La reine se
réveille.
La nature est
silencieuse
Et l’ombre
du jardin s’étend sur son lit.
La reine se
réveille
Submergée d’oiseaux.
Elle se met
au balcon,
Aussitôt, le
cheval trotte, piaffe,
Epoussette
son étoile dans l’eau,
Bondit, répandant
poussière
et fantasmes.
Dans le jardin.
Il se parade
sous son balcon,
Tout fier de
sa fertilité.
La reine réagit,
Par le silence,
un instant,
Puis par un
chant
Qui caresse
ses cellules.
Elle lui lance
son voile,
Aussitôt, il
s’emballe et s’unit à l’eau,
Voit les abeilles,
parmi les fleurs,
Entrelacées
par la viscosité
De leur liquide
miellé.
Le bourdonnement
de la ruche
le tente ...
Autour de la
reine, il débute ses tournées
nocturnes
Sans se demander
Si elle restera
là-haut fécondée
Ou, les mâles
périront.
Au milieu du
chaos,
Seule, une
braise au sein d’un arbrisseau,
Décèle sa chambre,
dénude les oiseaux
femelles.
Avec leur instrument,
les musiciennes
prennent place
Sur les degrés
du château.
A l’écoute
de sa voix de violoncelle,
Le cheval se
redresse
L’observe effacer
de son corps
Les traces
des petites bêtes sauvages.
Il devine qu’elle
désire l’affluence
Des germes
et de fleurs ...
Elle se manifeste,
séduisante,
Guide le cheval
vers la touffe de cheveux.
J’y parviendrai
sans guide, dit-il !
Et désigne
la fleur de pierre.
Un anneau de
foudre dans la main,
Elle lui demande
:
Comment, en
quelques secondes,
Avez-vous vidé
votre corps
De l’herbe
et du secret ?
Comment en
un langage païen,
avez-vous prié
?
Comment vous
êtes-vous approprié les
attributs de
la nature,
En un instant
situé entre
l’existence
et l’absence ?
Alors que vous
suiviez
son oiseau
...
Elle vous séduisait,
Déployant ses
voiles dorés
Et dansant
avec vous jusqu’à l’aurore.
Il a dit :
je ferai sa connaissance sans pécher !
Puis, s’est
permis des rituels prohibés.
Elle le couche,
là où rayons et brasiers
s’entrelacent,
Attisent ses
feux dans les cendres du désir.
Comment vous
êtes-vous chosifié pour
vous libérer
?
C’est le don
des mots,
Dit-il, ressentant
une éternité passagère.
Le cheval s’égare,
oublie ses paradis,
Descend dans
une étendue d’herbe
et de volupté,
Trouve la nature
mystérieuse,
Provoque l’étincelle
en frottant
les pierres,
L’étincelle
fait feu
Le feu se ravive
et pétille
Une plante
étrange pousse,
Couvre tous
les nouveau-nés,
La chaleur
anime des êtres de limon
Déterminant
leurs caractères physiques.
Une lueur ...
sans vision,
Un oiseau voltige
au noyau,
Les cailloux
exhalent des effluves fertiles.
Il n’y a que
matin et soir,
Le temps n’existe
pas.
La reine somnole
profondément,
Eprouvant le
rassasiement de son jardin.
La nature est
silencieuse.
Les sens déversèrent
leur sève dans
le cheval de
cuivre,
Aussitôt, il
se mit à danser entre les statues,
sous le soleil,
Pendant que
la lumière
s’affaiblissait
Enveloppant
les lieux.
Le jardin exhale
des fruits invisibles, de la lumière,
Du vent, des
oiseaux et des animaux.
Subitement,
la poussière
se transforme
en fruit La ruche poursuit son tournoiement,
Le jardin,
sa perpétuité ...
La reine dort,
et le cheval ...