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Liban
. Après sa bataille
contre la présence syrienne, l’opposition libanaise
compte désormais renverser le président Emile Lahoud. |
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La
crise se prolonge |
L’enterrement
du journaliste d’opposition Samir Kassir, qui a
eu lieu samedi à Beyrouth au milieu d’appels pour
qu’une commission d’enquête internationale se saisisse
de ce meurtre, vient démontrer la précarité de la
situation politique au Liban, malgré le retrait
syrien et la tenue des élections législatives dans
les temps.
L’assassinat de
ce journaliste aux idées laïques a choqué l’ensemble
du Liban, tandis que la presse d’opposition estimait
qu’il s’agissait d’une tentative du « régime militaire
policier libano-syrien de reprendre son souffle
» après un reflux dû au retrait syrien qui s’est
achevé fin avril.
Quoi qu’il en soit,
cet acte violent reflète la haute tension politique
qui règne dans le pays depuis l’assassinat de l’ancien
premier ministre Rafiq Hariri.
Pour Elias Atallah,
membre du mouvement de gauche démocratique, « le
premier objectif est de renverser (le président
libanais) Emile Lahoud (...) qui est la tête de
la machine infernale ». De même, dans une déclaration
précédente, M. Joumblatt avait indiqué que « les
services de sécurité dirigés par M. Lahoud sont
responsables de l’assassinat de Samir Kassir, comme
ils le sont du meurtre de Rafiq Hariri ».
De son côté, Elias
Atallah, secrétaire général du mouvement de la Gauche
démocratique, a accusé les autorités libanaises,
et il a affirmé que « c’est Emile Lahoud, le chef
de l’Etat, et les services de sécurité qui l’ont
tué ».
Ainsi, l’opposition
a fait du renversement de M. Lahoud, dont la prolongation
du mandat de 3 ans a été imposée en septembre 2004
par le régime syrien, sa principale priorité après
les élections législatives. Le président est aujourd’hui
très affaibli politiquement après le retrait syrien
du pays.
Toutefois, Lahoud
peut encore profiter des divisions au sein de l’opposition.
En effet, le chef de l’Eglise maronite au Liban,
le cardinal Nasrallah Sfeir, un des ténors de l’opposition
chrétienne anti-syrienne, s’est déclaré dimanche
hostile à une démission forcée du chef de l’Etat,
Emile Lahoud, ce qui a poussé l’opposition à reporter
une action décidée dans ce but. Le cardinal a proposé
d’attendre jusqu’après les élections afin que «
les choses se déroulent de manière légitime dans
le cadre des institutions ». Suite à l’appel du
chef de l’Eglise maronite, l’opposition plurielle
a reporté à plus tard une manifestation qui était
prévue lundi après-midi pour réclamer la démission
de M. Lahoud. L’opposition avait appelé vendredi
à la tenue d’un rassemblement pacifique au croisement
qui mène au palais présidentiel de Baabda, à l’est
de Beyrouth. Les manifestants devaient y souligner
la « responsabilité du chef du régime sécuritaire
policier libano-syrien (ndlr : le président Lahoud)
dans l’assassinat du journaliste Samir Kassir ».
Le président du
Parlement et chef du mouvement chiite pro-syrien
Amal, Nabih Berri, a calqué sa position sur celle
du patriarche maronite. « Qu’il démissionne est
une affaire qui le concerne, quant à le démettre,
c’est une question qui relève du Parlement », a-t-il
dit dans des propos publiés dimanche par la presse.
Face à toutes ces
pressions, le président Lahoud s’est contenté de
réitérer dimanche son « attachement à l’engagement
pris dans mon serment d’accession au pouvoir à l’égard
du Liban, jusqu’à la dernière minute de mon mandat
constitutionnel ».
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Inés
Eissa |
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Duopole
Amal-Hezbollah |
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Après sa victoire aux
législatives dans la région du sud, le Hezbollah
affirme sa détermination de poursuivre la résistance
tant qu’Israël occupe les fermes de Chebaa. |
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La coalition
Amal-Hezbollah a remporté une victoire écrasante
lors de la deuxième phase des législatives qui s’est
tenue dimanche dans le Sud-Liban. Le ministre libanais
de l’Intérieur, Hassan Sabeh, a annoncé que l’alliance
Amal-Hezbollah avec d’autres partis pro-syriens,
qui a fait campagne sous le slogan « Résistance,
Libération et Développement », a remporté les 23
sièges du sud. Six des 23 candidats, 3 chrétiens
et 3 sunnites, avaient été élus d’office, en l’absence
ou après le désistement des autres candidats. Le
taux de participation a été de 45 %, supérieur d’un
point à celui des dernières législatives, selon
des chiffres officieux. Pour les vainqueurs, ce
vote exprime le refus de désarmer la « résistance
» anti-israélienne, exigé par l’Onu. « Les habitants
du sud ont dit un grand oui, sans équivoque, à la
solidarité avec la résistance », a déclaré dimanche
soir cheikh Naïm Qassem, numéro deux du Hezbollah,
soutenu par Damas et Téhéran. Et d’ajouter : « C’est
un message clair aux étrangers, notamment aux Américains,
selon lequel les Libanais sont avec la résistance
».
Le Hezbollah et Amal n’en sont
pas à leur première alliance. Lors des trois dernières
législatives, Damas les avait encouragés à s’allier,
ce qui leur a permis de rafler, avec leurs alliés
chrétiens et sunnites, les sièges des bastions chiites
au Sud-Liban et dans la région Baalbek-Hermel. Et
bien que ces élections soient les premières à se
tenir sans présence militaire syrienne, un appui
véritable au Hezbollah, ce dernier a su montrer
sa suprématie.
Pourtant, le Hezbollah a participé
aux législatives alors qu’il subit une pression
internationale, surtout de la part de l’Administration
américaine qui veut son désarmement. En effet, la
résolution 1 559 du Conseil de sécurité de l’Onu,
adoptée en septembre 2004, exige que toutes les
« milices » soient désarmées au Liban, en référence
au Hezbollah, qualifié d’organisation « terroriste
» par les Etats-Unis.
Face à cette résolution, les mouvements
Hezbollah et Amal ont placé leur campagne sous le
signe de « la défense de la résistance », du « refus
de la 1 559 » et du « rejet de la tutelle américaine
».
Pour le Hezbollah, le désarmement
n’est pas de mise tant qu’Israël continue à occuper
les fermes de Chebaa, secteur conquis sur la Syrie
en 1967 et revendiqué par Beyrouth avec l’aval de
Damas.
Disposant de 12 000 fusées déployées
au Sud-Liban, le Hezbollah a déjà marqué un point
important dans la mesure où la plupart des forces
politiques du pays se sont déjà prononcées pour
un règlement par le biais d’un « dialogue interne
» de la question de son désarmement. Il est à noter
que le Hezbollah a été le seul mouvement armé qui
a été autorisé à ne pas déposer les armes, au lendemain
de la guerre civile au Liban (1975-1990) à cause
de la résistance anti-israélienne qu’il s’est engagé
à poursuivre jusqu’à la libération de la zone controversée
dite des « fermes de Chebaa », aux confins du Liban,
de la Syrie et d’Israël.
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Ingy
Al-Qadi |
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