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Comesa . Le 10e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du Marché commun pour l’Afrique orientale et australe s’est achevé sur l’adoption d’une résolution appelant à l’établissement d’une union douanière en décembre 2008.

L’impératif de l’intégration régionale

Huit chefs d’Etat du Comesa (Marché commun pour l’Afrique orientale et australe) ont participé à ce sommet dans la capitale rwandaise, Kigali, en présence du président nigérian et président en exercice de l’Union africaine, Olusegun Obasanjo. Le président ivoirien Laurent Gbagbo était présent avec le statut d’observateur, tandis que le secrétaire d’Etat adjoint américain Robert Zoellick et le Commissaire européen pour le développement et l’aide humanitaire, Louis Michel, ont également assisté à la réunion, qui s’est achevée le 3 juin.

Le Comesa représente 20 pays et 380 millions d’habitants. C’est l’une des zones d’Afrique les plus riches en termes de ressources minérales, phosphates, diamants, or, cassitérite, uranium, cuivre, nickel, mais aussi énergétiques : gaz méthane, pétrole ou encore charbon et agricoles. Une zone riche dont la population reste pauvre.

La réunion a décidé l’établissement d’une union douanière pour décembre 2008. Autrement dit, beaucoup de taxes douanières sur le commerce des pays membres seront annulées à cette date. Cette union avait été planifiée pour entrer en vigueur en décembre 2004. Mais elle a été reportée par manque d’enthousiasme de la part de plusieurs pays membres dont les revenus publics proviennent surtout des taxes douanières. Il est difficile d’entreprendre immédiatement l’union douanière, puisqu’il existe plusieurs pays membres qui n’ont même pas adhéré à la zone de libre-échange du Comesa. Ainsi, le sommet a appelé les pays membres qui n’ont pas encore rejoint la zone de libre-échange à le faire aussi vite que possible afin d’entrer dans l’union douanière. Cette zone a été créée en 2000. Onze pays en sont déjà membres, et trois autres doivent y adhérer d’ici 2006. Tous ces efforts doivent augmenter les échanges très faibles entre les pays membres et qui ne dépassent pas 7 % du total du commerce extérieur de ces pays.

Le secrétaire général du Comesa et les représentants des pays ont orienté leurs discours dans le sens d’une plus grande solidarité entre les pays membres de leur organisation mais aussi et surtout entre les pays africains. Il a même été proposé que dorénavant, le pays membre qui entreprendrait des démarches auprès de n’importe quel bailleur de fonds recevra de l’aide de ses pairs pour accélérer le processus de financement. Le secrétaire général a promis que le Comesa entreprendra une coopération plus élargie avec les institutions sœurs en Afrique.

Conscients de l’importance de la question sécuritaire pour le développement de l’intégration économique dans le continent, les chefs d’Etat ont salué les efforts faits par l’Union africaine pour instaurer la paix en Afrique. Rappelons que plusieurs conflits enveniment les relations entre plusieurs pays membres dont l’Ethiopie et l’Erythrée.

Le sommet a exigé de ses pays membres qu’ils améliorent leur environnement des affaires pour stimuler la croissance économique. Prenant la parole au sommet, le secrétaire général du Comesa, Erastus Mwencha, a déclaré que les infrastructures modestes sont devenues le plus grand obstacle au développement économique dans les pays membres de l’organisation régionale.

La réunion n’a pas oublié d’adresser un message hors du continent africain. La pensée africaine dominante insiste sur le rôle important que les puissances économiques mondiales doivent jouer dans le développement de l’Afrique. Un appel a été lancé en direction de l’Union européenne pour que le système du commerce international soit plus juste, équitable, transparent et libre.

La réunion a enregistré officiellement l’entrée en son sein de la Libye. C’est le troisième pays arabe qui rejoint le Comesa après l’Egypte et le Soudan. Le pragmatisme que le colonel Kadhafi a adopté ces dernières années pousse la Libye à ne pas se contenter de revendiquer l’union immédiate des pays africains que le discours officiel libyen tendait souvent à adopter.

En termes de bilan global, la réunion du Comesa montre une conscience de l’importance de renforcer l’intégration économique entre les pays africains, même si cette intégration piétine encore.

Samer Soliman

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