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Palestine. En prévision du retrait israélien de la bande de Gaza et de quatre colonies de la Cisjordanie, le président palestinien tente de coopérer avec les pays voisins et de se rapprocher des factions.
Démarches pour un réchauffement

A l’inverse de son prédécesseur Yasser Arafat, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbass, fait de l’amélioration des relations palestino-libanaises et palestino-syriennes l’une de ses priorités. C’est dans l’objectif de relancer ces relations refroidies pendant des années, mais aussi de s’entretenir avec les différentes factions palestiniennes siégeant à Beyrouth et à Damas que M. Abbass a effectué pour la première fois depuis son élection une visite à ces deux pays voisins.

Or, si la visite n’a pas mené à des résultats tangibles, elle a, au moins, permis d’activer des relations positives. Samedi, le président palestinien a donné la complète latitude aux Libanais en déclarant que le désarmement des groupes palestiniens, réclamé par la résolution 1 559 de l’Onu, dépendait de Beyrouth. « Les Palestiniens résidant au Liban sont des hôtes et se doivent d’appliquer les lois libanaises. Nous sommes prêts à faciliter l’application de la résolution 1 559. Il s’agit d’une résolution qui concerne le Liban et c’est aux autorités libanaises de décider quand et comment elle doit être appliquée », a déclaré M. Abbass à la presse, à l’issue d’une série d’entretiens avec les responsables libanais.

De son côté, le président libanais Emile Lahoud a souligné la « nécessité pour les Palestiniens du Liban de contribuer au renforcement de sa sécurité et de sa stabilité ». Les quelque 400 000 Palestiniens du Liban sont disséminés dans douze camps de réfugiés, où ils bénéficient d’une auto-sécurité. Le Front Populaire de Libération de Palestine — Commandement Général (FPLP-CG d’Ahmad Jibril) est le seul mouvement palestinien à avoir des positions militaires hors des camps de réfugiés où l’armée libanaise n’a pas le droit de pénétrer. M. Abbass a en outre souligné qu’une application de la résolution 1 559 n’altérera en rien le droit au retour dans leur foyer des réfugiés palestiniens, en vertu de la résolution 194 de l’Onu.

Les autorités libanaises ont récemment levé partiellement, pour des raisons « purement humanitaires », l’interdit frappant depuis vingt-deux ans l’emploi des Palestiniens du Liban. Cette mesure a été accueillie par les Palestiniens comme un pas vers la reconnaissance de leurs droits civiques.

Toutefois, interrogé à propos de l’ouverture d’une ambassade de l’Autorité palestinienne à Beyrouth, M. Abbass a observé un profil bas en indiquant qu’« il appartient à nos frères libanais de décider du moment opportun » pour un échange diplomatique. Pour Kamal Medhat, cadre supérieur du Fatah, les Palestiniens exigent d’abord l’ouverture d’une ambassade à Beyrouth afin de disposer d’une protection officielle, l’octroi des droits civiques, notamment le droit de propriété, un droit au travail sans exclusion, l’affiliation à la sécurité sociale, l’accès aux écoles publiques et la réhabilitation des camps.

Avant Beyrouth, M. Abbass a effectué une visite à Damas où il a rencontré le président syrien Bachar Al-Assad et les chefs de dix mouvements palestiniens basés dans la capitale syrienne. Il n’est cependant pas parvenu à convaincre ces groupes de rejoindre un gouvernement d’union nationale, à former avant la mise en œuvre du plan israélien de retrait unilatéral de la bande de Gaza prévue mi-août.

Maher Taher, représentant à Damas du FPLP, et Ramadan Abdallah Challah, chef du Djihad islamique, ont réitéré que leur mouvement refusait de participer à un gouvernement d’union nationale, pour ne pas être obligé d’entrer dans des négociations avec le côté israélien et perdre par la suite leur popularité. « Nous avons proposé une formule de rechange, un comité de suivi pour garder le contact et préserver l’entente entre les mouvements palestiniens et l’Autorité », a déclaré M. Challah. M. Taher a rappelé que le secrétaire général du mouvement, Ahmad Saadate, était maintenu en prison à Jéricho (Cisjordanie) depuis plus de trois ans à la demande d’Israël.


L’épineuse question des factions

Les rapports entre Damas et l’Autorité palestinienne ont connu une nette amélioration depuis l’arrivée au pouvoir de Mahmoud Abbass, élu en janvier après le décès du leader palestinien Yasser Arafat. Les relations entre Damas et M. Arafat étaient pratiquement rompues après la conclusion des accords israélo-palestiniens d’Oslo en 1993, rejetés par la Syrie.

Cette amélioration des relations avec les Palestiniens intervient à un moment où les Etats-Unis veulent isoler la Syrie, accusée d’attiser les violences chez ses voisins iraqien et libanais.

Dix mouvements palestiniens sont basés à Damas depuis les années 1980, mais depuis le printemps 2003 et l’intensification des pressions américaines sur la Syrie, ces organisations ont fermé leurs permanences et leurs dirigeants se font discrets.

« L’importance de la visite du président palestinien réside dans le fait que Damas a besoin de promouvoir le dialogue interpalestinien pour montrer sa volonté de garder l’unité nationale palestinienne et dans le fait qu’elle sera suivie par d’autres rencontres afin de resserrer les rangs palestiniens », souligne le politologue Emad Gad, rédacteur en chef d’Israeli Digest.

Il est prévu que le président du Conseil national palestinien, Khaled Al-Fahoum, et celui de Fatah, Farouq Kaddoumi, se dirigent prochainement à Damas pour poursuivre le contact avec les factions et rapprocher entre leurs points de vue

Rania Adel
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