| Le
soutien au processus politique en Iraq et l’arrêt de la violence
dans les territoires iraqiens ont été cette semaine au centre
des discussions entre le président Hosni Moubarak et l’ancien
premier ministre iraqien Iyad Allaoui. Arrivé au Caire le 23
juin pour une visite de cinq jours, Allaoui, chef du troisième
groupe parlementaire iraqien, était venu plaider la cause du
gouvernement iraqien. Outre le président Moubarak, il a également
rencontré le cheikh d’Al-Azhar, Mohamad Sayed Tantawi, et le
secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. L’ancien chef
du gouvernement iraqien a salué la décision du Caire de nommer
un ambassadeur à Bagdad. « Nous espérons un plus grand soutien
compte tenu du poids de l’Egypte », a déclaré Allaoui qui a
qualifié cette décision de pas en avant, estimant qu’elle pourrait
notamment contribuer à la stabilisation de l’Iraq. « Ce qui
est requis de la part de l’Egypte à présent est un contact continu
avec l’Iraq (...) pour l’aider à surmonter la phase difficile
qu’il traverse », a-t-il ajouté.
En fait, l’Iraq
passe actuellement une phase critique de son histoire. « Bagdad
a besoin d’un grand pays comme l’Egypte pour l’aider à sortir
de cette phase critique. (...) La violence augmente chaque jour
dans les territoires iraqiens, contre les forces étrangères
et en particulier les Américains », déclare une source diplomatique
qui a requis l’anonymat. C’est dans ce contexte que se situe
la visite de Allaoui. Bagdad et Washington accusent la Syrie
de laisser infiltrer des terroristes à travers ses frontières
avec l’Iraq. Allaoui était donc venu demander au Caire, qui
entretient de bonnes relations avec le régime syrien, de faire
pression sur Damas pour contrôler ses frontières et empêcher
l’infiltration de terroristes. Interrogé par l’Hebdo sur la
question, l’ancien chef du gouvernement iraqien a tout de même
fait preuve de diplomatie en affirmant que le gouvernement actuel
à Bagdad « n’a pas de problème avec Damas ». Allaoui a estimé
que les contacts établis entre les Etats-Unis et les insurgés
en Iraq étaient nécessaires pour rétablir la stabilité dans
ce pays. « La solution des tensions en Iraq ne réside pas seulement
dans le recours au règlement par la voie militaire et par la
force », a déclaré Allaoui. « Il faut qu’il y ait un dialogue
avec les multiples courants iraqiens et c’est ce qui se déroule
actuellement ». Pour lui, le dialogue, la reprise de la vie
économique et la reconstruction conduiront l’Iraq à la stabilité.
L’ex-premier ministre iraqien a estimé que le moment n’était
pas encore venu pour les forces étrangères dirigées par les
Etats-Unis de quitter l’Iraq. Pour lui, le retrait de ces forces
est lié à la préparation des forces armées et des organes de
sécurité et à leur capacité à faire face aux défis sécuritaires.
Enfin, l’ancien dirigeant iraqien a informé le président Moubarak
et les responsables égyptiens des résultats des rencontres qui
ont eu lieu récemment entre les chefs de certains mouvements
rebelles iraqiens, dont celui d’Ansar Al-Sounna, et les responsables
américains à Balad, au nord de Bagdad.
|