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PND. Au sein du PND, certaines personnalités ont pour tâche de conseiller les plus hautes instances tout en se livrant aux classiques jeux d’influence au cœur du parti.

Les hommes du président

Même si officiellement le président Hosni Moubarak ne dispose que d’un seul conseiller, ils sont néanmoins nombreux à pouvoir prétendre à une certaine influence sur lui, en particulier au sein du PND dont il reste le président attitré tout en représentant la République.

Le président « a de plus en plus recours à des consultations », selon Taoufiq Aclimandos, chercheur au CEDEJ (Centre d’Etudes et de Documentation Economiques et Juridiques). Selon lui, il reste néanmoins des domaines réservés où le cercle est plus fermé lorsqu’il s’agit de « l’armée, les renseignements et les affaires étrangères ».

Ossama Al-Baz, conseiller officiel du président, est aussi son proche. On rapporte que chaque discours présidentiel doit passer par son bureau, et qu’il fut longtemps l’interlocuteur privilégié pour la politique étrangère, étant diplomate de carrière. Cependant, il n’exerce aucune responsabilité importante au sein du PND, dont il fait néanmoins partie depuis sa création. Le rôle de cet architecte des accords de Camp David s’est un peu marginalisé sur le dossier israélo-palestinien, cédant la place à l’influent chef des services secrets Omar Soliman. Zakariya Azmi est le secrétaire général de la présidence depuis 1981, le début de l’ère Moubarak. Fidèle au président, il serait conseiller aux relations avec le Parlement et les partis, tout en étant député PND. On dit qu’il est le conseiller du chef de l’Etat lorsqu’il est question des affaires plutôt internes. Ce député au Parlement et membre influent du PND est surtout classé parmi l’ancienne garde mais s’il existe parfois une tendance à le distinguer de Safouat Al-Chérif, l’homme fort du parti au pouvoir, ce dernier, secrétaire général du PND, fut longtemps ministre de l’Information, et « conseiller médiatique » officieux du président mais surtout porte-parole unique du régime. Une tâche qui s’est d’ailleurs affaiblie avec la nomination d’un porte-parole présidentiel. Son remplacement au ministère par Anas Al-Fiqi, en juillet dernier, est pour certains le signe de la mise à l’écart de la « vieille garde », alors que beaucoup d’autres estiment que son influence n’est pas à sous-estimer, surtout dans la campagne pré-référendum.

Nabil Abdel-Fattah, chercheur au Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, pense qu’« il est encore trop tôt pour pouvoir juger de sa mise à l’écart, car il conserve tous ses contacts médiatiques, notamment au sein des journaux pour envoyer des remarques négatives à ses ennemis politiques ». Loin d’être symbolique, son nouveau poste de président de la Choura (Conseil consultatif) lui permet de conserver un rôle important dans la vie politique. Moustapha Al-Fiqi, qui a été 8 années conseiller à l’information de Moubarak, a affirmé à la presse que « l’absence de Safouat Al-Chérif s’est reflétée dans le discours du régime ». Des déclarations du gouvernement et du PND aussitôt démenties. S’agirait-il d’un effort d’Al-Chérif pour affaiblir plus encore son remplaçant ? La question n’est pas à ignorer.

Un autre grand cacique du parti au pouvoir est Kamal Al-Chazli. Voire, il est depuis les années 1960 cadre du parti au pouvoir et aujourd’hui responsable du « tanzim » (de l’organisation) du PND. Son influence vis-à-vis de Moubarak a été affaiblie, ce qui s’est traduit par la division de son ministère en juillet dernier, il ne détient plus que les Affaires de l’Assemblée du peuple et non plus celles du Conseil consultatif.

La presse avait laissé filtrer qu’il aurait pu être à l’origine de l’amendement de l’article 76 de la Constitution, qu’il pourrait s’agir d’un rôle qui lui a été confié en haut lieu, notamment que le président Moubarak avait déjà fait allusion à une certaine consultation sur le sujet avec lui. Malgré cet affaiblissement, il est celui qui connaîtrait le mieux les rouages du parti, étant donné sa longévité au sein de celui-ci. L’opposition accuse ces deux faucons, Al-Chérif et Al-Chazli, d’être derrière les derniers dérapages du PND le jour du référendum et qui ont dégénéré en agression contre le mouvement Kéfaya. Une attitude qui ne plairait peut-être pas à la nouvelle génération du PND, sous la tutelle de Gamal Moubarak, président du Comité politique. Mais lui et ses partisans restent assez éloignés du cercle des conseillers du président. Juste quelques recommandations en matière d’économie et à travers le gouvernement dont le tiers proche de Gamal, pionnier de la « nouvelle pensée » économique et sociale au sein du PND.

Guillaume Laisné

 

Les rouages du PND

Le Parti National Démocrate (PND) est à la tête du pouvoir en Egypte depuis 27 ans. Formé en 1978 par le président Anouar Al-Sadate, il compte aujourd’hui deux millions de membres. La charte des valeurs du PND prône entre autres la garantie de la liberté de chacun, la justice sociale et l’unité nationale. Il se définit comme parti populaire.

En 1981, à la mort du président Al-Sadate, le président Moubarak assure la présidence du pays et celle du PND. Dans les années 1990, le PND se renforce, grâce à l’adhésion de nombre d’hommes politiques et d’hommes d’affaires. Le parti garde une structure rigide et bureaucratique au niveau de son fonctionnement.

La fin des années 1990 voit émerger une nouvelle génération qui demande des réformes. Dès 1999, Gamal Moubarak, le fils du président, commence à s’imposer au sein du parti. Il est nommé en février 2000 au comité politique du PND, un organe chargé de définir les futures orientations du parti. En 2002, Gamal Moubarak prend la tête du comité. Il s’entoure d’hommes d’affaires et de chercheurs. Le programme qu’il propose est axé autour d’une « nouvelle pensée » réformatrice et plus démocratique. Le parti connaît depuis un véritable lifting.

Organigramme

Le PND est un gigantesque organisme politique tentaculaire aux fonctionnements très complexes. La direction du parti est très centralisée.

Le président du parti : Il supervise cette énorme structure très hiérarchisée. C’est lui qui définit les grandes lignes du parti. Il est élu lors du congrès annuel. Pour une durée de cinq ans renouvelable.

Congrès annuel : C’est lors du congrès annuel que sont annoncées les réformes. C’est aussi lors de cette rencontre que les membres du congrès choisissent les membres du bureau exécutif et ceux du secrétariat général. La rotation au sein du parti est de cinq ans. Lors du congrès sont aussi définies les grandes lignes du parti.

Le bureau politique : Il comprend le président du parti, ainsi que ses adjoints, le premier ministre, le secrétaire général du parti, le président de l’Assemblé du peuple et huit membres nommés lors du congrès annuel.

Le secrétariat général : Le secrétaire général est l’ancien ministre de l’Information, Safouat Al-Chérif, un des noyaux durs du parti. Le secrétariat est formé des 13 secrétaires en charge des différents secteurs, ainsi que Kamal Al-Chazli, ministre d’Etat aux Affaires parlementaires, et responsable de l’organisation du comité de gestion. Un autre noyau dur du régime.

Viennent ensuite les comités centraux au nombre de 13 : Ils renferment entre autres le Comité de la femme et celui de la jeunesse. Mais aussi celui de la formation politique ou encore celui en charge des membres du parti. Ces deux derniers ont joué un rôle très actif lors du référendum, sur l’ensemble du pays, via les différents secrétariats régionaux du parti. Ceux-ci sont répandus dans les 26 gouvernorats que compte l’Egypte. Il y a aussi des bureaux de parti et des secrétaires de parti dans chaque ville et chaque village. Il existe 7 000 unités sur l’ensemble du pays.

Le comité politique, dernier-né dans cette structure. Il est présidé par Gamal Moubarak, et regroupe des hommes d’affaires et des politiques de la nouvelle génération, comme l’homme d’affaires Ahmad Ezz, président de la commission du plan et du budget, et Hossam Badrawi, homme d’affaires et président de la commission de l’enseignement au sein du Parlement, ou encore le ministre de l’Investissement, Mahmoud Mohieddine.

Il renferme deux organes :

— Le haut conseil des politiques ainsi que les commissions politiques spécialisées. Ces dernières sont formées de comités, comme par exemple celle intitulée « l’Egypte et le monde », responsable des relations extérieures ou encore la jeunesse, l’éducation et la recherche scientifique. Il en compte sept.

C’est donc via les commissions politiques spécialisées et ses différentes commissions que sont définies les futures orientations du parti. Elles jouent un rôle primordial dans l’étude des projets. Les propositions sont ensuite soumises au secrétariat général qui, après avoir donné son aval, a pour mission de distribuer les tâches et le plan d’action aux différents comités.

La commission parlementaire du PND : A pour rôle de coordonner le travail entre le parti et le gouvernement et le Parlement concernant les législations et les dossiers que propose le parti à l’Assemblé du peuple et au Conseil consultatif. La commission renferme un organe parlementaire qui est chargé entre autres de défendre le point de vue du parti au Parlement et d’analyser les décrets politiques qu’émet le gouvernement et d’y répondre.

Ida Ghali

 

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