Les
explosions horribles de Londres ont pu couvrir
l’acte barbare du kidnapping et de l’assassinat
du chargé d’affaires égyptien à Bagdad par les
bandes de meurtriers qui ont tué avant lui des
dizaines d’innocents. Et bien sûr les Arabes et
les musulmans une fois de plus sont montrés du
doigt !
Les
deux horribles attentats ont été commis simultanément,
mais sans que cela ne soit prémédité. Ils disent
au monde que le terrorisme n’a ni race ni religion.
Au contraire, ce phénomène dans son entité n’est
plus le produit d’éléments intransigeants ou
dissidents, mais ce sont en effet des pays prétendant
lutter contre le terrorisme qui contribuent
à son développement. Il n’existe plus une seule
organisation « Al-Qaëda », mais plusieurs dispersées
çà et là de par le monde. Ces organisations
attaquent en Iraq au nom de Zarqawi ou le Djihad
en Mésopotamie, et en Europe sous d’autres appellations.
En
effet, le monde a été induit en erreur dans
son traitement avec ce phénomène ; et ce en
suivant à l’aveuglette la conception américaine
diffusée à la suite des événements du 11 septembre.
Selon cette conception, le terrorisme est le
fruit naturel de l’arriération, l’oppression
et l’analphabétisme qui sévissent dans le monde
arabe et islamique. Et par conséquent, il était
indispensable de transférer la bataille au sein
même de la région, à commencer par l’invasion
de l’Afghanistan, ensuite l’occupation de l’Iraq
et l’obligation arbitraire d’adopter des programmes
de réforme. Il est clair que la politique américaine
visant à attaquer le terrorisme sur son propre
territoire n’a pas abouti, mais paradoxalement
elle a contribué à sa diffusion et à la mobilisation
de nouveaux adeptes. Enthousiastes, ces derniers
sont disposés à commettre des opérations suicides
risquant la vie d’innocents, tout en confondant
la lutte légitime, les actes de vengeance et
de kidnapping afin de soutirer de l’argent.
Il
faut avouer que lorsqu’un pays arabe adhère
à la conception américaine, il devient une cible
aisée pour le terrorisme. Plus il s’approche
des Etats-Unis, plus il doit payer cher la facture
du terrorisme. Ce phénomène est devenu incontrôlable
à cause des erreurs fatales perpétrées par les
Etats-Unis en Iraq, en Palestine, à Guantanamo.
Si
nous examinons les circonstances entourant le
meurtre de l’ambassadeur égyptien, nous regretterons
de l’avoir envoyé avant la fin de l’occupation.
Il suffisait d’envoyer la délégation diplomatique
et ne pas capituler sous les pressions américaines.
Il est vraiment étonnant que les pays arabes
uniquement aient été dans l’obligation d’envoyer
des ambassadeurs à un régime, dont la première
réaction a été de blâmer l’ambassadeur de sortir
sans les gardes du corps ! Nul n’appelle l’Egypte
à renoncer à son soutien au peuple iraqien.
Mais la dégradation de la situation sécuritaire
et politique nous empêche de sacrifier la vie
de nos citoyens pour le simple fait de satisfaire
Bush et Rice !