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Kiosque. Indignée par l’assassinat du chef de la mission diplomatique en Iraq, Ihab Al-Chérif, la presse égyptienne de la semaine dernière débordait d’articles sur le sujet.
Indignations et accusations

« Rendez-vous avec l’enfer ». C’est sous ce titre que l’hebdomadaire Al-Arabi, dépendant du Parti nassérien, a publié un long article dénonçant l’assassinat d’Ihab Al-Chérif, chef de la mission diplomatique en Iraq. L’article, signé par le rédacteur en chef du journal, Abdallah Al-Sennawi, et accompagné d’une photo d’une très grande dimension montrant l’ambassadeur égyptien les yeux bandés et les mains liées à sa chaise, accuse le régime d’être responsable du meurtre. « L’image est vraiment terrifiante et les assassins sont des terroristes professionnels. Mais la responsabilité politique de l’assassinat de l’ambassadeur incombe au régime égyptien qui l’a envoyé vers des endroits qui constituent des champs de meurtre et de violence sans qu’il n’y ait vraiment des intérêts égyptiens exigeant ce risque », écrit Al-Sennawi. Le rédacteur en chef dénonce dans son article la sécurité précaire fournie à un représentant de la diplomatie égyptienne dans un pays qui souffre de troubles sécuritaires. « Il conduisait une voiture normale, alors que celles des membres du gouvernement sont toutes blindées depuis l’instauration du gouvernement provisoire (…) », insiste Al-Sennawi.

Le rédacteur en chef de l’hebdomadaire indépendant Sawt Al-Oumma, Ibrahim Issa, va encore plus loin dans ses accusations. « Le régime égyptien est prêt à vendre ses enfants rien que pour satisfaire les Américains afin qu’ils arrêtent de revendiquer l’instauration en Egypte d’une réforme politique et démocratique ». Et de conclure son éditorial : « Oui, le gouvernement exploite l’assassinat de l’ambassadeur égyptien à Bagdad en se présentant comme une victime du terrorisme. (…). Par ailleurs, il utilise les explosions terroristes de Londres qui ont visé des civils innocents pour dire aux Britanniques que l’Egypte avait depuis longtemps été la victime des terroristes et qu’elle avait été lésée par la présence à Londres de terroristes égyptiens qui y ont trouvé refuge ».

Quant à l’éditorialiste du quotidien national Al-Ahram Mohamad Al-Saadani, il accuse les Etats-Unis d’être responsables de cet assassinat. « Les Etats-Unis se sont soulevés à la suite de l’assassinat de Rafiq Hariri et ont profité de cet acte terroriste pour sortir les forces syriennes du Liban, considérant que la simple présence syrienne était la raison de cet assassinat. Ils ont effectivement considéré que les services de sécurité syriens n’ont pas réussi à empêcher de pareils attentats terroristes », écrit Al-Saadani. Il demande donc aux Etats-Unis de définir le responsable de la « mascarade sécuritaire » en Iraq. « Pourquoi les forces américaines et leurs services de renseignements n’arrivent-ils pas à prévenir les actes terroristes qui font des milliers de victimes innocentes dont la dernière était l’ambassadeur égyptien ? », demande l’éditorialiste. Al-Saadani résume le problème dans le choix erroné fait par les Etats-Unis qui ont préféré envahir l’Iraq plutôt que d’affronter véritablement le terrorisme. « Le sang de l’ambassadeur et des autres victimes, ainsi que la destruction dont souffre actuellement l’Iraq doivent être un message cruel et une leçon à ceux qui organisent les manifestations au Caire et qui portent des messages de demande de secours écrits en anglais à leur père spirituel à Washington ! », conclut-il, faisant un amalgame somme toute étonnant entre la situation interne en Egypte et la politique américaine en Iraq .

Yolande Youssef

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De l’unité du Soudan

De nombreux défis attendent les nouvelles autorités de transition au Soudan, qui sont entrées en fonction samedi. Avec en premier lieu, maintenir la fragile unité du plus vaste pays d’Afrique après une guerre ayant fait plus d’1,5 million de morts, dont la majorité à cause de la famine et des maladies, et près de 4 millions de déplacés.

Le 9 juillet s’est ouverte une longue et délicate période de transition associant les ennemis d’hier : le gouvernement de Khartoum et les anciens rebelles sudistes du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM) dirigé par John Garang. L’accord de paix historique signé en janvier dernier entre les deux parties prévoit notamment un partage du pouvoir et des richesses, ainsi qu’une période de transition de six ans au cours de laquelle le sud du pays, riche en pétrole, bénéficiera d’un statut d’autonomie. Au terme de ces six années, les populations du sud doivent s’exprimer par référendum pour savoir si elles veulent rester dans un Soudan uni ou obtenir leur indépendance. Mais pour nombreux, il fait peu de doute qu’après avoir joui d’une très grande autonomie pendant six ans, et au regard de ses relations tourmentées avec le nord arabo-musulman, le sud du pays, en majorité chrétien et animiste, optera pour l’indépendance. Il est vrai que l’accord de paix met l’accent sur l’unité du pays mais il est également vrai qu’il prépare le sud à devenir indépendant. Lors de la période de transition, le sud disposera déjà de plusieurs symboles d’un Etat indépendant, comme un gouvernement et un Parlement semi-autonomes, une armée, un hymne national, un drapeau, sa propre Constitution ainsi qu’un système bancaire et judiciaire distinct. Il sera en quelque sorte un Etat dans l’Etat.

Il n’empêche que toutes les options restent ouvertes. Et pour rendre l’unité attractive, il est indispensable d’instaurer des relations de confiance entre le nord et le sud, notamment en entamant rapidement la reconstruction de cette région méridionale, dévastée par la guerre, et qui ne dispose quasiment pas d’infrastructures. Il suffit de rappeler que des menaces de famine subsistent au sud, où les stocks alimentaires enregistrent une baisse dramatique dans plusieurs régions en raison d’une mauvaise situation agricole, du retour de milliers de réfugiés, du manque de fonds et de l’incapacité d’organismes humanitaires à obtenir ce qu’il faut comme nourriture pour couvrir les besoins .

 

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