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Palestine
. Confronté à une crise au sein de son mouvement, le
Fatah, et au risque de voir le Hamas remporter le scrutin, Mahmoud
Abbass a décidé un report sine die des législatives initialement
prévues le 17 juillet.
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| Abou-Mazen
joue la carte du temps |
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Evoqué
depuis plusieurs semaines, le report des élections législatives
palestiniennes n’est pas une véritable surprise. Mais, le président
de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbass, aura attendu son
retour d’Amman et sa visite aux Etats-Unis pour annoncer le
report sine die les législatives en annulant le décret qui les
fixait au 17 juillet. Officiellement, ce report est justifié
par la nécessité de laisser le temps au Conseil Législatif Palestinien
(CLP) de légiférer une nouvelle loi électorale. Or, cette justification
est mise en doute puisque le CLP avait adopté le 18 mai une
nouvelle loi qui fixait un scrutin mixte : deux tiers des candidats
élus par circonscription, un autre tiers à la proportionnelle.
La loi amendée prévoit aussi de porter le nombre des députés
à 132, contre 88 actuellement. Le président de l’Autorité palestinienne
n’a pas contresigné cette adoption et le président du Parlement,
Rouhi Fattouh, a laissé entendre que M. Abbass s’y opposerait.
Ce dernier préfère un mode de scrutin à la seule proportionnelle
afin de présenter des candidats sur une liste nationale, tandis
que le mouvement islamiste Hamas est pour un scrutin par circonscription.
Un
tel report des législatives permettra au parti du président,
le Fatah, qui domine le Parlement, de mieux se préparer à affronter
le Hamas après les récents succès électoraux de celui-ci. Le
Fatah craint en effet de voir sa majorité s’effriter, voire
disparaître, au profit du mouvement islamiste.
Il
s’agit donc de considérations politiques et non pas techniques
qui ont poussé le président palestinien à vouloir gagner du
temps afin de remettre de l’ordre dans sa maison et de régler
notamment le lourd contentieux entre la vieille et la jeune
garde du Fatah, au moment où son mouvement affronte des risques
de décomposition. En repoussant l’échéance électorale, Abou-Mazen
essaye d’atténuer les tensions qui règnent au sein de sa formation.
Actuellement,
les uns et les autres vont jusqu’à se tirer dessus. La Conférence
générale du mouvement, prévue en août et qui devait être l’occasion
d’élections internes pour renouveler la direction du mouvement,
a été reportée elle aussi sine die. Bien plus, des membres des
Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, groupe lié au Fatah, ont pris
d’assaut dimanche, à Naplouse, des bureaux officiels, accusant
M. Abbass d’avoir manqué à ses engagements, en ce qui concerne
leur intégration dans les forces de sécurité.
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Le
Hamas mécontent
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La
décision du report des élections a suscité des remous au sein
de la classe politique palestinienne. Mais la réaction la plus
forte était celle du Hamas qui a qualifié ce report de « décision
unilatérale ». Ce mouvement, dont la participation aux législatives
est la première, comptait capitaliser sur son succès aux récentes
municipales et voir une nouvelle base politique se dessiner
au CLP. Le report « risque de provoquer le chaos et de donner
une impression négative de la nation palestinienne car elle
survient alors que les Américains et Israël multiplient leurs
appels pour un report des élections », a estimé le Hamas dans
un communiqué.
Il
faisait référence à de récents propos tenus par certains responsables
israéliens ayant affiché leur réticence à voir le Hamas participer
aux élections. Le chef de la diplomatie israélienne, Sylvan
Shalom, avait même estimé début mai que son pays devrait reconsidérer
son plan de retrait de la bande de Gaza, qui doit être réalisé
en août, si le Hamas venait à remporter les législatives et
devenait la principale force politique dans ce territoire. Alors,
comme cela n’est pas exclu dans les circonstances actuelles,
les responsables palestiniens ne sont pas prêts à une remise
en cause du désengagement. Certes, le premier ministre israélien
se déclare toujours déterminé à mettre son plan en œuvre, mais
rien ne garantit que la majorité de l’opinion publique sera
encore derrière M. Sharon au moment de son application. Il ne
manquerait donc plus qu’une victoire du Hamas aux législatives
pour faire radicalement basculer l’opinion publique et engendrer
une pression sur M. Sharon à laquelle il n’est pas certain de
résister.
Palestiniens
et Israéliens sont ainsi dans un cercle vicieux. Les premiers
veulent qu’Israël procède au retrait unilatéral avant les élections
et les seconds attendent les résultats des législatives pour
évaluer le désengagement. C’est tout le processus de paix qui
risque d’être de nouveau remis aux calendes grecques.
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| Rania
Adel |
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