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Journée mondiale de l’environnement . Les festivités ont commencé le 5 juin. Elles durent en Egypte une semaine, et tous les ministères sont cette année appelés à y participer. L’ampleur de la démarche reste diversement appréciée.

Ambiance de foire

L’air et l’eau sont pollués. Les déchets solides sont mal gérés. Les réserves naturelles sont pour la plupart dans un état lamentable et les déchets hospitaliers constituent une bombe à retardement menaçant d’exploser à tout moment. La détérioration de l’environnement est aussi le premier responsable de la propagation de maladies rénales et cardiaques et du cancer.

Que ce soit à la tété, à la radio, sur Internet et même par téléphonie mobile, le ministre de l’Environnement, Magued Georges, se devait donc de saisir le 5 juin, Journée mondiale de l’environnement, pour sensibiliser la population à ces problèmes. Les ministères, gouvernorats, ONG, clubs sportifs et sociétés ont aussi été appelés aux célébrations qui durent une semaine, jusqu’au 12 juin. « Les différentes manifestations de cet événement viennent refléter l’intérêt croissant de l’Egypte pour l’environnement qui est devenu un aspect important du développement », souligne Magued Georges.

C’est aussi le 5 juin que le ministre de l’Environnement a inauguré la première phase du projet de la ceinture verte autour du Caire dont la longueur prévue est de 22 km (sur 100 km au total) pour 50 m de largeur. L’occasion a aussi été donnée de distribuer aux participants à cette inauguration le premier rapport sur l’état de l’environnement en Egypte, préparé par le Centre de l’environnement et du développement de la région arabe et l’Europe (CEDARE). « Le rapport sur l’état de l’environnement est très important et il doit être discuté profondément pour attribuer un rôle à chaque ministère et responsable afin de remédier à la détérioration de l’environnement », explique Abdel-Fattah Al-Qassas, expert international dans les questions d’environnement.

Au-delà des visites gratuites dans les réserves de Wadi Degla, Qobbet Al-Hassana et Al-Ghaba Al-Motahagguéra ont été organisées avec des navettes au départ des places Tahrir, Guiza, Ataba, Ramsès et Abbassiya. « On ne savait rien de ces réserves. Ni où elles se trouvaient ni comment s’y rendre. Il faudrait que le ministère de l’Environnement organise tous les mois des visites guidées dans ces endroits », souligne Amr Kamal, ingénieur ayant participé à une visite. Le 5 juin, des spectacles aquatiques ont également été présentés par les forces armées et la police, de 17 heures à 19 heures, au bord du Nil. « Il fallait profiter de cette journée pour sensibiliser le public à la pollution des cours d’eau et à la pénurie d’eau annoncée pour 2017 en Egypte », explique Qassas.


Un pas en avant

Le 6 juin, le ministre de l’Environnement a inauguré le premier Forum égyptien de l’environnement qui doit s’achever le 12 juin à Beit Al-Qahera, à Fostate, dans le Vieux-Caire. « L’idée de tenir ce genre de forums n’est pas nouvelle. Mais la plupart du temps, leurs résultats ne sont que de l’encre sur du papier. Espérons que cela sera différent cette fois », tempère l’expert en environnement Mohamad Al-Zarqa.

Ce qui est néanmoins nouveau cette année, c’est que plusieurs ministères et gouvernorats ont participé, chacun à sa manière, à la célébration de la Journée de l’environnement. Ainsi, le ministère des Transports a réduit à 50 piastres au lieu de 75 piastres le prix du ticket de métro le 5 juin. Le ministère de l’Intérieur a, lui, entamé le 28 mai une campagne de lutte contre la pollution des automobiles en retirant la carte grise des véhicules dégageant trop de fumée. Cette campagne, qui prendra fin le 15 juin, couvrira les gouvernorats du Grand-Caire ainsi que la route Le Caire–Alexandrie. Le ministère des Télécommunications a préparé un timbre pour fêter l’environnement, celui de la Culture a gratuitement ouvert au public ses théâtres. Le ministère de l’Agriculture a offert 500 mille arbres aux gouvernorats. Les ministères de l’Irrigation, du Commerce extérieur et de l’Industrie, des Waqfs, de la Jeunesse, de l’Information, de l’Education, de la Santé ainsi que la Banque Centrale ont organisé des activités pour célébrer la Journée de l’environnement. En outre, 16 gouvernorats sur 27 ont organisé des activités pour cette journée, entre conférences de presse, campagnes d’arborisation, de nettoyage et autres. « On peut considérer les célébrations intensives de cette année comme un pas en avant. Tout le peuple égyptien a au moins été mis au courant que le 5 juin est la Journée mondiale de l’environnement », affirme Salah Hafez, ex-directeur exécutif de l’Agence égyptienne pour les affaires de l’environnement. Mais il se demande pourquoi ne pas organiser de telles activités tout au long de l’année.

Certains vont plus loin en dénonçant ces célébrations tous azimuts. « La Journée de l’environnement n’est pas une fête nationale où les spectacles doivent se succéder. Pourquoi tout ce cinéma ? », se demande Samer Al-Mofti, membre du conseil d’administration de plusieurs ONG. Selon lui, le ministère pourrait se contenter d’une célébration sur un site où un projet de protection de l’environnement est en cours, accompagné d’une campagne de sensibilisation de la population avoisinante. « L’environnement est devenu à la mode dans le monde entier, y compris en Egypte. Le problème ici c’est que les choses se font n’importe comment », affirme Al-Mofti. Selon lui, sensibiliser la population sans fournir les moyens d’agir ne mène à rien. « Il n’est par exemple pas logique de demander à la population de ne pas jeter ses ordures n’importe où, alors que bien souvent les rues manquent de containers pour les recueillir ... », fait-il remarquer.

Dalia Abdel-Salam
 
3 QUESTIONS À
Magued Georges, ministre de l’Environnement.

Al-Ahram Hebdo : Pourquoi avoir cette année décidé de célébrer avec une telle ampleur la Journée mondiale de l’environnement en Egypte ?

Magued Georges : Cette journée mondiale est une occasion pour accroître la solidarité sur les questions de l’environnement dans tous les pays du monde qui fêtent le même événement, le même jour. Les problèmes de l’environnement se sont multipliés ces dernières années, cela apparaît très clairement dans le rapport mondial des Nations-Unies qui a appelé à l’évaluation des écosystèmes pour le millénaire. Il faut donc profiter de toutes les occasions pour sensibiliser la population, car la plupart des problèmes de l’environnement sont justement dus à un manque de sensibilisation.

— Quelle a été la manifestation la plus importante dans le pays selon vous ?

— Plusieurs manifestations ont été organisées pour attirer le plus grand nombre possible de citoyens. Mais je crois que l’inauguration du projet de la ceinture verte du Caire et celle des fosses de stockage des déchets dangereux à Alexandrie ont été les manifestations les plus importantes, outre celles de la lutte contre la pollution automobile et la pollution sonore.

— Pourquoi différents ministères ont-ils participé aux célébrations ?

— Les problèmes de l’environnement sont la responsabilité de tous les ministères. Le ministère de l’Environnement ne pourra pas les résoudre tous tout seul. Il doit y avoir une coordination entre les différents responsables pour parvenir à des résultats à la fois concrets et satisfaisants.

Propos recueillis par
Dalia Abdel-Salam
 

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