Défendre
la femme et appeler à sa contribution à l'action
politique est devenu ces dernières années une
question constamment soulevée par la presse,
les médias et les institutions de l'Etat. Tous
ont en effet appelé à la fondation d'ONG. Et
ce dans l'objectif de promouvoir la femme, de
l'instruire sur ses droits et de l'inciter à
devenir un élément efficace et influent dans
le développement de la société.
Mais malheureusement, les femmes
ayant participé aux manifestations pacifiques
et réclamant la démocratie devant le Syndicat
des journalistes le jour du référendum ont dû
affronter des actes infamants, voire honteux.
Actes commis par des hommes de main et qui sont
allés jusqu'aux humiliations sexuelles. Il faut
avouer que j'avais moi-même, ainsi que beaucoup
d'autres, fondé de grands espoirs sur le Conseil
de la femme, souhaitant vivement que ce dernier
se dresse pour dénoncer de tels actes et réclame
la punition de leurs auteurs. Tout en défendant
le droit de la femme à participer aux manifestations
et de s'engager dans l'action politique sans
être exposée ni au mal ni à l'humiliation.
Une chose est étrange : ces
voix, qui s'étaient auparavant élevées prétendant
défendre la femme et attaquant la société misogyne
qui viole ses droits, sont celles qui sont cette
fois frappées de mutisme face à ces incidents.
Elles n'avaient cessé de soulever les questions
du droit de la femme, son droit de devenir juge
et d'accéder aux postes politiques et présidentiels,
les moyens d'accroître le taux de sa représentation
au Parlement ...
Plus bizarre encore est le
fait que celles qui ont défendu les femmes et
les jeunes filles victimes de la violence organisée
le jour du référendum appartiennent à des ONG
ne bénéficiant d'aucune subvention, ni même
gouvernementale. Citons l'Organisation des mères
égyptiennes qui ont décidé de porter le deuil
lors d'une manifestation silencieuse mercredi
dernier. Celles-ci représentent la majorité
sans voix des femmes qui ne font apparition
ni sur les écrans télévisés ni à aucune autre
occasion. Elles sont en effet motivées par un
fort désir de défendre la femme égyptienne sortie
pour prendre part à la vie politique guidée
par un esprit patriotique, abstraction faite
de toute appartenance aux divers partis.
La participation de la femme
à l'action politique ne se réalise pas uniquement
à travers la présence aux conférences ou aux
colloques des salles luxueuses et climatisées.
La véritable participation a lieu dans la rue
en exprimant ouvertement des points de vue concernant
les questions politiques, notamment à des moments
critiques. Par conséquent, toute tentative d'agresser
ces femmes physiquement prouve bien la dégénérescence
des mentalités qui contrôlent actuellement l'action
politique.
Or, il apparaît que la régression
politique et morale qui a frappé l'Egypte a
placé la question de la promotion de la femme
dans un contexte vraiment différent. Un contexte
visant à l'humilier, à la marginaliser et à
l'éloigner du jeu de la politique.