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figure qui ne peut être facilement oubliée. Une djellaba saïdie,
un regard louche et un sourire liant les deux bouts de ses oreilles
et qui était certes le signe d’une écriture, mais aussi d’une
âme plus que sarcastique. Cet auteur de Qiyam wa inhiyar Al-Mostagab
(Gloire et décadence de la famille Mostagab) a tracé lundi l’ultime
mot dans une œuvre et une vie qui caricaturisent tout le monde,
lui-même y compris. Il tournait tout en dérision ... les traditions,
les coutumes, les rites, les clichés de l’univers conservateur
de la Haute-Egypte, d’où il était originaire. Avec ses petits
contes de Dayrout Al-Chérif, le petit Mostagab, comme il se
faisait appeler, s’efforçait de réécrire l’Histoire, avec un
grand H. Tout y était mêlé, homme comme animal, dans une ironie
sans équivoque. Même si beaucoup tentaient parfois de rapprocher
son style de celui de Mahmoud Al-Saadani, le cheikh du sarcasme.
Mostagab, lui, voulait être un peu plus profond avec des clins
d’œil sans cesse politiques. La pauvreté était toujours là.
Normal peut-être, pour un artiste né dans la misère. Il aurait
fait tous les métiers possibles. De petits boulots, surtout.
Ouvrier agricole, aide-couturier, aide-calligraphe, manœuvre
à la Compagnie du Haut-Barrage à Assouan. Un autodidacte pour
autant et qui fait son propre intellectualisme. L’Etat lui prête
attention et le nomme comme agent administratif à l’Académie
de langue arabe. C’est depuis qu’il a entamé cette carrière
de nouvelliste avec en 1969, Le 11e testament. Les contes se
poursuivent pendant plusieurs années. Puis en 1982, Riwayat
al-tarikh al-sirri li Noamane Abdel-Hafez (traduit en français
chez Actes Sud en 1997 sous le titre Les Tribulations d’un Egyptien
en Egypte), Dayrout Al-Chérif en 1984. Des œuvres qui étaient
plutôt liées à la Haute-Egypte mais dans Harq dam (Le sang monte
à la tête) et d’autres, Mohamad Mostagab a procédé à une toute
nouvelle expérience en tentant de rester à cheval entre la Médina
(la ville) et ses origines du sud. Il décrivait la cité et les
relations humaines urbaines avec le regard épaté d’un Saïdi,
donnant naissance à des récits fantastiques qui sont paradoxalement
très réels. Mostagab qui voulait revivre et réécrire l’Histoire
a disparu sans être sûr qu’un jour il en ferait partie.
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