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Football . Suite à son échec dans la course au Mondial, la sélection nationale doit maintenant se concentrer sur son prochain rendez-vous, la Coupe d’Afrique des nations, qui aura lieu en Egypte l’année prochaine.

La CAN comme nouvel objectif

19 juin 2005, une date que les fans du football égyptien ne sont pas prêts d’oublier. Ce jour-là, la sélection nationale a été éliminée des qualifications pour la Coupe du monde 2006 après sa défaite contre la Côte-d’Ivoire 0-2, lors d’un match comptant pour la 8e journée des qualifications communes pour le Mondial et la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2006).

Une défaite amère qui a anéanti le rêve égyptien de se qualifier pour la Coupe du monde après une absence de 15 ans (Ndlr : la dernière participation de l’Egypte au Mondial remonte à 1990).

Cette élimination n’est tout de même pas une surprise. Le tirage au sort ayant placé l’Egypte dans un groupe assez difficile avec deux grandes puissances africaines, à savoir le Cameroun et la Côte-d’Ivoire. « L’élimination de la sélection a déçu les Egyptiens. Mais ce n’est pas une surprise. Il faut être réaliste, car le football africain a beaucoup évolué en comparaison avec celui de l’Egypte, qui a stagné », confie Mahmoud Bakr, membre du conseil d’administration de la Fédération Egyptienne de Football (FEF).

Mais ce qui a inquiété le public égyptien, c’est le manque de stabilité de la sélection nationale lors de ces qualifications. On voit mal comment les Pharaons pourraient remporter la prochaine CAN devant leur public.


Stabilité exigée

Hamada Imam, ancien vice-président de la FEF, estime que gagner la CAN ne sera pas une mission facile. Pour lui, l’essentiel est de faire une bonne préparation et de tirer les leçons de cette élimination. Il est vrai que des événements comme l’instabilité du conseil d’administration et du staff technique ont favorisé cet échec. Trois conseils d’administration de la fédération se sont succédé durant le parcours de la sélection lors des qualifications : le conseil de Essam Abdel-Moneim, celui d’Abdou Saleh Al-Wahch, et enfin de Samir Zaher, qui a pris les commandes à quelques jours de la rencontre contre la Côte-d’Ivoire. Les trois administrations précédentes ont négligé la sélection et se sont intéressées à des affaires moins importantes, comme le procès d’Islam Al-Chater, le nombre des membres de l’assemblée générale de la fédération et le système du nouveau championnat.

Par ailleurs, changer automatiquement tout l’encadrement technique après chaque contre-performance déstabilise les footballeurs.

Tout a commencé avec l’Italien Marco Tardelli, qui dirigeait la sélection. Malgré un bon début, la sélection a essuyé deux défaites, l’une contre la Côte-d’Ivoire, à Alexandrie, et l’autre face à la Libye à Tripoli. C’est ainsi que, soumise à de fortes pressions, la FEF a démis Tardelli de ses fonctions.

C’est alors que Hassan Chéhata, ex-directeur technique des sélections olympique et junior, est nommé à sa place. Mais Chéhata n’a pas su faire mieux que son prédécesseur.

Les statistiques du nombre de joueurs utilisés témoignent de cette instabilité : 32 footballeurs ont été appelés en sélection en 8 matchs officiels.

Il semblerait que la nouvelle administration ait tiré des leçons du passé. Suite à la défaite de la sélection contre les Ivoiriens, les responsables de la fédération ont renouvelé leur confiance au staff technique pour qu’il achève sa mission jusqu’à la prochaine CAN. « Un changement de staff technique pourrait entraîner des conséquences graves sur l’avenir de la sélection. Cette période exige une certaine stabilité. Hassan Chéhata est un bon entraîneur. Il a pris en main la sélection qui était dans une situation assez critique. On doit lui donner la chance de travailler avant la CAN. Le titre de champion d’Afrique est désormais notre seul objectif », déclare Samir Zaher, nouveau président de la fédération.


Concurrence de poids

La tâche de Hassan Chéhata ne sera pas évidente. Il aura du pain sur la planche lors de la prochaine CAN car le football africain compte de plus en plus de joueurs d’expérience formés dans les plus grands clubs d’Europe. Beaucoup d’équipes comptent beaucoup sur ces joueurs qui sont devenus de véritables pièces maîtresses.

L’Ivoirien de Chelsea (Ang) Didier Drogba, le Camerounais Samuel Eto’o de Barcelone (Esp) et le Ghanéen Michael Essien qui évolue à Lyon (Fra) ont tous terminé champions avec leurs clubs respectifs. La cote de ces joueurs augmente de jour en jour, à tel point que seuls les grands clubs peuvent s’offrir leurs services. Drogba est classé parmi les 10 meilleurs joueurs au monde. Le club de Lyon a refusé, il y a quelques jours, une offre de Chelsea pour recruter le milieu ghanéen Michael Essien en échange de 25 000 000 d’euros.

Même les petites nations africaines du football possèdent aujourd’hui des joueurs d’expérience, formés en Europe, à l’image de l’attaquant togolais de l’AS Monaco (Fra) Emanuel Adebayor, qui a mené le Togo à la première place d’un groupe qui comprend le Sénégal et le Mali.

Pour affronter de telles sélections, l’Egypte ne pourra se battre qu’avec des armes équivalentes. « Les critères de sélection des joueurs doivent être modifiés. Il était absurde de rêver de battre une sélection ivoirienne qui compte 11 joueurs évoluant en Europe alors que la majorité de nos joueurs n’évolue qu’en championnat égyptien », explique Mahmoud Bakr.

En effet, l’Egypte possède actuellement 6 joueurs évoluant en Europe, qui jouent de façon régulière avec leurs clubs. Ces derniers doivent constituer l’ossature de la sélection à laquelle doivent s’ajouter les meilleurs éléments du championnat égyptien.

Il était surprenant de trouver le milieu de Besiktas (Tur) Ahmad Hassan sur le banc de touche lors de la rencontre contre la Côte-d’Ivoire. Mohamad Zidan, quant à lui, n’a pas disputé la rencontre contre le Soudan alors qu’il a réalisé des prouesses avec le Werder Brême. De plus, Abdel-Zaher Al-Saqqa, désigné meilleur défenseur du championnat turc lors des deux dernières saisons, n’a pas été convoqué pour la rencontre contre le Soudan et Chéhata lui a préféré le libero d’Ahli Emad Al-Nahass, pourtant beaucoup moins expérimenté.

Six joueurs évoluant en Europe n’est certes pas suffisant, mais l’entraîneur peut compter sur Ahmad Fathi, Mohamad Chawqi et Hosni Abd-Rabbo, qui ont fait leurs preuves.

Enfin, il ne faut pas négliger la question de la préparation, qui doit être à la hauteur de l’événement. « On a entamé une série de négociations avec plusieurs sélections européennes afin d’offrir une bonne préparation à la sélection avant la CAN. La sélection est notre priorité », déclare Samir Zaher.

C’est donc une bonne préparation et une équipe pensée que l’ensemble du staff technique doit mettre en place afin d’éviter une nouvelle désillusion de la sélection nationale.

Mohamad Mosselhi
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