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Athlétisme
. Marwa Hussein, la seule
Egyptienne à s’être qualifiée pour les Championnats du
monde d’Helsinki, entame cette semaine sa vraie préparation
à l’événement en disputant le Tournoi international de
Roumanie. Portrait. |
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Marwa mène la danse |
«
Arrivez à l’heure à l’entraînement de cet après-midi et
soyez plus énergiques ! », lance la jeune lanceuse de
marteau (27 ans) Marwa Hussein à ses coéquipières. Elles
viennent toutes de terminer leur entraînement du matin
avec la sélection nationale dames d’athlétisme au club
Ahli (Madinet Nasr). Les paroles de Marwa sont toujours
très écoutées. Il faut dire qu’elle est la seule athlète
égyptienne à ce jour à s’être qualifiée pour les Championnats
du monde d’Helsinki (du 6 au 14 août), et part le 9 juin
pour la Roumanie afin d’y disputer le Tournoi international,
le 11 juin.
Une compétition qui revêt une grande
importance pour Marwa. Il s’agira pour elle du premier
contact de la saison avec les grandes lanceuses mondiales.
En effet, depuis sa qualification, après avoir réalisé
un lancer de 68,48 m, le 18 février dernier, lors d’un
tournoi égyptien au club Ahli, Marwa n’a effectué aucun
stage de préparation à l’étranger ni disputé de compétition
internationale. « Le Tournoi international de Roumanie
sera très important pour moi. Il me permettra d’évaluer
mon niveau en fréquentant les athlètes internationaux
de haut niveau. Là-bas, je compte remporter une médaille
pour faire le plein de confiance », souligne la championne
d’Afrique dont le niveau ne cesse de s’améliorer. Cette
année, en dépassant le minimum requis par la Fédération
internationale d’athlétisme (IAAF) pour se qualifier pour
le Mondial, elle a battu les records égyptien, arabe et
africain et évidemment son propre record, avec un lancer
de 68,48 m. « J’ai réalisé cette performance grâce à mon
entraîneur, Ahmad Taha, qui a pu l’améliorer (il était
de 66,54 m) en insistant beaucoup sur la technique »,
déclare Marwa. Mais la plus importante progression de
niveau de la championne remonte à 2003. Début juillet
2003, son record personnel était de 63,88. Elle avait
donc besoin de moins de 3 centièmes pour se qualifier
aux Jeux Olympiques (JO) d’Athènes et aux Championnats
du monde de Paris Saint-Denis. Son niveau a poussé l’IAAF
à lui offrir une bourse d’entraînement en Hongrie. Là-bas,
et en l’espace de quelques jours, elle a pu lancer à 64,77
m. Après avoir disputé les Championnats du monde, elle
a bénéficié d’une autre bourse afin de préparer les JO
d’Athènes. Ainsi, en passant deux années en Hongrie, le
niveau de la jeune fille a connu une évolution étonnante
et depuis, elle ne cesse de battre ses records personnel,
égyptien, arabe et africain. « J’ai beaucoup évolué car
l’entraînement en Hongrie était de loin meilleur qu’en
Egypte. Et puis en Hongrie, je n’avais rien d’autre à
faire. Je me suis donc donnée à 100 % aux entraînements
», confie Marwa, avant d’ajouter : « Et puis je me suis
entraînée avec des athlètes de très haut niveau. Trois
athlètes de la sélection hongroise ont réalisé des lancers
de plus de 70 m. En m’entraînant avec des athlètes d’un
niveau nettement supérieur au mien, je ne pouvais que
progresser. Contrairement à ce qui se passe en Egypte,
où je remporte une compétition en n’inscrivant que 64
m, le record de la meilleure Egyptienne étant de 60 m
».
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Intègre Ahli en 1998
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Marwa a commencé à pratiquer la discipline
sur le tard, malgré tous ces exploits réalisés. A 20 ans,
la jeune fille, qui n’avait jamais fait de sport, a effectué
des essais de lancer lors d’un tournoi scolaire. L’entraîneur
du club d’Ahli, Amir, l’a contactée et l’a convaincue
de pratiquer l’athlétisme. Elle a donc intégré le club
Ahli en 1998 puis s’est consacrée au marteau, qui était
une discipline toute nouvelle en Egypte. En mars de la
même année, elle a terminé 2e du Championnat du Caire
avec un lancer de 26 m. Un mois plus tard, elle a réalisé
un lancer de 37 m en remportant le championnat d’Egypte.
En août, elle a terminé 4e des Championnats d’Afrique
du Sénégal, avec un lancer de 41,83 m. Depuis 1999, Marwa
a toujours été première dans toutes les compétitions égyptiennes,
arabes et africaines.
Aujourd’hui, ses rêves vont au-delà de
son niveau. Les Championnats du monde l’obnubilent. Le
palmarès de la jeune athlète compte 2 participations à
cette compétition. La première, en 2001, à Edmonton, et
la 2e en 2003, à Paris, où elle a terminé 12e de son groupe
et 21e sur 40 lanceuses. « Au Mondial d’Edmonton 2001,
j’étais impressionnée par les meilleurs athlètes du monde.
J’en ai profité pour observer leur style de jeu. En particulier
celui de mon idole, la Roumaine Michaela Melinte, championne
olympique à Sydney 2000. Lors du Mondial de Paris 2003,
je me suis énormément concentrée sur mon style et ma performance
a été bonne. Aujourd’hui, je pense m’être habituée à l’atmosphère
des grandes compétitions. Je pense être capable de terminer
parmi les 12 premiers », conclut-elle.
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Doaa Badr |
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Un
rendez-vous pour se prouver |
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Le Tournoi international
de Roumanie des 11 et 12 juin permettra de savoir de quoi
les athlètes égyptiens sont vraiment capables avant les
Jeux méditerranéens d’Espagne. |
Hatem
Mersal (saut en longueur), Amine Badawi (400 m), Yémen
Hussein (marteau), Yasser Fathi (javelot), Wafaa Baghdadi
(javelot) et Marwa Hussein (marteau) disputeront le
11 et 12 juin le Tournoi international de Roumanie.
A quelques semaines des Jeux Méditerranéens (JM) qui
auront lieu fin juin en Espagne, ce tournoi sera l’occasion
pour le cadre technique de la sélection égyptienne de
se faire une idée précise sur le niveau de ses athlètes.
« Nous les avons sélectionnés pour les préparer aux
Jeux méditerranéens d’Espagne, la compétition la plus
importante de la saison. Mais en fonction de leurs performances
en Roumanie, l’effectif retenu pour l’Espagne pourra
toujours être modifié ... », déclare Fekri Al-Ochq,
membre du conseil d’administration de la Fédération
égyptienne d’athlétisme.
Avec le
Tournoi international de Roumanie, les Egyptiens visent
à améliorer leur niveau. En particulier ceux qui ont
obtenu des médailles aux derniers Championnats d’Afrique
(2004) du Congo-Brazaville. Le médaillé de bronze au
lancer de poids lors de cette dernière compétition,
Yasser Fathi, vise ainsi à améliorer son record de 18,51
m pour se classer parmi les 12 premiers. Tandis que
la championne d’Afrique de lancer de poids, Wafaa Baghdadi,
tient à remporter une médaille en Roumanie afin d’assurer
ses chances de médailles aux JM. Pour la lanceuse de
marteau Marwa Hussein, il s’agira de décrocher une médaille
d’or et un nouveau record personnel durant ce tournoi.
Les autres athlètes, n’ayant pas remporté de médailles
africaines, tenteront quant à eux de retrouver leur
niveau. Hatem Mersal, meilleur athlète égyptien en 1999
(5e au classement mondial avec un saut de 8,31 m), a
en effet une importante baisse de régime ces dernières
années. Il compte bien, par le biais de ce tournoi,
réaliser le minimum requis par la Fédération internationale
d’athlétisme (IAAF) afin de se qualifier pour les Championnats
du monde de Helsinki qui auront lieu en août prochain.
Mais lors
du Tournoi international de Roumanie et des JM d’Espagne,
l’Egypte comptera avant tout sur ses lanceurs (poids,
marteau, disque et javelot), auteurs récemment de grands
progrès fruits d’une nouvelle stratégie adoptée par
les instances dirigeantes. En 1999, la Fédération égyptienne
a en effet commencé à accorder plus d’importance aux
épreuves de lancer. Grâce à l’école de lancer fondée
la même année, le pays a pu faire passer son classement
africain de 10e en 2000 à 8e en 2002 et 2004. De plus,
et pour la première fois dans l’histoire de l’athlétisme,
un Egyptien détient le record du monde juniors : Omar
Al-Ghazali avec un lancer de 61,46 m au lancer de disque.
Le Tournoi
international de Roumanie est la première et dernière
étape de préparation des Egyptiens avant le rendez-vous
espagnol où ils espèrent remporter une médaille. Mais
vu le niveau de jeu des JM, la mission est loin d’être
facile.
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D.B |
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