Le Comesa représente 20
pays et 380 millions d’habitants. C’est l’une des zones
d’Afrique les plus riches en termes de ressources minérales,
phosphates, diamants, or, cassitérite, uranium, cuivre,
nickel, mais aussi énergétiques : gaz méthane, pétrole
ou encore charbon et agricoles. Une zone riche dont la
population reste pauvre.
La réunion a décidé l’établissement
d’une union douanière pour décembre 2008. Autrement dit,
beaucoup de taxes douanières sur le commerce des pays
membres seront annulées à cette date. Cette union avait
été planifiée pour entrer en vigueur en décembre 2004.
Mais elle a été reportée par manque d’enthousiasme de
la part de plusieurs pays membres dont les revenus publics
proviennent surtout des taxes douanières. Il est difficile
d’entreprendre immédiatement l’union douanière, puisqu’il
existe plusieurs pays membres qui n’ont même pas adhéré
à la zone de libre-échange du Comesa. Ainsi, le sommet
a appelé les pays membres qui n’ont pas encore rejoint
la zone de libre-échange à le faire aussi vite que possible
afin d’entrer dans l’union douanière. Cette zone a été
créée en 2000. Onze pays en sont déjà membres, et trois
autres doivent y adhérer d’ici 2006. Tous ces efforts
doivent augmenter les échanges très faibles entre les
pays membres et qui ne dépassent pas 7 % du total du commerce
extérieur de ces pays.
Le secrétaire général
du Comesa et les représentants des pays ont orienté leurs
discours dans le sens d’une plus grande solidarité entre
les pays membres de leur organisation mais aussi et surtout
entre les pays africains. Il a même été proposé que dorénavant,
le pays membre qui entreprendrait des démarches auprès
de n’importe quel bailleur de fonds recevra de l’aide
de ses pairs pour accélérer le processus de financement.
Le secrétaire général a promis que le Comesa entreprendra
une coopération plus élargie avec les institutions sœurs
en Afrique.
Conscients de l’importance
de la question sécuritaire pour le développement de l’intégration
économique dans le continent, les chefs d’Etat ont salué
les efforts faits par l’Union africaine pour instaurer
la paix en Afrique. Rappelons que plusieurs conflits enveniment
les relations entre plusieurs pays membres dont l’Ethiopie
et l’Erythrée.
Le sommet a exigé de ses
pays membres qu’ils améliorent leur environnement des
affaires pour stimuler la croissance économique. Prenant
la parole au sommet, le secrétaire général du Comesa,
Erastus Mwencha, a déclaré que les infrastructures modestes
sont devenues le plus grand obstacle au développement
économique dans les pays membres de l’organisation régionale.
La réunion n’a pas oublié
d’adresser un message hors du continent africain. La pensée
africaine dominante insiste sur le rôle important que
les puissances économiques mondiales doivent jouer dans
le développement de l’Afrique. Un appel a été lancé en
direction de l’Union européenne pour que le système du
commerce international soit plus juste, équitable, transparent
et libre.
La réunion a enregistré
officiellement l’entrée en son sein de la Libye. C’est
le troisième pays arabe qui rejoint le Comesa après l’Egypte
et le Soudan. Le pragmatisme que le colonel Kadhafi a
adopté ces dernières années pousse la Libye à ne pas se
contenter de revendiquer l’union immédiate des pays africains
que le discours officiel libyen tendait souvent à adopter.
En termes de bilan global,
la réunion du Comesa montre une conscience de l’importance
de renforcer l’intégration économique entre les pays africains,
même si cette intégration piétine encore.