Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

L'Egypte

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Livres
Arts
Société
Sport
Environnement
Escapades
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Incident. Deux morts et 25 blessés, c’est le bilan des incidents ayant eu lieu à Sayeda Zeinab entre les partisans de deux candidats du PND. Affaire qui met le parti au pouvoir au centre des critiques.
Violence électorale

Les événements de jeudi dernier dans le quartier populaire de Sayeda Zeinab dresse déjà un décor tragique pour les prochaines élections législatives prévues en octobre et novembre prochains. L’histoire a commencé lorsque deux candidats du PND (Parti National Démocrate, au pouvoir), Samir Al-Démerdach et Abdel-Fattah Mohamad Ali, députés à l’Assemblée du peuple, ont eu recours aux baltaguis (hommes de main) lors de leur campagne électorale. Bilan : 2 morts, 25 blessés et 33 personnes arrêtées, sans compter les dégâts causés sur 10 voitures et une dizaine d’échoppes.Après une conférence populaire organisée par Abdel-Fattah Mohamad Ali, les habitants de Qalaet Al-Kabch, à Sayeda Zeinab, ont été surpris par l’apparition d’environ 300 baltaguis partisans de Samir Al-Démerdach, équipés d’armes blanches et qui ont envahi le quartier. Ils ont détruit des magasins, en ont volé l’argent et y ont mis le feu. Ils ont également brisé les fenêtres des maisons environnantes. Plusieurs voitures ont fait aussi l’objet de vandalisme. « J’étais censé réparer quatre de ces voitures le lendemain. J’en suis maintenant le seul responsable et je dois dédommager mes clients. Qu’ai-je fait pour mériter cela ? », se plaint Walid Aboul-Ela, mécanicien.Les dégâts ont également touché des familles pauvres dont le seul souci est de pouvoir se procurer leur gagne-pain. « Je n’ai rien à faire de près ou de loin avec la politique. Je suis vendeuse de foul et de taamiya. Je me dirigeais tôt le matin vers mon magasin que j’ai trouvé cambriolé. Ce magasin que j’ai hérité de mon mari était la seule source qui me permettait de subvenir aux besoins de mes six enfants. Comment vais-je faire pour survivre ? », se lamente Nagat Abdel-Ghaffar, veuve. Les actes de violence se sont aggravés lorsque les agresseurs ont assailli avec des armes blanches les commerçants du quartier qui essayaient de se sauver en filant chacun vers sa maison. D’autres ont tenté de trouver refuge au commissariat de police de Sayeda Zeinab, sans succès. « Nous nous sommes évadés vers le commissariat de police. Mais les responsables ont refusé de dresser des procès-verbaux individuels. Ils se sont contentés d’un seul procès-verbal collectif », lâche Mohamad Al-Sayed, épicier.

Ce n’est qu’au bout de 18 heures que la police est intervenue en arrêtant seulement 33 des baltaguis et a fini par barricader le quartier et y interdire la circulation. Une enquête a ensuite été ouverte. Depuis l’incident, le PND est au centre des critiques de l’opposition. Ce n’est pas la première fois que le parti au pouvoir a recours aux baltaguis contre ses ennemis. Il a déjà été accusé d’avoir eu recours à ces hommes de main le jour du référendum, le 25 mai dernier, pour interdire des manifestations organisées par l’opposition. Ses partisans avaient commis des violations contre les manifestants, dont des avocates et des journalistes. « Le PND exagère. Il a de plus en plus recours aux baltaguis pour obliger les citoyens à le suivre. Il est sûr d’avoir le pouvoir, mais il sait très bien que le peuple est avec l’opposition, contre lui », estime Al-Badri Farghali, du parti du Rassemblement. Et d’ajouter : « Cela est la première preuve que les prochaines élections seront dominées par les actes de violence menés par les baltaguis du PND contre ceux qui s’y opposent ». Avis partagé par le chef du parti opposé Al-Ghad (Demain), Aymane Nour : « La société égyptienne ne prendra pas part à un combat parlementaire, mais à un combat contre la corruption, les actes de violence et la falsification des élections et des référendums. Nous sommes habitués à ce type de campagne électorale menée soit par la violence, soit par les sommes d’argent versées par les candidats pour obliger les citoyens à voter pour eux. Le PND a perdu sa légitimité populaire ».

De l’autre côté de la barre, Ahmad Abou-Zeid, ancien chef de la majorité à l’Assemblée du peuple, défend les candidats de son parti : « Il ne s’agit pas de conflits entre les deux candidats mais d’incidents ordinaires entre les habitants du quartier qui ne sont pas d’accord sur le même candidat. Il est tout à fait normal d’assister à de telles choses lors de campagnes électorales », déclare-t-il, tout en assurant que le Parquet est en train de mener une enquête pour arriver aux vrais motifs des incidents. « Au cas où l’enquête démontrerait qu’un des deux candidats est impliqué dans l’affaire, je vous assure que le PND n’hésitera pas un seul instant à prendre des mesures contre lui », conclut Abou-Zeid.

Or, il est prévu que la mesure se limitera à rayer le nom du candidat inculpé de la liste électorale ... .

Héba Nasreddine

Retour au Sommaire

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631