Il n'est pas facile d'écarter
Chirac. Mais reste qu'il a un problème, c'est
d'avoir perdu sa crédibilité et est privé de l'appui
de la majorité écrasante des Français toutes tendances
confondues. Cette majorité qui était déterminée
à empêcher Le Pen et le fascisme d'accéder au
pouvoir s'était unifiée et s'était rangée aux
côtés de Chirac. Mais avec la marginalisation
de Le Pen, chacun a regagné le courant politique
auquel il appartenait. Et Chirac a été remis à
sa véritable place.
Il est certain que l'année en
cours sera l'année des préparations des élections.
Ce sera une année de manœuvres. Les campagnes
électorales pourraient donner naissance à des
coalitions extraordinaires. Les confrontations
du type quadripartite en sont le début. Et l'on
peut s'attendre à davantage de nouveauté.
Il faut comprendre que le « non
» est une tactique et non pas une stratégie. C'est
un « non » qui a pour but de renégocier et non
l'arrêt définitif des négociations. Partant, on
peut dire que la bataille du « non » est une sorte
de guerre d'usure. C'est un test pour savoir lequel
des acteurs politiques a la capacité de tenir
jusqu'au bout. C'est donc une guerre fatigante
qui va dévoiler le véritable poids des différentes
forces.
D'après la comparaison de la
carte établie par le journal français Le Monde,
c'est le niveau de vie et le degré de qualification
qui expliquent le choix du « non » ou du « oui
». D'autre part, la comparaison entre le référendum
sur Maastricht en 1992 et le référendum sur le
traité constitutionnel européen le 29 mai dernier
(13 ans les séparent) montre que le taux du «
oui » a rétréci. Le résultat a été donc un « non
» majoritaire.
Le jeu quadripartite a donc dévoilé
que la France était sévèrement divisée entre ceux
qui ont des diplômes supérieurs et ceux qui n'en
ont pas. Par conséquent, on peut dire qu'il y
a également un problème dans le domaine de l'enseignement,
même en France.
On ne s'attend pas à ce que Chirac
se présente pour briguer un troisième mandat.
Il a de lui même donné l'occasion au Parti socialiste
à l'époque du gouvernement d'Alain Juppé de lui
arracher le pouvoir. Il y a quelques jours, un
processus semblable s'est déroulé. On l'a décrit
comme étant un « tsunami politique » à conséquence
destructive tout comme le « tsunami environnemental
» qui a frappé l'Asie il y a quelques mois. A
quoi peut-on donc s'attendre dans l'avenir ?