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Promotion ou marginalisation !
Par Salama A. Salama

Défendre la femme et appeler à sa contribution à l'action politique est devenu ces dernières années une question constamment soulevée par la presse, les médias et les institutions de l'Etat. Tous ont en effet appelé à la fondation d'ONG. Et ce dans l'objectif de promouvoir la femme, de l'instruire sur ses droits et de l'inciter à devenir un élément efficace et influent dans le développement de la société.

Mais malheureusement, les femmes ayant participé aux manifestations pacifiques et réclamant la démocratie devant le Syndicat des journalistes le jour du référendum ont dû affronter des actes infamants, voire honteux. Actes commis par des hommes de main et qui sont allés jusqu'aux humiliations sexuelles. Il faut avouer que j'avais moi-même, ainsi que beaucoup d'autres, fondé de grands espoirs sur le Conseil de la femme, souhaitant vivement que ce dernier se dresse pour dénoncer de tels actes et réclame la punition de leurs auteurs. Tout en défendant le droit de la femme à participer aux manifestations et de s'engager dans l'action politique sans être exposée ni au mal ni à l'humiliation.

Une chose est étrange : ces voix, qui s'étaient auparavant élevées prétendant défendre la femme et attaquant la société misogyne qui viole ses droits, sont celles qui sont cette fois frappées de mutisme face à ces incidents. Elles n'avaient cessé de soulever les questions du droit de la femme, son droit de devenir juge et d'accéder aux postes politiques et présidentiels, les moyens d'accroître le taux de sa représentation au Parlement ...

Plus bizarre encore est le fait que celles qui ont défendu les femmes et les jeunes filles victimes de la violence organisée le jour du référendum appartiennent à des ONG ne bénéficiant d'aucune subvention, ni même gouvernementale. Citons l'Organisation des mères égyptiennes qui ont décidé de porter le deuil lors d'une manifestation silencieuse mercredi dernier. Celles-ci représentent la majorité sans voix des femmes qui ne font apparition ni sur les écrans télévisés ni à aucune autre occasion. Elles sont en effet motivées par un fort désir de défendre la femme égyptienne sortie pour prendre part à la vie politique guidée par un esprit patriotique, abstraction faite de toute appartenance aux divers partis.

La participation de la femme à l'action politique ne se réalise pas uniquement à travers la présence aux conférences ou aux colloques des salles luxueuses et climatisées. La véritable participation a lieu dans la rue en exprimant ouvertement des points de vue concernant les questions politiques, notamment à des moments critiques. Par conséquent, toute tentative d'agresser ces femmes physiquement prouve bien la dégénérescence des mentalités qui contrôlent actuellement l'action politique.

Or, il apparaît que la régression politique et morale qui a frappé l'Egypte a placé la question de la promotion de la femme dans un contexte vraiment différent. Un contexte visant à l'humilier, à la marginaliser et à l'éloigner du jeu de la politique.

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