L’idée
de donner un nouvel élan aux bureaux commerciaux dans les chancelleries
égyptiennes à l’étranger fait son chemin au sein du gouvernement,
mais elle est encore loin de convaincre les hommes d’affaires
égyptiens, plutôt sceptiques et échaudés par le peu d’efficacité
montré jusque-là par ces représentations dans la défense des
produits égyptiens sur les marchés extérieurs. La direction
des représentations commerciales du ministère du Commerce extérieur
et de l’Industrie a désormais un nouveau patron, Achraf Al-Rabii,
qui, dès sa nomination, a affirmé avoir pris des mesures qui
visent à donner une nouvelle impulsion à ces bureaux et à son
siège permanent au Caire. Cette restructuration visera d’abord
à créer des liens et des canaux de communication entre les représentants
commerciaux et les exportateurs égyptiens, y compris les petites
et moyennes entreprises. « Il faut que les représentants de
notre direction sachent quels sont les problèmes auxquels font
face les exportateurs et qui entravent leurs activités. Ce n’est
qu’ainsi qu’ils pourront offrir les services dont les clients
égyptiens ont véritablement besoin », a notamment déclaré Rabii.
Il faut dire que la restructuration de cette direction fait
partie d’une stratégie plus globale du nouveau ministre du Commerce
extérieur et de l’Industrie, Rachid Mohamad Rachid, visant à
relancer le commerce extérieur.
Cela dit, Rachid avait demandé de revoir à
la baisse le budget consacré aux bureaux commerciaux à l’étranger,
qui atteignait 67 millions de dollars, le réduisant à 65 millions
de dollars. Une mesure qui a abouti à la réduction du nombre
même des bureaux à l’étranger, passant de 72 à 62. « On peut
faire fusionner deux ou trois bureaux en un seul selon l’importance
de la région où ils sont implantés. Notre stratégie vise à accorder
plus d’importance à notre présence en Europe et aux Etats-Unis
qu’à celle des régions comme l’Asie ou l’Afrique », explique
encore Rabii.
Mais la question qui se pose est de savoir
si ces bureaux effectuent vraiment un rôle important dans la
promotion des exportations égyptiennes, ou si au contraire,
ils constituent une charge de plus pour le budget du ministère.
Concernant justement le travail effectué par ces représentations,
des hommes d’affaires comme Gamal Al-Nazer, président de l’Association
des hommes d’affaires égyptiens, se disent plutôt insatisfaits,
et affirment qu’en réalité le rôle de ces bureaux se limite
à l’organisation d’expositions et à faire un travail de suivi
informant le siège au Caire de leurs activités. Il estime que
cela est dû à l’inefficacité du personnel. « Ils n’agissent
pas comme les commerçants qu’ils devraient être en tentant de
trouver de nouvelles opportunités pour les exportations égyptiennes.
Leur véritable rôle devrait consister à étudier les marchés,
comparer les rapports qualité et prix des produits sur le marché
extérieur et ceux égyptiens afin de connaître les avantages
que peuvent présenter nos exportations, les évaluer, voire faire
des recommandations dans le cas où des changements sont nécessaires
», soutient Al-Nazer. Il souligne également le manque de coopération
entre les bureaux de représentation commerciale et les Conseils
du même ministère chargés chacun d’un produit industriel spécifique.
Raison peut-être pour laquelle Al-Rabii a affirmé que le ministère
a décidé de faire participer cinq représentants commerciaux
aux réunions de ces conseils. Décision qui vise à informer les
représentants commerciaux des problèmes de chaque industrie.
Pour sa part, Mohamad Nabil Al-Chimi, qui dirige
ces conseils, partage totalement l’opinion d’Al-Nazer quant
au manque d’efficacité de ces représentations. Selon lui, il
est nécessaire de réussir à ouvrir de nouvelles possibilités
pour les exportations égyptiennes sur les marchés étrangers,
ce qui apparemment n’est pas le cas.
Par ailleurs, les bureaux n’ont jamais réussi
à accomplir une des plus importantes tâches qui leur incombent.
Celle d’attirer de nouveaux investissements étrangers en Egypte.
Une défaillance que reconnaît Achraf Al-Rabii qui, dans le même
temps, affirme que cela est en train de changer, donnant l’exemple
du bureau de représentation commerciale en Chine qui a récemment
réussi à séduire trois sociétés chinoises pour créer une usine
de fabrication de vitres en Egypte, projet d’une valeur de 66
millions de dollars et qui donne une certaine crédibilité aux
représentants commerciaux égyptiens à Pékin. Ce qui fait dire
à Al-Nazer que s’il est vrai que « certains de nos bureaux à
l’étranger prouvent exceptionnellement leur efficacité, il n’en
demeure pas moins que d’autres ne sont pas assez agressifs et
compétents. Ce qu’il faudrait, c’est une évaluation continuelle
de la performance de tous les bureaux afin d’exclure ceux qui
ne travaillent pas ». Certains spécialistes sont allés jusqu’à
préconiser la privatisation de la direction des représentations
commerciales égyptiennes à l’étranger comme solution ultime
au problème de la médiocrité de leur performance. Proposition
refusée par le gouvernement, comme le souligne Rabii, pour qui
la restructuration de ce secteur aboutira rapidement à des résultats.
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