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Urbanisme
. Les deux zones
sauvages d’Ezbet al-walda et Arab al-walda à Hélouan
sont en train d’être réaménagées avec succès. Le
projet fait certes le bonheur de tous, mais plus
que la beauté des lieux, les habitants réclament
une aide concrète. |
| Coup
de pouce aux laissés-pour-compte |
A
dix kilomètres de la Corniche du Nil, Ezbet al-walda
et Arab al-walda s’étendent sur une surface de 300
feddans (126 ha), dans la banlieue de Hélouan, au
sud du Caire. Dès qu’on arrive dans ces deux bidonvilles,
on est stupéfait par la verdure et la propreté.
25 000 tonnes d’ordures ont été ramassées. L’entrée
du quartier est asphaltée. Les routes sont illuminées.
On est complètement ébloui par cette beauté qui
ressemble à celle qu’on trouve dans les quartiers
huppés de la capitale et les nouvelles villes.
C’est en août 2004
que Mme Suzanne Moubarak, présidente de l’Association
de la protection globale, l’ONG responsable du réaménagement
d’Ezbet et Arab al-walda, avait donné le feu vert
pour rénover cette zone sauvage qui n’a vu aucun
développement depuis son installation après la défaite
de 1967. Le budget consacré par l’association au
réaménagement de ces bidonvilles est de 28 millions
de L.E. provenant des donations étrangères et locales.
Cet endroit, qui
était tombé dans l’oubli, jouit aujourd’hui donc
d’infrastructures couvrant une partie assez large
des services nécessaires. En l’espace de six mois,
la première phase du projet a été exécutée. Un nouveau
réseau d’eau potable et d’égout est installé d’un
coût de 5 millions de L.E., dont 1,2 million ont
été versées par le Fonds social. Vingt km de routes
ont été pavées et illuminées. Des moyens de transport
en commun commencent à relier le quartier au reste
de la capitale : les 100 000 habitants sont enfin
reliés à leur tour au monde extérieur.
La deuxième phase
a été lancée au mois de mars. A l’entrée de cette
région, on trouve un centre pour la sensibilisation
à l’environnement fondé par la grande Société des
entrepreneurs arabes. Ce centre vise à aider les
habitants à sauvegarder la propreté de leur quartier,
de leurs domiciles et des magasins. A l’ouverture
de ses portes le matin, un grand nombre de citoyens
s’y rendent, même les enfants trouvent un certain
plaisir à prendre part aux cours dispensés. Juste
à côté, on aperçoit des jeunes qui pressent le pas
en direction d’un club dont ils ont été longtemps
privés. Autrefois, il n’y avait qu’un petit et vieux
Centre de jeunesse construit en 1976, dans lequel
ils ne pouvaient jouer qu’au football, seul sport
qu’ils savaient pratiquer. Comme il fermait ses
portes les jeudi et vendredi, jours de congé, cela
obligeait les jeunes à aller au café, seul endroit
où ils pouvaient passer leur temps libre. « Enfin,
les jeunes ont droit à un club bien équipé offrant
un grand nombre de sports, fondé par les Forces
armées sur une surface de 12 feddans », révèle Abdou
Attiya, directeur du club. Et d’ajouter : « Dorénavant,
les jeunes peuvent profiter de leur temps libre
pour faire des choses utiles. Des cours seront organisés
prochainement pour leur apprendre à exercer différentes
sortes de sports ». Quant aux enfants, ils peuvent
désormais passer de bons moments dans le petit jardin
qui vient d’ouvrir ses portes. Néanmoins, l’affaire
ne manque pas d’inconvénients. C’est qu’il faut
verser une livre par individu à l’entrée du club
ainsi qu’une somme de 15 L.E. par heure comme frais
de réservation du terrain de foot. « C’est beaucoup
mieux de jouer au foot dans la rue jusqu’à ce qu’on
puisse s’abonner au club, comme nous l’ont promis
les responsables », lâche Mohamad Ahmad, étudiant.
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Le revers de la monnaie |
| Aux
alentours d’Ezbet et Arab al-walda, les 5 vieilles
écoles qui accueillent 5 000 élèves ont été restaurées.
Les travaux d’entretien ont été menés par le ministre
de la Production militaire, Sayed Méchaal, député
de la circonscription de Hélouan. Une somme de 4,5
millions de L.E. et une surface de 15 000 m2 ont
été consacrées à la construction de deux écoles
modernes pour les cycles primaire et préparatoire.
Les ouvriers et des bulldozers y travaillent d’arrache-pied.
Cela fait plusieurs semaines que la société responsable
de l’exécution du projet a entrepris les travaux.
En
plein centre du quartier, des classes d’alphabétisation,
un bureau de poste et un centrale téléphonique ont
été installés ainsi que deux centres médicaux financés
par la Banque nationale et l’homme d’affaires Mohamad
Farid Khamis. De plus, une surface de 2 100 m2 a
été consacrée pour la construction d’un hôpital.
Les
habitants ne semblent toutefois pas encore satisfaits.
« La construction d’un hôpital devrait figurer parmi
les priorités du projet de réaménagement de notre
quartier. La plupart des patients se font transférer
par les centres médicaux qui sont encore mal équipés
à l’hôpital public d’Al-Nasr, situé à 15 km d’ici
», souligne Tahani Ahmad, une habitante. Les citoyens
attendent aussi impatiemment l’installation prévue
d’un poste de police. « Ce poste de police est prioritaire
dans une telle région sauvage, bien avant les clubs
et les jardins. Le taux de criminalité a atteint
son apogée alors que nous n’avons même pas un agent
de police. Nous souffrons des voleurs, des drogués
et des baltaguis (hommes de main) qui leur imposent
leur loi. Qu’attendent donc les responsables ? »,
dénonce Marwane Gaber, fonctionnaire.
Malgré
les bienfaits du projet de réaménagement de ces
deux zones d’urbanisation sauvage, le problème le
plus grave, concernant le pain, persiste encore.
« Il n’existe que 4 fours qui servent les 100 000
habitants d’Ezbet et Arab al-walda, qui ouvrent
à 9h à matin et ferment à 13h. Ce qui fait que les
habitants font la queue dès le matin pour pouvoir
s’approvisionner », signale Mohamad Abdel-Mongui,
propriétaire d’un four qui accueille 25 000 habitants
quotidiennement. Et d’ajouter : « Quand nous portons
plainte aux responsables, ils nous affirment que
ni l’augmentation des quotas de farine distribués
aux 4 fours, ni la construction d’autres fours ne
figurent dans le plan de réaménagement. Comment
peut-on donc répondre aux besoins des habitants
? ».
Pour
leur part, les habitants affirment que les responsables
leur avaient assuré que le développement vise en
premier lieu à hausser leur niveau de vie en créant
des emplois pour les jeunes diplômés et de petits
projets pour les veuves et les divorcées, qui subviennent
aux besoins de leur famille. Mais rien n’a été fait
à ce sujet.
Ainsi,
même si le projet de réaménagement d’Ezbet et Arab
al-walda a fait le bonheur de certains, nombreux
sont ceux qui le dénoncent. Il s’agit de ceux qui
ont construit des maisons sur la terre agricole
sans permis de construction. « Nous avons été obligés
la semaine dernière par la police en charge des
infrastructures d’évacuer notre maison pour la démolir.
Nous l’avons suppliée d’attendre un seul jour jusqu’à
ce que mon fils finisse ses examens de 6e primaire
d’autant plus que nous n’avons aucun autre refuge.
Mais, la police a fait la sourde oreille », raconte
Hoda Abdallah tout en larmes. Mais ce n’est pas
seulement le fils de Hoda qui a été obligé de passer
la soirée en plein air pour réviser ses leçons dans
l’obscurité avant d’aller le lendemain à l’école,
en pyjama, ne trouvant pas ses vêtements ni ses
chaussures sous les débris. C’est le cas d’une cinquantaine
de familles qui ont tout perdu, maisons, meubles,
équipements, vêtements et bien d’autres choses au
nom de la rénovation. Mais comme les élections législatives
approchent et que le gouvernement ne veut pas susciter
la colère des habitants, les autorités ont décidé
d’arrêter les démolitions. |
Héba
Nasreddine |
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3 QUESTIONS
À |
| Zakariya
Aboul-Séoud, secrétaire
général de la municipalité d’Ezbet et Arab al-walda. |
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Al-Ahram
Hebdo : Qui sont les partenaires de ce projet de
réaménagement ?
Zakariya Aboul-Séoud : Mme
Suzanne Moubarak a posé la première pierre de ce
grand projet de réaménagement, en août 2004. Avant
de commencer les travaux, les responsables de l’Association
de la protection globale, l’ONG responsable du réaménagement
d’Ezbet et Arab al-walda, ont créé un comité comprenant
des représentants du ministère des Affaires sociales
et de l’Organisme du développement urbain. Ce comité
a tenu plusieurs rencontres avec les habitants ainsi
qu’avec des représentants de la direction de la
région du sud du Caire et du gouvernorat pour déterminer
les problèmes dont souffrent les deux quartiers
ainsi que les priorités des travaux de réaménagement.
Une évaluation des travaux a été faite. Ceux-ci,
dont les coûts s’élèvent à 28 millions de L.E.,
ont été pris en charge par les hommes d’affaires
et le programme égypto-allemand pour le développement
des zones d’urbanisation sauvage avec la coopération
du gouvernorat du Caire et les ministères de la
Jeunesse, de l’Education, du Développement local,
de la Santé et de l’Environnement.
— Le projet doit s’achever au bout
d’un an. Pourtant, les habitants affirment qu’il
y a encore beaucoup de choses à faire. Qu’en dites-vous
?
— Cela fait un an que les travaux
de réaménagement s’effectuent sans cesse. Il est
vrai qu’il manque encore des services vitaux. Il
reste encore l’installation d’un poste de police,
d’un hôpital, d’un registre civil, d’une caserne
de pompiers, d’une bibliothèque et d’un centre pour
les services destinés aux femmes en charge de famille.
Il faut rassurer les citoyens que tous ces projets
seront achevés au moment déterminé.
— Certains habitants se sont plaints
de la façon dont leurs habitations ont été démolies
sans leur donner la chance de trouver une alternative
...
— Le député de la circonscription,
Mohamad Mahgoub, s’est débrouillé et a réussi à
convaincre les hautes autorités d’arrêter la démolition
du reste des maisons en infraction. Il a aussi obtenu
une autorisation au profit de ceux dont les maisons
ont été déjà démolies pour qu’ils les reconstruisent
jusqu’à ce que leur situation soit régularisée.
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| Propos
recueillis par
Heba Nasr |
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