Pendant
40 ans, depuis son arrivée au CSF au Caire, en 1965, il a veillé
à tout. Il ne l’a plus quitté jusqu’à son décès. Fidèle à ses
habitudes, il ouvrait l’église chaque matin à 5h45 pour célébrer
la messe de 6h en communauté avec d’autres pères.
Le père Xavier
Fleury a achevé ses études secondaires à 17 ans et devenu novice
parmi 55 autres en 1945. Ce sont encore des années de vocation
nombreuses. Tout jeune, il demande la mission au Proche-Orient
et il débarque au Liban en 1949 pour y apprendre l’arabe. Un
an plus tard, il rentre en France pour commencer ses études
de philosophie. Puis, il poursuit des études en théologie de
1954 à 1958. Entre-temps, il reçoit l’ordination sacerdotale
le 31 juillet 1957 à la cathédrale de Saint Jean de Lyon.
Il arrive en Egypte
en septembre 1959 où il travaille comme responsable dans une
école technique en Haute-Egypte puis il se retrouve à Minya
où son orientation pédagogique déjà bien affirmée fait qu’il
s’occupe de l’école. Puis il est arrivé au CSF où il a travaillé
comme professeur de français en section lettres au secondaire
sous la direction du père Ayrout, recteur, et du père Sarkis,
préfet des études. En 1968, il devient préfet pour l’enseignement
du français, et de 1970 à 1972 il sera préfet général des études
et de la discipline et il le sera de nouveau de 1984 jusqu’à
1998. En 1993, il s’est occupé, en plus, de tout l’entretien
du collège. « Intendant », il aura la haute main sur tout le
personnel domestique. En dehors des cours, sa parole était brève,
il était un peu silencieux. C’est surtout sur ses dons pédagogiques
qu’on doit s’arrêter car il a formé à la réflexion des générations
d’élèves grâce à ses cours, surtout en 2e année secondaire.
Chaque année, il choisissait une œuvre difficile mais riche,
La Condition humaine de Malraux ou Les Lettres persanes, de
Montesquieu, et il passait l’année à l’analyse de l’œuvre. C’était
une année marquante pour les jeunes pour leur vie. En leur enseignant,
le père Fleury libérait les élèves et les aidait à s’émanciper
et laisser libre cours à leur imagination.
Le père Fleury
a vécu pour le collège. Il ne prenait jamais de congé, et on
le trouvait partout. Il était également présent à toutes les
cérémonies des ouvriers, des membres du corps enseignant, des
élèves et des anciens : mariages, obsèques, visites à l’hôpital.
A le voir de loin, on le croyait très strict mais en fait, c’était
la tendresse ferme. Il était très juste et veillait à ce que
chacun ait son dû équitablement, n’oubliant jamais les heures
supplémentaires des ouvriers, lui qui supervisait les constructions
et les réparations au collège. En fait, il n’acceptait pas l’injustice
ou la tricherie. Il était également très bon à l’égard des plus
faibles, des ouvriers et des pauvres. Il n’a jamais ambitionné
une satisfaction personnelle, ce qu’il a cherché, c’est l’amour
du prochain, sans distinction aucune entre musulmans et chrétiens.
Ce qu’il a obtenu, puisque tous l’aimaient, petits et grands.
Ce qui explique que lors de ses obsèques, la grande église des
Jésuites était pleine à craquer. La disparition du père Fleury
est une grande perte, il est irremplaçable. C’est presque impossible
de trouver une personne du même calibre et de la même motivation
. |