| La ligue
arabe a accueilli le 18 juin la séance inaugurale du
symposium international intitulé Jérusalem dans les
sources historiques organisé par l’Organisme des livres
et des documents égyptiens en coopération avec l’Association
des recherches du patrimoine islamique de Jérusalem.
Le symposium s’est ensuite poursuivi les 19 et 20 juin
à l’Organisme égyptien des livres et des documents qui
surplombe le Nil.
Le
choix du Caire et de la Ligue arabe pour organiser ce
colloque demeure symbolique et chargé de sens à une
époque où toutes les valeurs et les réalités du nationalisme
arabe qui ont régné pendant plus d’un demi-siècle se
trouvent chamboulées. Face à la vague hégémonique qui
envahit le monde arabe, et dont la portée, les limites
et la durée restent inconnues, défendre les valeurs
et les réalités historiques de la nation arabe contre
l’altération et l’effacement s’avère être une responsabilité
historique.
C’est dans
cet esprit que fut organisé l’événement auquel plusieurs
chercheurs et historiens arabes ont participé. « En
raison de la situation difficile où se trouvent la question
de Jérusalem et la question palestinienne, et étant
donné qu’un règlement n’est pas imminent, la recherche
dans les sources du patrimoine demeure fondamentale
pour affirmer le droit arabe à la ville de Jérusalem
», explique Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue
arabe. Selon lui, la diplomatie arabe doit se servir
du passé historique. Il est indéniable que les arguments
avancés par les chercheurs et les historiens représentent
pour les diplomates une source de référence. Autrement
dit, le recours aux documents et aux sources historiques
est une méthode efficace pour consacrer les droits des
Arabes et du monde islamique pour contrer les pratiques
israéliennes. « L’avenir de Jérusalem doit dépendre
d’une solution juste et globale acceptée par toutes
les parties et ne doit plus dépendre de politiques de
démolition, de judaïsation ou de force et de brutalité
», précise Amr Moussa.
« Jérusalem
dans les documents britanniques 1917-1948, la population
et les lieux sacrés » fut un thème significatif présenté
par Zoheir Ghanayem de l’Université de Jérusalem. Il
évoque dans son exposé le rôle des autorités britanniques
qui ont encouragé l’émigration juive, créant ainsi une
nouvelle situation démographique à Jérusalem. Le flux
migratoire vers Israël est passé de 33 971 en 1922 à
51 222 en 1931. En 1944, la communauté des émigrés juifs
a atteint 97 000. C’est cette évolution démographique
créée par Londres qui fut à l’origine de la division
de la Palestine en deux Etats : arabe et juif.
Magued
Al-Hazmawi, du département d’Histoire de l’Université
de Jérusalem, analyse les registres de la Cour légale
de Jérusalem qui citent en détail les propriétés foncières
et agricoles des familles palestiniennes depuis le XIXe
siècle, ainsi que plusieurs autres détails précis concernant
les divers aspects de la vie sociale et économique des
Palestiniens tout au long de ce siècle.
Une lecture
de ces documents historiques qui datent du début du
XIXe siècle jusqu’en 1945 permet de montrer clairement
le rôle joué par le colonialisme britannique qui a profondément
bouleversé les aspects socio-démographiques et économiques
de Jérusalem de sorte que le statut politique de la
Ville sainte soit finalement contesté puis remis en
question sur la scène internationale.
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