De grands pas ont été réalisés
sur la voie de la réforme politique avec le référendum
populaire sur l’amendement de l’article 76 de
la Constitution. Cet amendement donne au peuple
le droit de choisir le président de la République
parmi plusieurs candidats par la voie du suffrage
universel direct. Cependant, l’agenda de la réforme
politique reste encore surchargé avec en tête
: la réforme des partis, la supervision des élections,
l’épuration des listes électorales, la suppression
des entraves bureaucratiques face à la participation
populaire, la garantie de la liberté d’expression
et d’organisation, l’abolition de l’état d’urgence,
l’amendement de la Constitution en ce qui concerne
les prérogatives du chef de l’Etat, la conversion
vers un système parlementaire assurant la responsabilité
politique du gouvernement envers l’Assemblée du
peuple et d’autres.
La réforme des partis ne peut
se réaliser sans la diffusion d’une culture politique
qui renforce les notions civiques de l’appartenance
et du patriotisme à travers lesquelles les citoyens
apprennent comment gérer leurs différends et choisir
leurs dirigeants.
Une occasion historique se présente
désormais aux 19 partis égyptiens pour travailler
avec les jeunes et la femme et activer la société
civile, et par conséquent développer l’expérience
démocratique nationale et moderniser le régime
politique égyptien. Et ce, à travers l’augmentation
de leur capacité de représenter les différentes
forces et tranches sociales et d’exprimer leurs
intérêts. Le rôle des partis nécessite un sens
profond de la responsabilité nationale qui respecte
la mentalité du citoyen, qui ne prend pas à la
légère l’opinion publique et qui évite toute querelle
exempte de contenu politique. Ce rôle doit essentiellement
se baser sur le développement de la conscience
politique du citoyen. N’oublions pas non plus
que l’action politique des partis doit s’écarter
des slogans creux et augmenter la participation
au développement et au bénévolat dans plus d’un
domaine, notamment l’alphabétisation, la protection
du consommateur et bien d’autres encore.
Bref, les partis avec leurs différentes
orientations et appartenances politiques doivent
opérer un certain nombre de réformes dans leurs
structures internes pour pouvoir naviguer de concert
avec les réformes politiques qui s’opèrent actuellement.
De plus, ils doivent s’apprêter à s’engager dans
une bataille électorale libre et honnête, qu’il
s’agisse des élections présidentielles ou parlementaires.
Par conséquent, les partis politiques doivent
intensifier leurs activités populaires et leur
rôle dans la rue égyptienne. De plus, il leur
incombe d’augmenter l’espace du dialogue entre
eux et avec le Parti National Démocrate (PND,
au pouvoir). C’est ainsi qu’ils pourront conclure
un nouveau contrat social respectant les règles
démocratiques.
Il est tout à fait naturel que
les partis recherchent maintenant de nouveaux
visages parmi leurs cadres. Des personnes qui
seront capables de se donner totalement à leurs
partis et en même temps d’établir un lien fort
avec la rue égyptienne. La période à venir sera
décisive dans l’histoire de toute l’Egypte et
pas seulement dans l’histoire des partis. Tous
les citoyens doivent réaliser l’importance de
la responsabilité qui leur incombe. Ils doivent
participer à la formulation des nouvelles législations,
avec en tête la loi sur l’élection du président
de la République et celle sur l’exercice des droits
politiques. Et ce, loin des appels au boycott
et à l’isolement, car l’intérêt national doit
prendre le dessus sur toute appartenance partisane.