Corrado
Clini : Pour commencer, il faut que je vous informe qu’en
Italie, le sujet de l’environnement est intégré dans toutes
les activités, tous les ministères et toutes les institutions
publiques ou privées. En ce qui concerne notre collaboration
avec l’Egypte, la première étape a commencé en 2003 et pris
fin début 2005. Nous entamons la deuxième phase en mettant
en évidence les problèmes majeurs dont souffre l’Egypte. Avec
par exemple le secteur de l’eau, notamment la protection des
côtes, l’écotourisme, les sources d’énergie et enfin le soutien
des administrations égyptiennes aux questions environnementales.
Ce dernier point que nous avons abordé lors de la première
phase est, à mon avis, le plus important, car il englobe de
nombreux sujets. Je suis optimiste et je pense que le développement
écologique pourra petit à petit se réaliser avec la continuation
des projets bilatéraux entrepris ainsi que la mise en application
de nouveaux projets.
— Quels sont les projets bilatéraux dans
le secteur de l’eau ?
— Nous cherchons à apporter l’eau dans les
régions désertiques en y creusant des puits pour exploiter
la nappe phréatique. Nous œuvrons de même à protéger les côtes
égyptiennes de l’érosion et éviter leur pollution, surtout
celles de la Méditerranée par l’intermédiaire de barrières.
Nous tentons de réduire la construction d’immeubles sur les
côtes car ils nuisent au paysage naturel. Nous collaborons
également dans le domaine de la purification des eaux usées
afin de les réutiliser dans l’irrigation des cultures.
— Et en ce qui concerne l’écotourisme ?
— Nous collaborons avec les Egyptiens dans
la sauvegarde des écosystèmes côtiers comme le récif corallien
de la mer Rouge qui renferme les sites de plongée les plus
célèbres de la planète. Nous insistons sur ce dernier point
pour faire évoluer l’écotourisme. Pour le moment, nous avons
établi un projet de développement durable et de gestion de
l’environnement dans la réserve de Ras Mohamad, qui nous permettra
de créer un observatoire sous-marin grâce auquel les visiteurs
pourront jouir des beautés de la mer Rouge. Un tel projet
est le premier de son genre en Egypte.
— Le renouvellement des ressources énergétiques
est aussi un aspect important. Comment agissez-vous à ce sujet
?
— Les sources énergétiques sont multiples
et peuvent nuire à l’environnement à cause des gaz à effet
de serre dégagés et qui provoquent le réchauffement de la
planète. Réduire l’émission de ces gaz représente un intérêt
commun pour les deux pays dans le cadre du protocole de Kyoto.
Pour aboutir à un tel objectif, nous avons installé un projet
de conversion au gaz naturel des moyens de transport du Caire.
C’est un projet expérimental. Et pour mesurer le taux de réussite,
nous allons fournir des équipements de mesure de la pollution
de l’air dans la capitale. Nous avons l’intention ensuite
de généraliser ce projet dans toutes les grandes villes égyptiennes.
Nous tentons également d’exploiter l’énergie solaire qui pourra
être utilisée dans le réchauffement de l’eau, la climatisation
et la production d’électricité. Ces projets seront réalisés
en premier lieu dans les hôtels. Nous pourrons de même exploiter
l’énergie éolienne, bon marché, mais les études sont encore
en cours.