Le Parti National
Démocrate (PND) est à la tête du pouvoir en Egypte depuis
27 ans. Formé en 1978 par le président Anouar Al-Sadate, il
compte aujourd’hui deux millions de membres. La charte des
valeurs du PND prône entre autres la garantie de la liberté
de chacun, la justice sociale et l’unité nationale. Il se
définit comme parti populaire.
En 1981, à la
mort du président Al-Sadate, le président Moubarak assure
la présidence du pays et celle du PND. Dans les années 1990,
le PND se renforce, grâce à l’adhésion de nombre d’hommes
politiques et d’hommes d’affaires. Le parti garde une structure
rigide et bureaucratique au niveau de son fonctionnement.
La fin des années
1990 voit émerger une nouvelle génération qui demande des
réformes. Dès 1999, Gamal Moubarak, le fils du président,
commence à s’imposer au sein du parti. Il est nommé en février
2000 au comité politique du PND, un organe chargé de définir
les futures orientations du parti. En 2002, Gamal Moubarak
prend la tête du comité. Il s’entoure d’hommes d’affaires
et de chercheurs. Le programme qu’il propose est axé autour
d’une « nouvelle pensée » réformatrice et plus démocratique.
Le parti connaît depuis un véritable lifting.
Organigramme
Le PND est un
gigantesque organisme politique tentaculaire aux fonctionnements
très complexes. La direction du parti est très centralisée.
Le président
du parti : Il supervise cette énorme structure très hiérarchisée.
C’est lui qui définit les grandes lignes du parti. Il est
élu lors du congrès annuel. Pour une durée de cinq ans renouvelable.
Congrès annuel
: C’est lors du congrès annuel que sont annoncées les
réformes. C’est aussi lors de cette rencontre que les membres
du congrès choisissent les membres du bureau exécutif et ceux
du secrétariat général. La rotation au sein du parti est de
cinq ans. Lors du congrès sont aussi définies les grandes
lignes du parti.
Le bureau
politique : Il comprend le président du parti, ainsi que
ses adjoints, le premier ministre, le secrétaire général du
parti, le président de l’Assemblé du peuple et huit membres
nommés lors du congrès annuel.
Le secrétariat
général : Le secrétaire général est l’ancien ministre
de l’Information, Safouat Al-Chérif, un des noyaux durs du
parti. Le secrétariat est formé des 13 secrétaires en charge
des différents secteurs, ainsi que Kamal Al-Chazli, ministre
d’Etat aux Affaires parlementaires, et responsable de l’organisation
du comité de gestion. Un autre noyau dur du régime.
Viennent ensuite
les comités centraux au nombre de 13 : Ils renferment
entre autres le Comité de la femme et celui de la jeunesse.
Mais aussi celui de la formation politique ou encore celui
en charge des membres du parti. Ces deux derniers ont joué
un rôle très actif lors du référendum, sur l’ensemble du pays,
via les différents secrétariats régionaux du parti. Ceux-ci
sont répandus dans les 26 gouvernorats que compte l’Egypte.
Il y a aussi des bureaux de parti et des secrétaires de parti
dans chaque ville et chaque village. Il existe 7 000 unités
sur l’ensemble du pays.
Le comité politique,
dernier-né dans cette structure. Il est présidé par Gamal
Moubarak, et regroupe des hommes d’affaires et des politiques
de la nouvelle génération, comme l’homme d’affaires Ahmad
Ezz, président de la commission du plan et du budget, et Hossam
Badrawi, homme d’affaires et président de la commission de
l’enseignement au sein du Parlement, ou encore le ministre
de l’Investissement, Mahmoud Mohieddine.
Il renferme
deux organes :
— Le haut conseil
des politiques ainsi que les commissions politiques spécialisées.
Ces dernières sont formées de comités, comme par exemple celle
intitulée « l’Egypte et le monde », responsable des relations
extérieures ou encore la jeunesse, l’éducation et la recherche
scientifique. Il en compte sept.
C’est donc via
les commissions politiques spécialisées et ses différentes
commissions que sont définies les futures orientations du
parti. Elles jouent un rôle primordial dans l’étude des projets.
Les propositions sont ensuite soumises au secrétariat général
qui, après avoir donné son aval, a pour mission de distribuer
les tâches et le plan d’action aux différents comités.
La commission
parlementaire du PND : A pour rôle de coordonner le travail
entre le parti et le gouvernement et le Parlement concernant
les législations et les dossiers que propose le parti à l’Assemblé
du peuple et au Conseil consultatif. La commission renferme
un organe parlementaire qui est chargé entre autres de défendre
le point de vue du parti au Parlement et d’analyser les décrets
politiques qu’émet le gouvernement et d’y répondre.