant pas les rivalités sous-jacentes. Et l’UA n’a pas discuté du mode de sélection de ces deux pays que les Africains veulent voir parmi le club fermé des membres permanents. Jusqu’ici, 6 pays africains au moins sont candidats, à savoir l’Afrique du Sud, l’Egypte, le Nigeria, le Sénégal, le Kenya et l’Angola. (Voir encadré). La désignation se fera d’ici septembre prochain à l’ouverture de l’Assemblée générale de l’Onu .

Abir Taleb

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3 questions à Happy HL Mahlangu, ambassadeur d’Afrique du Sud au Caire.

Al-Ahram Hebdo : Quel est l’intérêt pour l’Afrique d’une éventuelle réforme de l’Onu ?

Happy HL Mahlangu : La réforme des Nations-Unies et son élargissement représentent une grande chance pour l’Afrique. Lors de la création des Nations-Unies, le nombre de membres du Conseil de sécurité a été décidé en fonction des réalités politiques de l’époque. C’est pour cela que les pays africains n’avaient aucune chance d’y prendre part. Aujourd’hui, il est temps de réformer ce conseil et il est temps que l’Afrique soit représentée par deux membres permanents, comme nous l’avons demandé.

— Les Africains se sont montrés unis concernant cette réclamation lors du sommet de l’Union Africaine (UA). Il n’empêche que des divergences existent quant au choix des candidats. L’UA va-t-elle les désigner en fonction de critères particuliers ?

— Je ne peux pas dire qu’il y a des critères déterminés par l’UA pour cette sélection. Mais je pense que pour qu’un pays soit membre du Conseil de sécurité, il doit être capable et prêt à faire beaucoup de choses. L’Egypte, par exemple, est un pays de poids, des points de vue économique, militaire et historique. Elle peut être alors qualifiée pour occuper l’un de ces sièges. Mais il n’empêche qu’un autre pays peut être désigné.

— Pour quelle raison l’Afrique du Sud pourrait être, à votre avis, un bon candidat et quelles démarches Pretoria entreprend-elle pour sa candidature ?

— L’Afrique du Sud est un pays qui se distingue par son rôle dans le maintien de la paix sur le continent africain. Nous disposons d’une économie stable et florissante. Nous croyons que nous pouvons avoir un rôle prépondérant au Conseil de sécurité tout comme l’Egypte et le Nigeria. Mais nous n’avons pris aucune démarche particulière à ce sujet, puisque le processus de sélection des pays candidats sera essentiellement fixé par l’UA. Ensuite, il faudra passer par les cinq membres permanents qui doivent ratifier cet élargissement. Les pays candidats n’ont vraiment pas beaucoup de rôle à jouer .

 

Propos recueillis par
Aliaa Korachi

 

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