| Les faits remontent
au 25 mai dernier, jour du référendum sur l’amendement constitutionnel.
Des membres du mouvement de contestation Kéfaya manifestaient
devant le Syndicat des journalistes lorsqu’ils ont été attaqués
par des militants du PND (Parti National Démocrate, au pouvoir).
La journaliste, Nawal Ali, qui se trouvait sur les lieux a été
sexuellement harcelée, rouée de coups et ses vêtements ont été
déchirés. Cette semaine, tandis que la classe politique continuait
à dénoncer « la conduite honteuse et immorale des hommes de
main engagés par le PND », le procureur général Maher Abdel-Wahed
a annoncé qu’une enquête était ouverte pour déterminer les coupables.
Les journalistes de leur côté ont organisé un sit-in dans leur
syndicat, rue Abdel-Khaleq Sarwat, au Caire, en présence de
membres de Kéfaya. Principale réclamation : la démission du
ministre de l’Intérieur Habib Al-Adeli et du directeur de la
sécurité au Caire le général Nabil Al-Ezabi qui, selon les organisateurs
du sit-in, ont passé sous silence les agressions du 25 mai.
Une conférence de presse a été organisée au siège du syndicat
par le bâtonnier Galal Aref et plusieurs membres du conseil
: Yéhia Qallache, Salah Abdel-Maqsoud et Nawal Ali qui a porté
plainte pour harcèlement sexuel. « Je demande au président Moubarak
d’intervenir personnellement en tant que président du PND pour
punir les responsables de l’agression », a déclaré Nawal Ali.
« Nous avons soumis au Parquet des photos et des vidéos qui
montrent les faits », précise Essam Al-Islambolli, avocat du
mouvement Kéfaya. Le mouvement a dressé dans un communiqué une
liste de personnes qu’il considère comme responsables dans l’affaire
Nawal Ali. Celle-ci comprend le président Moubarak, Habib Al-Adeli,
ministre de l’Intérieur, Nabil Al-Ezabi, président de la sécurité
au Caire, Safouat Al-Chérif, secrétaire général du PND, la députée
Soraya Labana, Magdi Allam, membre du comité des politiques
au PND, Magdi Ibrahim, député du quartier Al-Ezbékiya et Imane
Beibars, présidente de l’Association du développement de la
femme. Le communiqué de Kéfaya cite également les noms des 34
personnes qui ont fait l’objet d’agressions. Le Syndicat des
journalistes a décidé, lui, d’attendre les résultats de l’enquête
du Parquet avant d’agir. C’est ce qu’affirme Yéhia Qallache,
membre du conseil du syndicat.
Quant à l’Etat,
il garde toujours le silence. Le porte-parole de la présidence
de la République, Soliman Awwad, avait déclaré la semaine dernière
qu’il y a eu une exagération dans les médias étrangers. « Lorsqu’il
existe plus de 54 000 bureaux de vote dans le pays, le fait
qu’il y ait deux incidents inacceptables dans le Grand-Caire
ne mérite pas d’être exagéré », a déclaré Awwad. Il est à noter
que le mouvement Kéfaya organise ce mercredi un sit-in avec
des bougies devant le mausolée de Saad Zaghloul au Caire et
une conférence sur la démocratie le 23 juin.
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