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Kiosque. Après le référendum du 25 mai, la presse égyptienne met l’accent sur les maux politiques de l’Egypte d’aujourd’hui.
Une réanimation politique !
Sans nul doute, le oui à l’amendement de la Constitution égyptienne a incité de nombreux analystes et commentateurs à commenter et analyser l’après-référendum.

Dans le magazine hebdomadaire Al-Ahram Al-Arabi, sous le titre La Constitution en Egypte ranimée, l’analyste Nabil Abdel-Fattah affirme que « l’un des plus importants événements intervenus sur la scène politique égyptienne est la relance de la politique et du mouvement populaire appelant au changement et à la réforme. Ce, après cinq décennies d’inertie ».

Sur un ton plus optimiste encore, Samir Ragab, dans Al-Gomhouriya, renchérit : « Nous avons maintenant l’occasion de participer positivement et efficacement au pouvoir. Il n’y a plus de restrictions, chacun peut s’exprimer librement et adopter la position qui lui convient. Nous prions les intrus de s’abstenir de s’ingérer dans nos affaires ».

Certains dénoncent ouvertement la démocratie à l’américaine. Comme Emile Amin qui écrit dans Al-Hayat : « La démocratie et les réformes intérieures en Egypte sont un droit. Mais si cette revendication de démocratie se fait aux dépens de la sécurité de la société et si elle conduit au désordre, alors elle n’a plus de raison d’être. Que tous ceux qui prônent la démocratie à l’américaine regardent ce qui se passe en Iraq ».

Rose Al-Youssef continue à vouloir descendre l’opposition toutes tendances confondues. « Certaines ailes de l’opposition penchent pour le fascisme et la dictature lorsqu’elles traitent avec autrui. Elles oublient complètement l’esprit de démocratie et ne font aucun cas de la volonté de la majorité. Elles se contentent d’attaquer moralement tous ceux qui sont en désaccord avec elles », explique Mohamad Abdel-Moneim, rédacteur en chef de cet hebdomadaire.

Ismaïl Montasser, dans Octobar, va dans le même sens en rappelant que : « On ne peut se passer de l’opposition ni de son rôle dans la vie politique. Mais il ne faut en aucun cas que le désaccord dépasse les lignes rouges de sorte que les intérêts de la nation soient menacés ».

Plus neutre est l’article de Ramzi Zaqlama dans Nahdet Misr (indépendant), sous le titre Les chocs surréalistes dans l’Etat égyptien, sur un ton très pessimiste : « L’Egypte malade qui se trouve en soins intensifs se réveille de temps à autre, mais seul un travail sérieux lui permettra de s’en sortir. Débarrassons-nous des vieux programmes, car le monde évolue, et mettons sur place de nouveaux programmes pouvant nous conduire vers un avenir meilleur. Aussi, il n’y a pas de place pour les partis religieux ».

Dans son éditorial dans l’hebdomadaire Al-Osboue, l’éminent Yéhia Al-Gamal compare l’Egypte d’aujourd’hui (après-référendum) à la France de Louis XIV, « Cinq siècles sont passés et l’Etat est toujours le domaine réservé du pouvoir ... c’est lui qui autorise et lui qui interdit ... c’est lui qui fait monter et fait baisser. Les gouverneurs ne disent pas comme disait Louis XIV, mais font comme lui, oubliant complètement que déjà 5 siècles sont passés, et que le monde bouge et évolue depuis ... et le vent du changement souffle de partout. Le sage est celui qui navigue de concert avec l’évolution, lui ouvrant la porte, pour un transfert pacifique vers la démocratie ».

Malheureusement, cette phase de l’après-référendum a fait aussi surgir un des phénomènes les plus odieux : il s’agit de la baltaga (violence commise par des malfrats au service du PND).

« La baltaga est devenue le slogan de l’Etat égyptien, et sa façon de traiter avec les problèmes qui s’y posent. Il semble que ce régime ne comprend pas que cette politique l’affaiblit autant à l’extérieur qu’à l’intérieur », écrit le Dr Mohamad Aboul-Ghar sur un ton très offensif dans l’hebdomadaire Al-Arabi (nassérien). La porte reste donc grande ouverte au dialogue et à tout changement pouvant porter profit aux citoyens égyptiens en premier lieu.

Hoda Ghali
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Poudre aux yeux

Une paix négociée a-t-elle un sens pour le gouvernement israélien ? Est-il réellement disposé à faire les concessions nécessaires pour y parvenir ? Tout indique que les belles paroles de l’Etat hébreu sur son intention de faire la paix avec les Palestiniens ne sont que de la poudre aux yeux. Dernière preuve en date : la municipalité israélienne de Jérusalem s’apprête à raser 88 maisons abritant un millier de Palestiniens dans la partie arabe de la ville.

Le complexe de maisons concerné par les ordres de démolition émis depuis plusieurs mois est situé dans le quartier de Silwan, en contrebas des murs de la Vieille ville et du site de la cité antique de David. Ces démolitions, contre lesquelles des recours ont été présentés aux tribunaux israéliens, constitueraient une des plus grandes opérations de destruction collective de maisons à Jérusalem-Est depuis son occupation et annexion par Israël en 1967. La municipalité justifie sa décision de raser les maisons, construites selon elle sans permis, par la volonté d’aménager un « parc public » à leur emplacement.

La réalité est que la décision de détruire ces maisons est purement politique visant à vider progressivement la Ville sainte de ses habitants palestiniens, car la municipalité de Jérusalem, qui accorde au compte-gouttes des permis de construire aux Palestiniens, autorise en même temps la construction de maisons de colons dans le même secteur. Les colons se sont ainsi installés dans 17 maisons à Silwan et sont soutenus par des organisations vouées à la colonisation et par le gouvernement israélien.

Selon un rapport de l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem, 343 maisons palestiniennes ont été détruites entre 1999 et 2004 dans la partie arabe de Jérusalem, dont les Palestiniens veulent faire la capitale de leur futur Etat. Depuis l’annexion de Jérusalem-Est, le gouvernement israélien s’est fixé comme principal objectif de créer une situation démographique et géographique qui lui permettrait de contrecarrer toute contestation de sa souveraineté sur la ville. Pour réaliser ce but, il prend des mesures pour accroître le nombre des juifs et réduire celui des Palestiniens.

Cet objectif a été réaffirmé par le premier ministre Ariel Sharon dont le gouvernement vient d’approuver un plan pour le développement de Jérusalem, visant à « renforcer l’emprise » d’Israël sur la ville. D’un montant de 64 millions de dollars, le plan prévoit notamment des constructions de logement et des créations d’emplois pour encourager l’installation de jeunes couples juifs dans la ville.

 

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