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La
question de l'élargissement du Conseil de sécurité de l'Onu
continue de diviser les nouveaux candidats. Opposée à l'entrée
du Japon dans le club restreint des membres permanents du Conseil
de sécurité, la Chine, l'un des cinq membres permanents du Conseil,
a réitéré, samedi, son opposition à l'initiative du groupe de
quatre pays (G4), comprenant, outre le Japon, le Brésil, l'Inde
et l'Allemagne, et prévoyant un siège permanent pour chacun
d'eux. « La réforme du Conseil de sécurité est une question
d'importance majeure qui concerne les intérêts immédiats de
tous les pays. Elle doit faire l'objet de discussions approfondies
et transparentes et d'accords unanimes », a déclaré le porte-parole
du ministère chinois des Affaires étrangères, Kong Quan. Selon
lui, une telle unanimité est nécessaire pour que, d'une part,
les Nations-Unies puissent affirmer leur autorité et jouer un
rôle efficace et d'autre part, afin de maintenir l'unité entre
les pays membres. Selon la Chine, l'initiative du G4 est « dangereuse
», car elle « divisera la maison, détruira son unité et fera
dérailler tout le processus de discussions sur les grandes réformes
de l'Onu », selon l'ambassadeur chinois aux Nations-Unies, Wang
Guangya.
Le
16 mai, le G4 a fait circuler un projet de résolution destiné
à l'Assemblée générale de l'Onu et prévoyant le principe d'un
élargissement du Conseil à 25 membres contre 15 actuellement
avec 6 nouveaux membres permanents, dont 2 pays africains désignés
ultérieurement.
Durant
les deux derniers mois, la Chine avait exprimé son soutien pour
que le Brésil, l'Allemagne et l'Inde jouent un plus grand rôle
à l'Onu, mais s'était opposée aux prétentions du Japon, arguant
que Tokyo ne s'amende pas avec suffisamment de sincérité pour
son passé impérialiste. Une récente autorisation par Tokyo d'un
manuel d'Histoire jugé révisionniste en Chine, qui a fait descendre
des dizaines de milliers de manifestants anti-japonais dans
les rues de Pékin en avril, est venue alourdir le climat entre
les deux géants asiatiques déjà opposés par d'anciennes rivalités.
De nombreux protestataires avaient clamé à cette occasion leur
refus de voir accéder le Japon au statut de membre permanent
du Conseil de sécurité.
Pour
tenter de cacher son animosité envers Tokyo, Pékin a affirmé
vendredi sa préférence pour une autre proposition d'élargissement
d'un groupe de pays comprenant des rivaux régionaux des membres
du G4 et dénommé « Unis pour un consensus ». Défendue notamment
par l'Italie, le Pakistan et le Mexique, rivaux respectifs de
l'Allemagne, de l'Inde et du Brésil, cette proposition prévoit
aussi un élargissement à 25 membres mais sans nouveau siège
permanent, les dix sièges nouveaux étant tous non permanents.
Malgré
cette guerre déclarée ouvertement par la Chine, le Japon ne
baisse pas les bras. Le porte-parole des Affaires étrangères
japonais, Hatsuhisa Takashima, a affirmé que son pays va encore
essayer de parler avec les Chinois pour obtenir une meilleure
compréhension et leur soutien. Selon les experts, l'opposition
au Japon est pour Pékin moins importante que l'appel à l'unité
de l'Onu.
De
toute façon, la Chine, dotée du droit de veto, ne peut pas techniquement
empêcher l'adoption d'une telle résolution qui nécessite le
vote de deux tiers des 191 Etats membres de l'Assemblée générale,
où le droit de veto n'existe pas. Mais elle peut empêcher la
décision à un stade ultérieur car pour prendre effet, un tel
élargissement du Conseil nécessite un amendement de la charte
de l'Onu. Un tel amendement requiert lui aussi deux tiers des
votes à l'Assemblée générale, et en plus, une ratification par
les Parlements des deux tiers des membres, y compris des cinq
membres permanents.
De
son côté, le président de l'Assemblée générale de l'Onu, le
Gabonais Jean Ping, a appelé, samedi, toutes les parties impliquées
dans l'élargissement du Conseil de sécurité à éviter toute précipitation
afin d'arriver à une solution consensuelle. « Rien ne devrait
se faire avant le 21 juin, après quoi les choses iront plus
vite », a déclaré M. Ping, soulignant que l'élargissement du
Conseil de sécurité avec l'ajout de membres permanents était
« depuis le début, le sujet le plus polémique » du projet de
réforme de l'Onu.
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