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Basket-ball . Pour la deuxième année consécutive, Guézira a remporté le championnat national. Un titre qui confirme le retour au premier plan de l’équipe.

Une soif de victoires

 

« Remporter le titre de champion national pour la deuxième fois consécutive est une chose très importante pour deux raisons : premièrement, c’est une réponse à tous ceux qui ont dit la saison dernière que notre victoire était hasardeuse et que les autres équipes étaient plus performantes que nous. Deuxièmement, nous avons pu réaliser notre rêve de rester au sommet du basket-ball égyptien, comme c’était le cas au début des années 1990 ». Tels sont les propos d’Ahmad Saqr, capitaine de l’équipe de basket-ball de Guézira. Après une longue période d’absence, le club, grâce à une volonté de fer, est revenu au devant de la scène nationale et internationale.

Pourtant, la victoire de Guézira était inattendue puisque sa performance en tour préliminaire du championnat national a été médiocre. « Nous avons joué des matchs très difficiles, y compris contre des formations qui viennent d’accéder en première division comme Sporting. Toutes les équipes veulent à chaque fois gagner contre le tenant du titre pour gagner en confiance, ce qui nous a fait perdre beaucoup de matchs. Et les matchs que nous avons gagnés se sont joués à très peu de choses », souligne le joueur Chérif Guéneidi.

Les joueurs d’Ahmad Maréï, directeur technique de Guézira, qui sont sortis du tour préliminaire en terminant 3es, juste derrière Ahli et Zamalek, ont donc gardé toute leur fraîcheur pour les matchs plus relevés. L’équipe a remporté 9 matchs sur 10 lors du premier tour. Et lors de la première finale à 6, elle est restée invaincue.

« Il est facile de gagner, mais il est très difficile de conserver un titre. A mon avis, mon équipe est actuellement la meilleure en Egypte. D’ailleurs, deux jours seulement avant le début de la dernière finale à 6, on a disputé le Championnat arabe des clubs à Doubaï et on a fini 3e. Nous étions vraiment épuisés par le long parcours du Championnat arabe où on a disputé 8 matchs successifs sans aucun jour de repos. Nous avons joué contre des équipes libanaise et saoudienne comme Al-Riadi et Ittihad Djeddah, qui possédaient au moins 2 joueurs professionnels américains de très haut niveau dans leurs rangs. Imaginez-vous ! », souligne Khaled Al-Kerdani, joueur de Guézira.

Le titre de double champion d’Egypte a rendu les joueurs de Guézira plus ambitieux. Ils auront largement l’occasion d’élargir leur palmarès la saison prochaine vu le programme chargé qui les attend : Coupe d’Egypte, Championnats d’Afrique des clubs et autres tournois amicaux. « Nous voulons en même temps gagner le championnat national et la coupe ... Nous devons profiter de notre réussite actuelle car les titres engrangés seront gravés dans l’histoire du basket-ball et personne ne pourra les effacer. Concernant les Championnats d’Afrique, nous sommes capables de réaliser un exploit si nous participons ... », indique avec humour Ahmad Saqr. Il est vrai que la saison dernière, bien que Guézira ait été champion, c’est Ahli, alors balayé au premier tour, qui avait représenté l’Egypte aux Championnats d’Afrique, et ce, sans aucune explication de la Fédération égyptienne de basket-ball. Guézira craint donc que l’histoire ne se répète. D’autant plus qu’aucune équipe n’a encore été désignée pour participer à ses championnats. « Cependant, une chose est sûre : dorénavant, personne ne pourra stopper les ambitions de Guézira », conclut Ahmad Saqr.

Chourouq Chimy
« Le rythme du championnat national est très violent »

Ahmad Maréï, directeur technique de Guézira, explique les raisons du succès de son équipe et évoque l’avenir.

Al-Ahram Hebdo : Etait-ce un défi à relever que d’enlever le titre de champion d’Egypte pour la deuxième fois consécutive ?

Ahmad Maréï : Bien sûr. La saison dernière, Adel Sabri, ancien directeur technique de Guézira et meilleur entraîneur de basket-ball en Egypte, a quitté l’équipe. Certains ont dit que la victoire de Guézira n’était pas mon œuvre mais celle d’Adel Sabri. J’ai prouvé à tout le monde que j’étais capable de tenir cette équipe et je n’ai pas honte de dire que j’ai appliqué le même système que celui de Sabri, mon maître de toujours. Cependant, il est clair que j’ai fait évoluer le jeu de l’équipe, car je tiens à suivre les différents styles de jeu américain et européen. Par ailleurs, j’ai voulu faire jouer l’équipe avec un style différent. Mais à mon avis, la victoire est également due à d’autres choses : l’équipe possède des joueurs qui s’entendent, le staff technique est doté de grandes ambitions et l’administration est flexible alors qu’on est un club dont le budget n’est pas accordé essentiellement au sport.

— Plus concrètement, qu’avez-vous apporté à l’équipe ?

— Avant, l’équipe était basée uniquement sur l’attaque, du coup, la défense était inexistante. Raison pour laquelle j’ai travaillé pour améliorer cette lacune. Il est évident que nous avons gagné le championnat grâce à notre efficacité défensive.

— Le meneur de jeu de l’équipe de Guézira, Khaled Al-Kerdani, a quitté l’Egypte pour le Qatar. Que planifiez-vous pour combler son absence ?

— Lors de la dernière finale à 6 du championnat national, j’ai eu recours à un joueur de Guézira des moins de 20 ans qui s’appelle Mohamad Mahmoud, dit Moudi. C’est un pivot qui a prouvé son talent dès ses débuts en première division. C’est pourquoi je vais compter sur lui durant la prochaine période. Je pense aussi à acheter des joueurs d’autres clubs.

— Guézira compte dans ses rangs des joueurs âgés et expérimentés comme Chérif Al-Sanadili et Ahmad Saqr. Ne pensez-vous pas que leur départ pourrait bouleverser l’équipe ?

— Ce n’est pas vrai, je compte aussi sur les jeunes joueurs comme les frères Guéneidi et Khaled Hamdi qui ont entre 23 et 25 ans. Mais je tiens à préciser qu’en Egypte, tout le monde pense qu’un joueur qui dépasse les 30 ans est vieux. Je suis convaincu que c’est faux. Nous ne sommes pas en danger comme c’est le cas pour Ahli, qui dépend complètement de grands joueurs comme Tareq Khaïri et Chérif Ali.

— Le rythme du championnat national n’est-il tout de même pas plus difficile à suivre pour ces joueurs ?

— Le rythme du championnat national est très violent pour tous les joueurs et non pas seulement pour les joueurs âgés. Une quarantaine de matchs qui se suivent, c’est beaucoup.

Après le long tour préliminaire, le premier tour se joue sous forme de matchs aller retour entre les 6 premiers du classement qui sont les plus forts. Ce qui rend le championnat vraiment fatigant.

— Juste après la fin du championnat national, vous allez disputer la Coupe d’Egypte. Quelles sont vos ambitions lors de cette compétition ?

— Le titre de la Coupe d’Egypte est très important pour Guézira, non seulement parce qu’on veut décrocher les deux titres nationaux (championnat national et Coupe d’Egypte), mais aussi pour arracher cette coupe qui nous échappe depuis 5 saisons. Les joueurs tiennent absolument à réaliser cet exploit.

— La saison dernière, lorsque la fédération a donné la possibilité aux joueurs étrangers professionnels d’évoluer dans les clubs égyptiens, vous étiez la seule équipe à ne pas avoir adopté cette expérience. Pourquoi ?

— Pour pouvoir se payer un joueur professionnel étranger, on doit en avoir les moyens financiers. Un étranger doit être payé entre 20 et 30 000 dollars par mois. Quelle équipe de basket-ball en Egypte peut assumer cette somme faramineuse ? On doit plutôt élever le salaire des joueurs égyptiens. Ce qui va nous mener à avoir un budget de 10 000 dollars par mois rien que pour le basket-ball. Le joueur alexandrin Ismaïl Ahmad, qui est professionnel à Champville, au Liban, est payé entre 10 et 12 000 dollars par mois. C’est pourquoi il refuse de revenir en Egypte.

— Quelle solution raisonnable préconisez-vous vu les capacités restreintes des clubs égyptiens ?

— Il existe un championnat parallèle de basket-ball pour les sociétés égyptiennes. Ce qu’il faudrait, c’est que toutes les équipes des deux championnats soient regroupées dans une seule compétition. Le basket serait ainsi plus médiatisé et les équipes auraient des sponsors. C’est ce qui a été appliqué en Syrie, en Jordanie et au Liban. J’espère que les responsables entendront mes suggestions et les examineront.

Propos recueillis par
C.C

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