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Par Ibrahim Nafie

Le « oui » populaire à l'amendement de l'article 76 de la Constitution a visiblement contribué à l'orientation vers l'étape de l'après-référendum. Politiciens, écrivains et analystes tendent pour la plupart à spéculer sur l'avenir, notamment sur les premières élections présidentielles pluralistes de l'histoire de l'Egypte.

Ce qui est requis actuellement, c'est la participation de tous les partis politiques à la présentation de plans et de programmes précis, exprimant leurs visions respectives de façon détaillée, loin des généralités et des ambiguïtés.

Et ce, à l'instar de ce qui nous a été démontré lors de la tournée d'une délégation d'Al-Ahram en avril dernier, dans les Etats d'Amérique latine. Les responsables — ministres et présidents — ont pris soin de nous présenter des plans et des programmes précis, préparés au préalable, à proposer dans les campagnes électorales. Au Venezuela par exemple, le vice-président nous a expliqué en détail le programme de son pays contre l'analphabétisme : « Nous allons déclarer en mars 2005 l'abolition de toute trace d'analphabétisme au Venezuela ». Au Brésil, le président Lula Da Silva n'a pas manqué à son tour de nous expliquer en toute franchise et objectivité le programme de son pays contre la faim, ainsi que le programme de protection médicale.

La présentation de tels projets présuppose une importante mise en place d'un plan précis et détaillé dans le cadre d'une évaluation objective des capacités et des moyens disponibles.

Nous devons donc en Egypte avoir une vision et une méthode pour faire face à nos défis.

A l'approche des élections présidentielles prévues en septembre prochain, la question essentielle dont il faut tenir compte est la présentation de candidats au poste de président de la République. Les partis politiques sont actuellement autorisés à présenter des candidats au poste de président parmi leurs dirigeants ou membres. Chaque candidat doit disposer d'un programme précis, indiquant ce qu'il entend accomplir en cas de victoire.

Nous avons aujourd'hui besoin de passer à une nouvelle étape d'action nationale, celle où les partis politiques sont en mesure de jouer leur rôle dans les systèmes politiques pluralistes qui refusent les méthodes de rupture et de boycott. Les systèmes pluralistes et de dialogue prennent le dessus et garantissent plus de liberté aux Egyptiens.

Les partis politiques doivent évaluer les effets de cette expérience, intervenir le plus fortement possible dans le processus politique pour parvenir à la vision idéale de réforme et de changement.

Le succès des efforts qui visent la formation d'un modèle égyptien de réforme dépend en grande mesure de la performance des partis. La présence dans la rue égyptienne de partis efficaces aura des conséquences positives sur le processus politique, et sur l'évolution de l'expérience nationale. Ceci conduira à stimuler plus de citoyens à participer à tous les devoirs civiques.

Enfin, les partis doivent également se préparer aux prochaines élections présidentielles qui seront suivies au mois de novembre prochain par les élections législatives : une tâche difficile qui suppose une bonne préparation et une étude profonde des thèmes proposés dans un esprit positif et une vision purement nationale.

 

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